‹ Lettres (volume 3)Chapitre 274 sur 351 · LETTRE DXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE DXXVII

A LA SOEUR FRAXÇOISE-AXGÉLIQIE DE LA CROIX DE FÉSIGXY

.\ AXXECY l

Il faut s'humilier de ses fautes sans jamais se décourager. — Xe rien demander

et ne rien refuser.

vive f JÉSUS !

[Chambéry, 1624.]

Ma très-chère petite,

C'est une pure tentation que vos découragements; car, dites-, moi, quel fruit vous apportent-ils et quel sujet en avez-vous? Pensez-vous qu'il soit en notre pouvoir d'être toujours attentives à Dieu, et de ne point faire de fautes? Certes, il faudrait être Ange; or, je vous prie de vous accommoder à la condition de celle misérable vie, tandis que vous y serez. Soyez, tant que vous pourrez, fidèle à Dieu, mais sans aucune anxiété ni trou-

1 Sœur Françoise-Angélique de la Croix de Fésigny, Religieuse du premier monastère d'Annecy, parente de saint François de Sales, mérita d'être appelée une petite sainte par la Vénérable Mère de Chantai, qui pourtant ne savait pas flatter. Après avoir exercé à Riom, pendant quatre ans, la chargé de maîtresse des novices, elle fut rappelée à Annecy et envoyée à la fondation du second monastère de cette ville, en qualité d'assistante, puis y succéda, en 1638, à la Mère Madeleine-Elisabeth de Lueinge. A la (in de son triennal, celte vertueuse Déposée rentra dans sa maisonde profession, qu'elle continua à édifier jusqu'en 1071.

ble, et quand vous aurez manqué à la fidélité, humiliez-vous sans découragement, et celle humiliation et amour de votre abjection en tranquillité et paix sera plus agréable à Dieu que vos pointilleuses fidélités.

Ma fille, résignez-vous bien entre les mains de Dieu, et n'ayez point tant de souci de votre âme; laissez-nous-en le soin, je vous en prie, et quittez tout à fait cette pusillanimité. Au resle, ma fille, préférez la maxime de notre Bienheureux Père à vos inclinations: Ne demandez rien, ne refusez rien. Demeurez en paix ; si l'on vous laisse au noviciat, demeurez en paix; si l'on vous en ôle et toujours, demeurez en paix; c'est ce que je vous recommande.

Dieu soit héni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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