LETTRE CXVIII
A LA MÈRE JEANXE-CHARLOTTE DE BRÉGHARD
SUPÉRIEURE A MOULINS
Même sujet. — Eloge de la jeune baronne. vive f jésus!
[Annecy, septembre 161T].
Il est vrai, celle divine Bonté a percé et oulre-percé mon cœur d'une extrême douleur à la mort de ma fille de Thorens ; mais que puis-je faire que baiser amoureusement la chère main qui m'a donné ce grand coup? Bénie soit-elle éternellement! Il est vrai, cette fille était la plus aimable et la plus sage qui se puisse trouver en son âge; j'admirais son extrême vertu et j'avais une consolation incroyable de la voir résolue avec tant de fermeté de se dédier entièrement à Dieu. 0 bon Jésus! je ne méritais pas une telle compagne, et peut-être qu'il n'était pas expédient pour elle et pour moi que nous jouissions en cette vie de tant de douceurs et contentements que nous en eussions pris l'une avec l'autre. Enfin elle jouit du souverain bien que je lui ai toujours souhaité, et Dieu a environné cette affliction de tant de miséricordes et de faveurs, que m'oubliant tant que je puis de ma juste douleur, je le bénis et le remercie de ce bénéfice que je tiens très-cher '. [Le reste a été coupé].
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 II semblait, dit la Mère de Chaugy, que cette bénite défunte (la baronne de Thorens) obtint de Dieu que grand nombre de filles vinssent posséder la chère vocation qu'elle avait tant aimée ; car de tous côtés l'on demandait des établissements de la Visitation ; ce qui fit écrire à notre Bienheureux Père les paroles suivantes à la Mère de Bréchard : « Mon » Dieu, ma chère fille, que vous autres, qui êtes les premières Mères et » comme les colonnes de cette petite Congrégation, devez êlre grandement » humbles, vertueuses et vouées à l'esprit de Dieu, puisque vous voyez que de a toutes parts l'on vous désire! Partout l'on cherche des greffes et plants de
LETTRE CXIX (Inédile)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A LYON
La Sainte sollicite l'entrée d'une nouvelle prétendante.
vive f JÉSUS !
[Annecy, 17 septembre 1611].
Je vous fais seulement ce billet, ma très-chère Sœur ma mie, pour vous dire que madame Léolard, de Grenoble, désire se retirer en votre maison pour lui servir de passage au dessein qu'elle a de se consacrer à Dieu; elle nous a instamment priée de lui faire avoir cette grâce; c'est pourquoi Monseigneur et moi, nous vous en prions. Je vous fais ce billet sans jour ni loisir, et ne suis assurée par qui nous vous l'envoyons. Si c'est le révérend Père Raymond, assurez le que je suis toute sienne en Notre-Seigneur. Adieu, ma toute très-chère tille; vous savez ce que je vous suis et à votre troupe.
Conforme à une copie de 1 original gardé à la Visitatiou de Chambéry.