LETTRE CLXXIV
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A LYON
Sollicitude de la Sainte pour sa fille et pour le monastère d'Annecy. — Demande des Règles et des Sermons de saint François de Sales. — La Supérieure doit, par son zèle et son bon exemple, briller comme un soleil au milieu de sa communauté.
VIVE f JÉSUS !
[Bourges] ce 8 janvier 1619.
Ma très-chère fille, Dieu comble votre cher cœur de son trèssaint amour au commencement de cette nouvelle année.
Je me fais accroire que vous aurez reçu toutes nos lettres, et particulièrement un gros paquet que nous envoyâmes par nos Sœurs de Nessy, il y a environ trois semaines ; je n'ai rien de nouveau à vous dire ; car des nouvelles de Paris, vous en savez plus que moi, je m'assure. Je ne sais si l'on sera déjà allé prendre Françoise, il m'en tarde, car elle ne peut que vous incommoder là. Je suis étonnée de ce que nous ne recevons point de nouvelles de Nessy, ni de Grenoble; si, ne me veux-je pas dépiter pour cela; vous ne me le conseilleriez pas non plus, n'est-ce pas, ma très-chère fille?
Oh! mais, envoyez donc ces bénites Règles et notre Entretien; et je vous prie encore que, sans plus tarder, notre bonne Sœur Barbe-Marie nous envoie les Sermons ' ; certes, mais je le dis tout de bon, car j'ai peur enfin qu'ils ne s'égarent. C'est par un marchand d'ici que nous écrivons quipourrait les apporter, et
1 De saint François de Sales.
de vos nouvelles. Or sus, je reçus dernièrement votre lettre du 2 décembre, où je vois que votre nombre s'accroît, Dieu eu soit béni ; sa bonté veut que votre maison éclate en piété. Orna très-cbère fille, brillez comme un soleil au milieu de cette petite troupe que Dieu vous a commise, et à laquelle vous devez un parfait exemple et une entière sollicitude pour les faire avancer en la perfection de l'observance ; ma fille, je meurs d'envie de voir cela dans toutes nos maisons. Adieu, mon enfant; je les salue, ces chères filles, et ma Françon, si elle y est encore, et qu'elle m'écrive.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chanibéiy.