‹ Lettres (volume 3)Chapitre 119 sur 351 · LETTRE CXLVI · texte numérisé non relu

LETTRE CXLVI

A LA HÈRE MARIE-JACQUELINE FAIRE

SUPÉRIEURS A LYON

Elle lui promet de passer à Lyon. — Détails touchant l'admission d'une prétendante

à Annecy.

VIVE ~ JÉSUS

[Grenoble] 27 avril 1618.

Tout maintenant nous recevons vos letttres, ma très-chère fille, et sans loisir nous vous faisons ce billet pour vous dire que de fout notre cœur nous sommes vôtre et désirons de vous voir; mais, ma très-chère fille, il y aura bien de la difficulté à cause du peu de temps ; néanmoins, nous ferons, Dieu aidant, selon que vous nous le manderez, sur celle que nous vous écrivîmes l'autre jour.

Quant à la Bellet1, c'est à la vérité que nous faisons le tour purement et premièrement pour Dieu, et parce que cette chère Sœur Barbe-Marie le désire passionnément, de sorte que nous l'emmènerons ainsi de là. Ce sera à la bonne volonté du chapitre de la recevoir, si elle est trouvée agréable ; mais que ma bonne Sœur Anne-Marie ne craigne pas de lui donner, l'année durant, 50 livres de pension, car il ne se peut moins, et je sais bien, ma très-chère fille, que cela ne sera assuré que durant la vie de ma dite Sœur Anne-Marie. Faites toutefois qu'au contrat, cela soit bien couché, et que lesdites 50 livres

1 Sœur de madame Chaudon. Elle entra à la Visitation d'Annecy et y fit profession sous le nom de Sœur M. -Françoise; peu après, elle fut envoyée à la fondation d'Orléans, puis à celle de Montargis.

nous demeureront entre les mains pour être employées à la nourriture [mots illisibles]. Pensez si nous avions besoin, en cette première maison d'Annecy, de cette charge avec trois autres qui n'ont quasi rien. Dieu nous aidera, car notre seule confiance est en sa bonté. Ma Sœur Barbe-Marie l'habillera, mais petitement. Nous attendons bien de vos nouvelles. Voici M. de la Mothe qui vient. Adieu, ma fille. Je ne puis plus, sinon être à jamais, sans réserve, toute vôtre. Dieu soit votre tout et de la petite cadette.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

Page 1