‹ Lettres (volume 3)Chapitre 98 sur 351 · LETTRE CXX · texte numérisé non relu

LETTRE CXX

A SAINT FRANÇOIS DE SALES

Elle exprime de nouveau sa douleur de la perte de la baronne de Thorens et parle d'une croix envoyée pour l'église par la duchesse de Mantoue, infante de Savoie.

vive -{- jésus!

[Annecy, 1617].

La paix de Noire-Seigneur avec son éternelle bénédiction

» vos pépinières, car voilà Grenoble, Turin, Montpellier, Valence, Cler- » mont, le Mans. En somme, partout il semble que l'on vous veuille à » l'envi, sans que nul artifice se montre dans ces recherches. »

(Histoire inédite de la fondation du monastère d'Annecy.)

soit pour jamais au milieu de votre cœur, mon vrai très-cher Père ! Certes, la médecine spirituelle que ce bon Sauveur nous adonnée a fait encore aujourd'hui son opération avec la corporelle ; mais l'une et l'autre avec tant de douceur, que je n'en ressens que fort peu de lassitude. Voire même, mon unique Père, je me sens soulagée de ces maux de cœur, et mon esprit reste tout plein de douceur et de suavité dans sa soumission et son amour en la divine volonté, laquelle j'ai toujours plus de désir de voir régner souverainement en notre sainte unité.

Mais, mon Dieu 1 nonobstant cela, je vois et je sens combien cette fille était véritablement l'enfant parfaitement aimée de notre cœur 5 elle le sera toujours, le méritant, ce me semble. Ce m'est un soulagement nonpareil dans cette douleur, de sentir cet amour où vous l'avez placé, comme une goutte d'eau précieuse dans un grand océan.

Je me soulage encore de vous dire ceci, mon unique et trèsbon Père; Dieu soit loué ! mais je le dis de toute mon âme, en paix, en douceur, et avec une très-grande connaissance et reconnaissance de la grâce que sa Bonlé nous a faite de nous donner une telle enfant et de l'avoir attirée à soi si heureusement.

Vraiment, cette croix est très-précieuse, et celle de madame la duchesse1 bien riche, et pour sa valeur, et pour l'honneur du témoignage de sa protection. Je le veux bien dire à tout le monde, car il nous vaudra.

Mais pour un peu de temps, il me semble que je devrais me retrancher de parler tant de feu notre pauvre petite ; car le contentement que j'y prends me laisse toujours de l'attendrisse-

1 La duchesse de Mantoue, Marguerite, infante de Savoie, qui avait accepté en 161 4 le titre de Protectrice de la Visitation, avait l'ait don au monastère d'une belle et grande croix de cristal enrichie de pierreries, en souvenir de la bénédiction de la première pierre de l'église. La duchesse s'était fait représenter à la cérémonie par la comtesse de Tournon.

ment. Mon Père, mon unique Père, et tout ce que vous savez que vous m'êles, ceci me sera un petit restaurant de vous avoir un peu parlé, car enfin lout ce qui est çà-bas de créé n'est maintenant rien du tout pour moi en comparaison de mon Père très-cher, Monseigneur, votre très-humble, etc.

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