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LETTRE XXI

A LA MÊME

Vertus particulières à l'Institut. — Sollicitude pour les intérêts du monastère et le soulagement des ouvriers.

vive -J- jésls!

[Lyon, 1615 ]

Ma très-chère Soeur ,

Notre-Seigneur vous comble de sa très-sainte bénédiction, avec toutes nos très-chères Sœurs que je salue étroitement et très-amoureusement aux entrailles de notre doux Sauveur!

Je suis infiniment consolée du bon courage que je vous vois à toutes; je vous conjure de persévérer et de croître en ce divin amour auquel nous sommes tant obligées. Sa bonté nous fasse connaître la grandeur de notre obligation, mais particulièrement celle de nous avoir rangées en l'état et au lieu où nous sommes.

Priez fort pour nous qui n'avons pas l'occasion d'une si grande tranquillité que vous; mais nos Sœurs, par la grâce de Noire-Seigneur, font très-bien, et je leur vois un perpétuel désir de croître. Eli! Seigneur Jésus, faites-nous croître en simplicité, douceur, humilité et cordiale charité les unes envers les. autres. Mais, mon Dieu, je n'ai pas le loisir de suivre cette affection de mon cœur.

Je vous dis donc, ma très-chère Sœur, que votre faute n'est point faute, ainsi que vous l'avez faite; mais sollicitez doucement afin que l'on vous rende votre prêt en temps à propos, et que l'on n'en reçoive de l'incommodité.

J'ai oublié de dire à mon très-cher Seigneur qu'il recommandât à M. Mingon que les matériaux ne manquent aux maçons que je salue, et auxquels, vu leur nombre, c'est assez de donner quelquefois, selon que vous en aurez la commodité ; car d'acheter, il ne le faut pas faire pour cela; mais, de ce

qui sera à la maison, leur en faire part, selon la charité et commodité.

Je resalue de tout mon cœur nos très-chères Sœurs, et particulièrement celles qui m'ont écrit. Je leur ferai réponse quand je pourrai. Je salue aussi le bon Père dorn Simplicien et sa sainte troupe ' , M. Mingon 2, mesdames de Lallée et Roget et nos autres amies. J'enverrai de l'étamine à la première commodité. Je salue notre cher M. Michel [Favre] et les dames de Sainte- Claire.

Sollicitez ceux qui doivent; car les maçons détruiront beaucoup d'argent, et ne faut pas qu'il manque.

Adieu, ma très-chère Sœur. Je suis fort consolée de votre bon courage pour l'action que vous avez à faire. Elle vous sera utile, et je suis toute vôtre, ma mie, vous le savez, en Jésus.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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