LETTRE CLXXXVII
A LA MÈRE ANNE-MARIE ROSSET
SUPÉRIEURE A BOURGES
La soumission à la divine volonté console clans les séparations et maintient la paix de l'âme.
VIVE -j- JÉSUS !
Paris, 14 avril 1619.
Ma très-chère Soeur ma mie,
Il est bien difficile d'empêcher nos sentiments de se mouvoir sur les occasions de telles absences l ; néanmoins la volonté étant unie avec Dieu ramène bientôt le reste en sa quiétude. Ce bon Dieu, auquel nous sommes unies, nous conservera en sa sainte amitié et unité qu'il nous a données; sa bonté sait que rien ne saurait préjudicier à cela.
Je suis marrie de la faiblesse de la Sœur N Vous faites
bien de la faire déclarer et d'user de charité; mais, après l'avoir exercée, il faudra se résoudre. Je vous écrirai par le Révérend Père recteur plus amplement. Et de ce que vous me demandez, je vous répondrai aussi ; mais, pour ce coup, je vous assure, ma pauvre chère Sœur, que je ne le saurais faire, car j'ai une douleur de tête et de dents si grande, que rien plus. Ni de nos affaires, je ne vous en dirai rien encore. Adieu, ma mie ; priez, et faites fort prier nos Sœurs afin qu'en tout sa sainte volonté soit accomplie. Je vous salue chèrement, et notre chère Sœur Françoise-Gabrielle, et les autres. Je prie Votre Dileclion de saluer le Père principal et les autres amis et amies. A Dieu ! qu'il soit béni à jamais !
Conforme à une copie faile sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitation d'Annecy.
* Sainte de Chantai arriva à Paris le dimanche de Quasimodo, 7 avril 1619, accompagnée de Sœur Anne-Catherine de Beaumont, et des trois fondatrices demandées à Moulins, auxquelles on avait joint une novice, Sœur M. -Marguerite des Serpens de Gondras de la Guiche.