‹ Lettres (volume 3)Chapitre 294 sur 351 · A* -M ON SI EUR DE PALIERNE · texte numérisé non relu

A* -M ON SI EUR DE PALIERNE

TnÉSORKîn DE FRANCE A MOULINS

Elle le prie de continuer sa protection à la communauté de Moulins. — De l'élection de la Supérieure.

vive -j- Jésus!

[Chambéry, 1624.]

Monsieur mon très-box et cher frère,

J'ai reçu trois de vos lettres toujours toutes pleines de témoignages de votre soin et sainte affection envers cette pauvre maison de Moulins; ce que vous jugerez à propos d'y être fait ne pourra être que très-bien. Certes, je désire bien qu'elle soit close, mais il faut tout faire selon le pouvoir que Dieu .donne, lequel ne manquera de pourvoir aux choses vraiment nécessaires. Je suis particulièrement consolée, mon très-cher frère, de la douce confiance que nos Sœurs ont en vous, et vous en elles, en ce qui regarde notre chère Sœur Marie-Aimée. Je dis franchement à notre Sœur l'assistante qu'il faut patienter et ne point pointiller autour des actions de cette bonne Sœur, de laquelle il ne faut pas requérir l'exactitude; et tandis qu'elle ne fera rien qui puisse scandaliser et porter conséquence (comme je l'espère delà bonté de son cœur), il faut passer chemin sans s'arrêter aux choses de peu d'importance. Votre prudence et votre affection pourront toujours grandement aider de part et d'autre, adoucissant le zèle de notre Sœur l'assistante, et en-

courageant notre Sœur M. -Aimée à la recherche du solide et souverain Bien, dans lequel seul elle peut trouver le vrai contentement.

0 mon très-cher frère, que bienheureuses sont les âmes qui quittent généreusement pour Dieu ce qu'enfin et nécessairement il faudra laisser un jour sans profit ni utilité! Dieu vous comble de ses grâces, mon très-cher frère! Soyez toujours zélé pour les choses de vertu et me tenez sans fin et inviolablement pour, Monsieur mon frère, votre très-humble sœur et servante en Notre- Seigneur. %

[P. S.] Mon très-cher frère, j'ajoute que vous devez, selon votre prudence, détourner dextrement l'ardeur qu'a notre Sœur M. -Aimée à désirer pour Supérieure notre Sœur [Favre] qui est à Dijon ; c'est chose impossible, tant parce que les affaires de la Religion ne se gouvernent que par les lois de la Religion, lesquelles rendent libre l'élection des Sœurs en telle occasion, qu'aussi parce que notre Sœur de Dijon est là pour cinq ans, m'assurant bien que le Supérieur et ses filles la rééliront au bout de trois ans qui vient en un an, en quoi elles seront préférables. Comme aussi les Sœurs de Moulins ne peuvent penser à une nouvelle élection, que les trois ans de leur Supérieure ne soient accomplis. Ménagez cela, s'il vous plaît.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Nevers.

LETTRE DLXXXVIII (Inédite)

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