‹ Lettres (volume 3)Chapitre 296 sur 351 · A LA MÈRE MARIE-FRANÇOISE DE LIVRO.Y · texte numérisé non relu

A LA MÈRE MARIE-FRANÇOISE DE LIVRO.Y

SUPÉRIEURE A GREXOBLE

Elle se réjouit de la ferveur des Sœurs de Grenoble. — L'ennemi du salut a une grande puissance sur les âmes qui s'éloignent des divins Sacrements.

vive f jésus!

[Chambéry], 30 janvier [1625],

Bon Dieu! ma très-chère fille, que de consolation à mon âme, de savoir celle chère troupe que j'aime si chèrement et parfaitement, de la savoir, dis-je, marcher courageusement,

1 M. Guyon, grand vicaire d'Antun, mérita par l'austérité et l'innocence de sa vie, par sa profonde humilité et les lumières surnaturelles dont il fut gratifié, d'être comparé aux Pierre Fourier, aux de Condren, et autres tels saints prêtres qui ont illustré par leurs vertus ce dix-septième siècle, si riche de toutes sortes de gloires. Attirées par l'éclat de sa réputation , les foules s'attachaient à ses pas pour recueillir quelques paroles de sa bouche, recevoir sa bénédiction , ou même lui demander des prodiges. « On le voyait alors (dit la Mère de Chaugy) se courroucer et tancer le peuple, disant avec larmes que c'était un grand jugement de Dieu de voir toute une populace errer après un pécheur. » Ce vénérable ecclésiastique, pour lequel la Bienheureuse Mère de Chantai avait une si profonde estime, prodigua ses soins au monastère. d'Autuu en qualité de Père spirituel jusqu'à sa sainte mort, arrivée en 1631.

AXNÉE 1625. 395

toutes en général et chacune en son particulier, dans la pratique de cette résolution, que Dieu nous a donnée étant ensemble ! Louée en soit éternellement sa divine Bonté! Croyez que voilà la plus douce nouvelle qui me pouvait arriver, bien que je n'en pouvais attendre une autre, car vraiment ces chères âmes m'ont donné tout sujet de contentement. Aussi, certes, je les sens au milieu de mon cœur, où je les aime parfaitement, et leur souhaite incessamment la sainte perfection de leur aimable et toute sainte vocation.

Il faut porter avec patience la charge de la pauvre Sœur N*#* et la traiter comme l'on a raison. Mais dites-moi à votre première commodité comme était faite cette médaille; y avait-il quelque image de Noire-Seigneur, de Notre-Dame ou des Saints, enfin qu'était-ce, et où en trouverait-on de semblables qui eussent la même vertu, pourvu qu'elle procède de chose sainte et non des artillages [sortilèges]?

La pauvre petite Sœur J. -Angélique a grand tort de se retirer de la fréquence des divins Sacrements; elle donne par ce moyen grand pouvoir sur elle à son ennemi. Il faudrait savoir du Révérend Père Arnoux comme il se faut conduire en cela. Je le salue, ce Père, et prie Dieu de répandre de plus en plus ses très- saintes grâces en votre chère àme, et sur toute voire bénite famille que je salue cordialement.

Je suis toute vôtre en Dieu. Qu'il soit béni!

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Pigncrol.

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