‹ Lettres (volume 3)Chapitre 8 sur 351 · A MADAME DE BOISY · texte numérisé non relu

A MADAME DE BOISY

Conclusion du mariage de Alarie-Aimée de Chantai.

Monlhelon, ce 10 avril 1608.

Madame ma très-bonne Mère,

Voilà Messieurs nos grands-pères qui parlent, lesquels, par la grâce de Dieu, ont un grand sentiment et désir de l'honneur de votre alliance '. Eh bien, ma chère mère, ne voilà-t-il pas, en votre désir et au mien, une assurance si assurée, qu'il n'y a plus rien à regarder, par la grâce de notre bon Dieu? Que me

1 Madame de Boisy désirait vivement obtenir la main de Marie-Aimée, fille ainée de madame de Chantai, pour son fils Bernard de Sales, baron de Thorens : ce mariage fut béni le 13 octobre 1609.

reste-t-il à faire pour maintenant, ma chère mère, sinon prier Dieu qu'il vous rende cette fille tout agréable, toute belle et vertueuse, et digne d'un si grand honneur que celui d'entrer en votre bénite maison; être sœur d'hommes si précieux, oh! quel bonheur! Je ne me veux point laisser aller aux sentiments de ce contentement. Je supplie ce grand Dieu que cette œuvre soit à sa gloire, au salut et au repos de nos enfants, à votre consolation et à celle de tous les vôtres, lesquels, après vous, je salue tous du plus entier de mon cœur, duquel je suis et veux être éternellement, madame ma très-chère mère, votre trèshumble et très-obéissante servante,

Frémyot.

Conforme à une copie gardée aui Archives de la Visitaliou d'Annecy.

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