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LETTRE CXLV

A LA SOEUR PAULE-JÉRONYAIE DE MONTHOUX

MAITRESSE DES \OVICES A AXXECY

La simplicité et la candeur sont louées par la Sainte. — Conseils pour se conduire à l'égard de la Sœur assistante. — Décisions pour la maîtresse des novices.

VIVE y JÉSUS.'

Grenoble, 26 avril 1618.

Ma pauvre Jéronyme, j'ai vu vos petites difficultés avec la bonne Sœur assistante. Vous étiez deux enfants, mais je vois par la vôtre dernière que vous l'êtes maintenant en simplicité et candeur; voilà ce que j'aime et que je désire pour le cœur de ma très-chère petite Jéronyme. Il faut continuer ainsi et ne point faire réflexion sur le passé ; et puisqu'il vous fait grand bien de me dire bien toutes vos affaires, faites-le, ma fille, car je suis aussi bien aise de les savoir. II faut être grandement généreuse à se supporter et supporter les autres. Oui, parlez hardiment avec la bonne Sœur assistante de tout ce qui vous semblera à propos, en esprit de charité et de confiance cordiale.

Dieu soit béni du bon train que vont nos chères novices, les faut toujours avancer, quoique doucement, et supporter ces petites mouches de fantaisie qui sont en quelques-unes. Oui, la maîtresse peut parler en cas de nécessité à l'assemblée, et envoyer une jeune professe quérir son ouvrage, et les lettres lui doivent être remises ; qui en doute? Comme aussi de parler aux novices au grand silence; mais il faut qu'il y ait de la nécessité. Si la quantité des novices qu'il faut satisfaire est considérable, faites en esprit de charité ce que vous penserez devoir en cela.

Vous êtes une enfant que j'aime bien chèrement. Oh! non, il ne faut pas aller dire à l'assistante : « Notre Mère ne ferait

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