‹ Lettres (volume 3)Chapitre 275 sur 351 · LETTRE DXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE DXXVIII

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE A LYON

Regrets du décès de la Mère de la Balme ; éloge de ses vertus. — Du changement de l'assistante et des autres officières.

vive j jésus!

[Chambé'ry], 5 mars [1624].

Ma très-chère fille, Je suis tant accablée d'affaires et d'écritures que je ne puis faire tout ce que je veux; je fais le nécessaire. Je ne sus encore voir les lettres de nos Sœurs J. -Françoise et [mots illisibles]; mais Dieu aidant, je leur répondrai par la première voie. Oh Dieu ! ma fille, que le trépas de cette chère Sœur d'Avignon m'a touchée, et quelle perte! car il y a moins de telles âmes qu'il ne se peut [dire]. Dieu nous la rendra utile au ciel. Son saint nom soit béni ! Mais à quoi aboutira ce commencement de maison d'Avignon? — Il faut que la petite Sœur du Peloux soit

exacte, mais non pas pointilleuse, cela pourrait lui ôter sa paix, Sur toutes les choses écrites, voire, en la très-sacrée sainte Ecriture, il y a des choses qui semblent se contrarier; pour cela il „ ne faut pas laisser d'écrire et d'enseigner; mais il faut êlre fort simple et fidèle à suivre le train commun sans pointiller,

Pourquoi, ma très-chère fille, ôterait-on la liberté à nos monastères de changer les assistantes et autres officières, puisque la Constitution dit si clairement qu'elles ne demeureront es charges qu'autant que la Supérieure voudra, elquele Coutumier marque que l'on se tiendra à cela? L'intention de notre Bienheureux Père et la mienne ne peuvent pas être mieux déclarées, et je trouve étrange que vous me parliez comme s'il y avait quelque chose à douter de cela. Ma fille, il se faut affermir. Il ne faut non plus craindre [exiger] que les Supérieures s'assujettissent trop à donner les soulagements aux Sœurs qui ne les demanderont pas; car chacun sait que ce qui est des Règles doit être préféré aux avis, et jamais notre Bienheureux Père ne l'a entendu autrement; il y a assez d'autres occasions pour pratiquer son saint et sacré document : Ne rien demander et ne rien refuser.

Tachez de faire regagner M. de Saint-Nizier et lui faire entendre que vous n'eussiez jamais entrepris de bâtir s'il n'eut dit qu'on le fit [mots illisibles] ; mais ce sont des petites affections et opinions qu'il faut supporter; le temps emportera cela. Je crains que tout à fait vous ne le perdiez, si vous vous adressez à M. le grand vicaire. Je pense que Mgr l'archevêque n'est pas prêt à retourner. Certes, cela va mal que vous n'êtes point crue, ni que la visite [canonique] ne se fait point chez vous. Dieu veuille tout conduire à sa gloire ! — Nous vous remercions de vos beaux bouquets; ils sont très-beaux. Je salue nos chères Sœurs; ma très-chère fille, je suis plus vôtre qu'il ne se peut dire.

Dieu soit béni!

[P. S.] Faites tenir et promptement, s'il vous plaît, les lettres de Moulins, et, si l'on vous renvoie mon petit livre, gardezle jusqu'à ce que je vous mande autre chose, et faites prier pour moi, je vous en prie, j'en ai besoin. Mais n'oserais-je espérer le contentement de vous voir à Nessy pour quinze jours, quand il sera jugé à propos; cela me fâcherait un peu. Faites tenir mes lettres à madame de Vigny et nous faites tenir son argent, vous remboursant des quatre-vingts francs que vous avançâtes pour la maison d'ici, de laquelle je voudrais avoir le contrat, et que madame Daloz nous payât. Je crains que le temps ne fasse perdre nos chandeliers d'argent.

Conforme à l'original gardé aux Archives tle la Visitation d'Annecy.

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