‹ LettresChapitre 101 sur 281 · A LA MÈRE MARIE-ÉLÉONORE GONTAL · texte numérisé non relu

A LA MÈRE MARIE-ÉLÉONORE GONTAL

SUPÉRIEURE A MARSEILLE l

Appréciation sur deux Religieuses d'Annecy envoyées à Marseille. — Un soin raisonnable de la santé facilite le travail et les exercices de piété. — Ne pas donner le voile noir à une Sœur domestique par des motifs d'intérêt. — Echange de présents.

vive -J- jésus!

[Annecy], 1er mai [1631].

Vos lettres me sont toujours de grande consolation, parce que j'y reconnais une certaine bonté et sincérité tout à fait revenantes

1 La MèrcMarie-EléonoreGontal, entrée à la Visitation de Lyon en 1621, mérita jeune encore ce bel éloge de sainte de Chantai : « J'ai reconnu en notre grande novice un jugement sage, un esprit religieux, une conduite généreuse, et toutes les qualités nécessaires pour donner un bon fondement à nos maisons. » D'après le désir de la Sainte, elle fut adjointe en 1623 aux Sœurs d'Annecy qui allaient établir une maison de leur Ordre à Marseille, y succéda six ans plus tard à la Mère F. M. Favrot, fit la fondation de Nice en 1635, puis revint gouverner successivement les deux monastères de Marseille. Ce fut au premier de cette ville qu'elle s'endormit dans le Seigneur en 1670, après avoir porté pendant trente-trois ans le fardeau de la Supériorité. Les rares talents et le mérite bien connu de la Mère Gontal lui valurent ce témoignage d'un grand évèque : « Je n'ai jamais vu de Religieuse plus solidement établie dans la vertu; je lui ai trouvé l'esprit et la àomeent de laint François de Sales, n (Année Sainte, VIe volume.)

a mon cœur. Je suis bien aise de ce que roui goèfès ce que je vous «'cris, el que vous ayei tant d'affection de le meure en pratique. Croyes, ma très-chère fille, que jamais, moyennant l'aide de Dieu, je ne fous dirai rien qui ne soit droit, et que je tâcherai toujours de sous répondre, sur tout ce que sous désires de moi, avec le plus de sincérité et droiture qu'il nu* sera possible; car j'ai un très-grand désir de vous pouvoir servir en quelque chose. le voua assure que ce serait bien d'une .-Mande affection que noua le Ferions, parce qu'en vérité, ma chère fille, je loii^ sens très-véritablement el intimement unir et conjointe

à mon aine.

J'ai trouvé ce que vous aves écrit et lait écrire par notre

chère Sœur du tout bien, touchant ce que v<>u> ave/, remarqué

toutes deux des vertus de feu noire chère Sœui F. Marguerite

[Favrot]. Je vnu^ en remercie de tout mon cœur. Hélas 1 ma

ère fille, je crois bien comme vous, que si celle chère

âme n'eut été amenée Si rudement, et qu'elle fût venue en Tequie que vous lui aviez destiné, elle ne Berail pas Si tôt morte;

mais il faut acquiescer amoureusement à ce qu'en a voulu ordonner la divine PrOl id<nee.

< pendant voilà notre chère Sœur la Supérieure de Chans- , qui s'en v.i imh amener deui de nos bonnes Sœurs d'ici, selon V' . Fi ipère, m i « bère fille, qu'elle - vous donne-

ront une entine satisfaction, car elles BOttl très-vertueuses.

L'une est pour t<>u i charges dyi monastère auxquelles

vous la voudres employer, et même si vous a'avea point de Sœurs pooi roui en la supériorité, après avoir (ait en-

i ore un triennal quand vous aurea ai le lui en mnv i

rois que cette bonne Sœur peut être dr< | oui cela, elle • n i il - | blc l 'autre est une sainte .une, bonne pour être employée soi ch< ifc ri< ares de labeur et travail et encore

pour donner I emple. Enfin ce sont des filles qui, j'esp

ice de Di< n, ne se détraqueront jamais ni en ceci m

en cela, et vous donneront tout contentement, ainsi que de tout mon cœur j'en prie Notre-Seigneur. Ma Sœur la Supérieure de Chambéry vous aidera à vous résoudre touchant votre logement, et verra s'il se peut faire que vous demeuriez où vous êtes, ce qui serait mon inclination. Elle a un bon, solide et universel jugement pour toutes choses, mais particulièrement pour les bâtiments; e'est pourquoi vous ferez bien de lui communiquer votre dessein, car elle vous y pourra beaucoup aider. Nous l'avons priée de rester une huitaine de jours avec vous, pour votre utilité et la consolation que je crois que vous recevrez de sa présence. Elle vous dira tout plein de petites choses que je lui ai dites pour vous dire, et je vous supplie, ma très-chère fille, de prendre toute confiance en elle et de lui parler de tout ce que vous désirerez, comme à moi-même, car c'est une âme d'une humilité, sincérité et charité rares, qui a le vrai esprit de la Visitation- J'espère qu'elle vous aidera beaucoup en votre dessein de mettre cette sainte liberté d'esprit parmi vos Sœurs : vous verrez qu'elle leur profilera pour le corps et pour l'esprit. Vous avez aussi pris une bonne résolution que celle de les bien faire traiter, car comme vous dites, ma chère fille, l'argent que vous employez pour les faire soulager et donner des remèdes quand elles sont malades, sera plus que suffisant pour fournir à ce que vous donnerez de plus pour leur meilleur traitement, et elles s'en porteront mieux de toutes façons; car quand on est en santé et force, on [travaille] avec plus de vigueur et l'on en fait mieux ses exercices.

Quant à la proposition que l'on vous a faite pour voire Sœur domestique, afin qu'elle eût le voile noir, ma chère fille, votre réponse a été fort bien faite là-dessus. Si elle est propre pour les autres rangs et qu'elle ait quelque talent pour y pouvoir servir, vous savez que cela dépend de vous de la proposera vos Sœurs, scion la Règle. Mais si cela n'est pas, pour moi je ne lui donnerais pas le voile noir pour avoir seulement cent écus;

mais vous devrez représenter a la bonne mère que li elle lait cctic charité à votre maison, elle l'obligerait loojours pins a soulager m fille en ses infirmités. Au reste, ma Iris-chère fille, ponrees petites coutumes que vous désirez Bavoir, ma Sieur la Supérieure ei nos l)<mue> Sœurs vous les diront tout, x comme elles se pratiqoenl céans, et cela m'évitera une plus longue lettre, celle-ci l'esl déjà uses. — Vous aves une bonne croh en pauvres malades, mais il faut avoir patience et leur faire loua lea soulagements qu'il se pourra; celle qui a le cerveau soulei é ue vivra plu- guère, comme je pense, puisqu'elle a de si v iolentes douleurs de tête.

Hé, ma très-chère fille, vous faites trop de charité a cette maison, qui n'a pas sa commodité de la contre-échangerj mais croyez pourtant que nous le ferions de bon cœur, el sous supplie qu'en ce que vnus penseres que nous vous puissions aider el servir, vous dous le disiez franchement, car nous le ferons cordialement Cependant nous vous remercions de grand cœur de votre sirop el eau de cannelle. •!«' crois que dos Sœurs de Lyon ne manqueront de la dous envoyer. Nos Sœurs vous portent un peu de filet La peste el la guerre nous ont empêchées d'avoir du lin, de sorte que dous dc nous en somnx - p u procuré comme | àl'ordinaire |. Voilà quelques petits bouqo de b ai nous nous < a dépouillons pour votre consolation,

car je \niix ;hviir,', ma tres-clière fille, «pi il d'] ■ rien que je

voulusse faire pour cela, vous ch< I d'une dilection

tout .1 (ail entière 1 1 sin< inpplianl notre l»<'u Dieu combler

votre chère Ime de -<>n uinl el pur amour, « i toutes uns chères

un vos filles, que je salue av< < vous fort chèrement.

Ma chère fille, notre Sœur la Supérieure de Cbambérj vous

dira comme If P< M nous a écrit pour l'entrée de ma-

d aim- I i ;;ein raie. [\ous i errons] ensemble ce qui Se doit Esire.

Je ne leur donne nulle espérance; mais, si, ne les refuserai-je, n'étant pas aussi à moi de le faire.

Conforme à une copie de l'original gardé au deuxième monastère de la Visitation de Marseille.

LETTRE MLXXXVII (Inédite)

A MOMSEIGNEUR PIERRE FENOUILLET

1ÎVÈQUE DH MONTPELLIER '

Départ des Sœurs fondatrices du monastère de Montpellier.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy], 9 mai 1631.

Monseigneur,

J'ai confiance que votre débonnaireté n'aura pas désagréable que nous lui offrions les très-humbles obéissances de toutes les filles de cette maison, avec celles de ces chères âmes qui ont été si heureuses que d'être choisies pour aller vivre à l'abri de votre protection toute paternelle, et rendre à la divine Majesté un service si digne. Les voilà qui s'en vont, avec une très-humble générosité, se rendre entre vos bénites mains, Monseigneur, afin que par elles vous accomplissiez les desseins que la souve-

1 Mgr Pierre Fenouillet, natif d'Annecy, s'était distingué de bonne heure par son talent oratoire. Après l'avoir entendu pendant trois carêmes, Henri IV le choisit pour son prédicateur ordinaire, et en 1607 le nomma à l'évèché de Montpellier. Le nouveau prélat eut le bonheur d'être soutenu par les conseils de saint François de Sales, et s'efforça d'imiter les vertus et le zèle de cet illustre ami, qui lui portait « beaucoup d'amour, d'honneur, de respect et de révérence ». La profonde vénération que Mgr Fenouillet conserva toujours au Bienheureux Fondateur de la Visitation lui inspira le désir d'établir une maison de cet Ordre en sa ville épiscopale. Jusque dani les bras de la mort (1652), il voulut donner une preuve d'affection 10 monastère et de dévotion à saint François de Sales, en ordonnant que son cœur reposât dans la chapelle qu'il avait fait construire en l'honneur de ce Saint, à la Visitation de Montpellier, « n'ayant jamais aimé personne, ikâit-il, plus qu'il n'avait aimé Mgr de Genève ».

raine Providence a inspirés à votre piété pour l'accroissement (le sa gloire. l'espère que vous leur trouvères toutes sortes de dispositions pour cela, el qoe leur sincérité « I candeur a vous rendre leur- Irès-humbles obéissances les log( ra bien avant dans votre cœur paternel; c'est le bonheur que je leur souhaite, mon Urès-honoré seigneur, et qu'en gloriGanl Dieu, par une exacte observance el la lionne odeur de leur conversation, vous en recevies une parfaite satisfaction el consolation. Je prie IJieu de leur en faire la grâce. La Supérieure esl une digne Religieuse <i'ii s t'honneor d'appartenir de forl près à notre Bienheureui Père; elle a en le bonheur, ainsi que son assistante,

de recevoir le voile sacré de BCS bénites mains, et plusieurs

saintes Instructions. Le Bienheureux les chérissait avec une dilection tonte particulière. Je pense, Ifonseigneur, que par le grand amour (jnc vous portes à ce grand Saint, von- leres bien sise de savoir cette particularité, qui vous les rendra pins chères el plus agréables. Je prie Dieu de faire abonder en vous

les plus riches trésors de >■■< -races, et sur tout le peuple commis a vos soins, el vous conserver longtemps en s;mté pour son heur, el celui de cette nouvelle plante que vousalles planter an jardin de votre Églii

Monseigneur, baisant en tout respect vos mains sacrées, el vos pieds, je demande en toute humilité votre bénédiction, el li :,'i' e ijn«' vous me teniei pour ce que je

u .1 jamais de tout mon cœur, dans nue affection pleine d'honneur, Monseigneur, votre, , t<-,

LETTRE MLXXXVIII

A LA MÈRE ANNE-MARIE ROSSET

SUPÉRIEURE A CREMIEUX

Comment reconnaître les bienfaits de Dieu. — Visite régulière à Annecy.

vive -J- JÉSUS !

[Annecy, 13 mai 1631.]

Nous n'avons point reçu votre grande lettre, ma très-chère fille; mais M. de Mépieu, qui est un très-digne gentilhomme et qui vous affectionne grandement, nous a dit comme votre bâtiment avancera en peu de temps par la commodité des matériaux qui se trouvent sur la place, et la charité de la bonne madame de Saint-Julien. Certes, la divine Providence témoigne un grand soin de votre maison; cela doit bien exciter nos Sœurs à se rendre toujours plus observantes et plus fidèles à leur perfection, aGn de plaire à ce grand Dieu qui a tant de soin d'elles. Je supplie sa Bonté de les former toutes selon son Coeur, et vous donner, ma très-chère fille, l'abondance de son amour.

C'est tout ce que je vous puis dire en attendant Monseigneur fait qui ce matin la visite. Il reçut hier après dîner l'examen, avec une satisfaction et consolation très-grandes de la vertu de nos Sœurs. Dieu en soit béni! Amen. Je suis vôtre, ma trèschère fille.

Conforme à une copie faite sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE \ILXXXIX â I>.\ MÈRE M 1RIB-JACQ1 BLINB I H RI

SI IKHIUHK AC Vf 1$

1 liormii. — (irai : 1 . r\ - - I'

de retoir la Réponses, — V>n-.i bible esfl U vertu <jui o'esl j> u fond rhomilité.

fAnnrrj]. 15 mu 1631 .

\I | TlÈS-CHÈtl Fll.l.K,

.Ir supplie le Sauveur de nos .'nues de nous rendre participantes des mérites de sa glorieuse efl sainte Résurrection, après toutefois qu'il nous aura lait un peu de pari de s< - souflranci I et humiliations. — Il y a quelque temps que je ne vous ai écrit,

tant a cause que je vous croyais à Troyes, que parce que j'attendais toujours de vous envoyer les Réponses; mais notre Souilla Supérieure de Chambérj qui a été ici, (Tune volonté absolue les a emportées. Nous attendrons voir si elle les nous renverra,

par ceui (jui ont mené nos SœurspOUr la mission de M nu t pi d lier ; car déjà elle esl partie avec celles qu'elle mène en Provence.

\ -us laissons celte lettre laite ici el charge a nos Sœurs, li (lies reçoivent lesdites Réponses, de vous les dire tenir avec; car je m'en vus faire uw -petit voyage, pour environ dix-neuf ou vingt jours, vers dos Sœurs d.- Thonon. Mon Dieu 1 ma tille, qu'est-ce que de notre faiblesse et misère humaine? ce «pie je vous dis sur l'appréhension que l'on s eu.- .!.• revoir la pauvre petite Sœur Y Mais, m i chère fille, il tant tout iopi

suis hien aise de ce que M Amaun l'est enfin retourné: d esl beaucoup mieux, en «I: u- toutes choses, qu< I

loil une Bile de votre maison qui aille a I royes, qu'une de dobon Hél is ' d • il v rai, ma chère bile, I' - Sup i

quelquefois coupables de la stérilité qui se peul trouver dans les maisons reli (ieuses, de filles capables de gouverner. Je

le crois certes que votre bonne assistante fait bien sa charge de directrice; c'est un esprit sage, judicieux et pur, et qui sera un jour une digne fille pour vous succéder. Dieu lui en fasse la grâce. — Vous avez fait prudemment de ne pas mener cette petite Sœur à Troyes, car ce n'est pas un esprit de fondation l. Ce que vous me dites de vous me console extrêmement et m'édifie, c'est pourquoi faites-le toujours quand vous voudrez. — Je suis bien aise que vous ayez fait la charité de prêter à nos Sœurs de Blois ces six cents livres; mais je crains aussi que nos Sœurs abusent de la bonté de votre grand cœur, car nous autres, qui ne sommes pas permanentes en charge, devons être retenues à faire de telles charités; je vous dis cela en passant, selon notre confiance. Et aussi j'ai pensé que si l'on venait à savoir le gros présent que vous avez fait à notre Bienheureux Père, je craindrais que cela ne fût contrôlé; c'est pourquoi je crois que si vous nous voulez donner votre pavillon, il faudrait au moins que vous permissiez que nous le conlre-échangeassions en quelque autre chose ; mais je vois bien que ceci ne plaira pas à la générosité du cœur de ma grande fille, ni à son incompa-

1 La Mère Favre, cédant aux instances de l'évêque de Troyes, qui désirait transformer en monastère de la Visitation un ancien couvent de sa ville épiscopale, partit en mailG31, accompagnée des Sœurs Claire-Marie et Jeanne-Françoise Amaury, Françoise-Madeleine Ariste, Marie-Catherine Goulu et deux novices. Mais les magistrats, blessés de ce que cette affaire s'était traitée sans leur participation, résolurent de s'opposer à l'entrée des Religieuses. Dans ce but, ils les attendirent aux portes de la ville; le prélat voulut interposer son autorité, une longue discussion s'ensuivit, quand tout à coup le maire s'adressant à la Supérieure : u Voudriez-vous donc faire violence à la cité? » lui dit-il. — « A la cité du ciel, oui, répondit la Mère Favre, mais à celles de la terre, oh non! ... » Cependanton obligea la petite troupe ;ï se retirer dans une maison de campagne, où, pendant six semaines, dit! rut à lutter contre les difficultés les plus inattendues. La constance des Fille.-, de saint François de Sales triompha du mauvais vouloir des magistrats, et le (') juillet elles furent solennellement installées à Troyes, au grand contentement do ceux-là mêmes qui s'étaient le plus opposés à Leur réception. {Histoire de la fondation du monastère de Troyes.)

ANNÉE 1631. OQ 7

rable affection pour cette maison. Je pense pourtant qu'il faudra faire ainsi

le désirerais grandement que roua vi tes Réponses, el

qu'avec une entière liberté el confiance von- retranchai ce (|ui y sera de mal à propos ; mais cela, je vous prie, faites-le selon l'unité d'espril (jui esl entre ma grande fille el sa chétive Hère El pour les Supérieures, vous verres aussi ce que je leur dis ; mais il me semble que voua leur diriez beaucoup mieoi ce qu'il leur faut que non pas m<»i. Je vous remets !<• tout, peur en faire selon que vous trouvères plus à propos. Si vous voulez faire voir les Réponses au Père «loin Maurice ou a M. Vincent. je serai bien aise; mais vous ferez de ton! comme vous voudrez.

Sans doute, ma toute chère fille, que celte petite Sœur s'était embarrassée dans l'espérance des chargea liante-. J'ai toujours vu qu'il y avait de la vanité dans bod esprit, sans qu'elle le connût, el c'esl ce qui l'a lait rem erser, si vertu étant imbécile [faible], par le défaut «lu >olide fondement. Si «die peut bien

connaître cela, cette chute lui profitera pour toute sa vie; pourvu

qu'elle acquière de L'humilité, elle ne lairra pas d'être un jour

brave fille, mais il lui faut plusieurs années. — Il s'est perdu

un fort gros paquel de lettres, qui a été dérobé a celui tuquel

de Lyon l'avaient remis Elles me mand< renl qu'il i

avait dix-sept, ce qui m'en a le plu- Oàché< — Bonsoir, ma

tout,- très-chère fille, uniquement unique en ion : et la

chère Sup ! Chambérj au tien; car vraiment elle

tout .i f.ut bonne. Dit u -oit éternellemenl l'union, l'amour et le

: de nos cœuri I ////' //. Qu'il soit béni I

LETTRE MXC {Inédite)

A LA MÈRE ANNE-MARIE ROSSET

SUPÉRIEURE A CRËMIECX

Désir que ses filles deviennent des Règles vivantes. — Maintenir sa liberté pour

le choix des sujets.

Annecy, A juin 1631.

VIVE -j- JÉSUS !

Ma très-chère fille,

Je suis extrêmement consolée de ce que vous me dites que nos Sœurs se sont amendées; car ce me serait une cruelle douleur, que celles qui ont été choisies de Dieu pour aller être les pierres fondamentales de celte maison-là, servissent de mauvais exemple aux autres, vu que, de toutes parts, je n'ai que sujets de consolation de celles qui sont sorties de cette maison, et que, par les autres maisons, l'on nous demande des filles de céans pour servir de bon exemple et porter le vrai esprit de notre Institut. Je vous prie, ma très-chère fille, de leur dire que je les salue bien chèrement, et que j'ai tant de confiance en leur bonté que j'espère qu'elles se rendront des vraies règles vivantes, et je les conjure de me donner ce contentement. Il est vrai, ma trèschère fille, que ce que je vous écrivis par la mienne dernière est le seul et unique moyen pour les faire avancer à la perfection; c'est pourquoi je n'ai rien à vous dire de plus pour cela.

Au reste, ce nous serait une chose bien dure que les séculiers nous veuillent si fort tenir sujettes, que nous ne fussions pas en liberté de recevoir des filles, quand on leur voit la disposition et les conditions requises pour être de vraies servantes de Dieu, si elles n'ont des grosses dots. Or en cela, ma très-chère fille, vous devez faire ce que vous conseilleront ces bonnes dames, quoique aussi il ne vous faut pas lant charger de filles, si vous ne les voyez extrêmement bonnes, car il me semble que vous êles déjà assez bon nombre. Je suis bien aise que la petite de

madame de Hépiea soit entrée; mais j'aimerais bien mieoxqoie ce lût l'aînée. — Quanl à ce <|u<' vous désires sawoir en quel 1 1« m la première pierre <l<s bâtiments des monasti : doit

mettre, c'est toajoors à l'église, el après qu'elle esl hum-, l'on l'ail bénir 1»'> bâtiments, puis attend-on <le faire bâtir jusqu'à ce que I ) j « h eu donne les moyens. Voila, ma Irès-chère bile, répondu ii tontes v>s deux lettres. Je saine chèrement votre chère âme el tontes nos chères Sœurs, que je prie Dien rendre de plus ers plus toutes siennes, par l'exacte observance de tout ce qui esl de leur sainl Institut, el <1<' les remplir des grâces el des fruits de son Saint-Esprit, mais très-particulièremenl votre cher cœur (jui m'esl et sera toujours très-cher en Notre-Seigneur. Je suis en Lui d'une affection invariable.

i sur l'on;; m i p n I i \|. | g Unss-t •- 1 1 -- - \ ,

1 1 V niuiioii d'Ans

\ i. \ MÈRE M IBIB-J ICQ1 i.i.im: i \\ i:i:

i DO ;;r.iml Imnm-ur de [nuiioir COOpéref ni vtlul dcM .i:iii>. P àê II

m des petites filles. \ li M • 1 Châtel ei

I' renée. - Fondations projetée* à .\[»t cl i Sisti ron.

[As II).

Bn6n, ma toute bonne el vraimi al très chère Bile, vous voila

, partie « t di j t de retour de votre fondation de Trovi - ; i <ui>

■ i poui v ne de bonnei GHei ; je prie Dien qu'il les remplisse d el des fruits il»' Saint-] aprit.

\ oui v.. il i dom • de m i Sœoi \I - .

m. i 3 phine ; ce ne m i i p u un petit exercii 0 pour

aussi < <• n'est pas une petite < bose de coopén

'I le graves d

i I U noie de U p. I

l'œuvre du salutdes âmes. Certes, si elles ne profilent du bonheur d'être sous votre conduite, j'en perdrai toute bonne espérance, sinon dans la remise et abandon qu'il faudra faire d'elles entre les bras de la miséricorde de Dieu, que je supplie leur faire la grâce de profiter, et de ne pas se rendre indignes de ce bénéfice. — Je vois que nous nous trouvons toujours de même pensée et même sentiment : les mêmes raisons que vous avez pour empêcher que nous ne soyons employées au service des petites [filles], sont toutes dans mon esprit; mais difficilement les eussé-je pu si bien arranger comme vous. Nous l'avons donc résolu ainsi avec ma Sœur la Supérieure de Chambéry, qui nous dit pourtant que, pour Paris et pour Avignon, il n'y faudrait pas refuser. Je m'étonne qu'elle ait demeuré huit mois sans vous écrire, car elle a bien mille bonnes affections pour vous ; et pour dire le vrai, elle en est toute pleine. Elle est maintenant allée faire sa visite en Provence pour m'exempter la peine de faire ce voyage. Nous croyons qu'elle fera trois fondations par là tandis qu'elle y sera : la première sera celle de Montpellier J, où pourtant elle n'ira pas du commencement, qui a été demandée par Mgr l'évêque de là, lequel a écrit à Mgr de Genève que, dans peu de temps, il espérait que ce serait une des meilleures maisons de la France. Nous y avons envoyé pour Supérieure ma Sœur Louise-Dorothée [de Marigny], laquelle, selon mon gré, est digne de celte charge; car ce n'est plus celle que vous avez vue. Dieu a pris en telle sorte le soin de sa conduite intérieure qu'elle a fait un changement absolu, et l'a rendue telle que, moyennant sa grâce, elle réussira à sa gloire. Nous lui avons donné pour assistante notre Sœur Gasparde-Angélique Biunier, qui est une solide et vertueuse fille. Les autres quatre sont, en leur simplicité, toutes des filles de vertu. La seconde fondation sera, comme nous croyons, celle d'Apt 2 , que nos

1 Voir pour la fondation de Montpellier la note de la pajje G20.

* La Mère de Beaomont, répondant aux sollicitations de Myr d'Api,

awi.i; 1631. 61!

Sœan de Grenoble font; el la troisième, celle de Sisteron ', <jur oofl Sœurs d'Embrun, <le Chambérj el de Grenoble font; mais partout l'on envoie des bonnes vertueuses filles.

Noos croyons que vous aurei reçu nos Réponses, lesquelles poua remîmes à un gentilhomme de M. le gouverneur de Dijon, qui esl aussi gouverneur ici, pour les donner a ma Sœur la Supérieure de Dijon, pour VOUS les Elire tenir; il peut ^ avoir en-

viroD quinze jours. — Faites tenir promptemenl et sûremenl cette lettre à Hgr de Bourges; car il L'attend avec impatieni

pour venir de de. a. O ma lill< ! l'Espril Très-Siint mib remplisse et Comble on tir renient des dons <le son a m oui- mut ! ///// // .

Amen. — Votre pauvre indigne Mère qui esl toute vôtre unique de cœur, et le divin Jésus eu esl l'amour, lniiit. Sans loisir. Dieu soil béni !

< i de la Visitation d'Aoa

oya dam cette ville quatre il'' lei Religieuses, auxquelles <>m adjoi- I . Ci li-'i-inc de Pingon, professe d*Annecy, el P. -Angélique V >ynet, prôfei rhonon. La Mi re de Châtel, visitant alon an nom de

li Bain te Fondatrice les mon du Midi, assista à rétablissement de

ii d'Apt, qui eut Im> m le 6 juillet 1631. Elle \ demeura sis bi > i pour Supéii ureSœur M. -Marguerite « 1 * ■ ii.ij.it, | » r« » i • • — < * il'- Grenoble. 1 I..i fondation de Sisteron, pi. par les i ni de la gouvernante de

cette ville, dame aussi pieuse que distiri te lit le -" juin loi. I

Mi I . Supéi îeui e i Bmbr n, y i onduisil quelq i

■m R li • useï avei déni pi < I I mi-

i) . quelques m I elle leur procura pour Supérieure la \l

M '!«• Livron, pi I Innecy. [Fondation inédite du

Ù iU'hlc.)

LETTRE MXCII

A LA MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE MARIGAI

SUPÉRIEURE A MOMTELI.IKR1

Joie d'apprendre l'édification que donnent les Religieuses envoyées à Montpellier.

Mort de Sœur B. M. Valeray.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy], 22 juin [1631].

Mon Dieu! ma très-chère fille, que ce m'est une grande consolation d'avoir un peu de vos nouvelles, et de savoir le progrès que vous faites en votre voyage; mais celle-là m'est encore plus grande de l'édification que recevront de vous et de votre chère troupe nos maisons par où vous passez, par les instructions que vous leur donnerez de plusieurs choses de quoi elles étaient ignorantes; de partout elles m'écrivent les consolations et édifications qu'elles ont reçues de toute la troupe.

Nous nous portons fort bien , Dieu merci, particulièrement moi qui ai fait notre voyage de Thonon fort heureusement, en avons amené deux bonnes Sœurs pour la fondation* d'Apt. Si elle ne se fait pas, nous les garderons de bon cœur et bénirons Dieu; car, après avoir fait en l'œuvre de Dieu tout ce que l'on peut et que l'on doit, le succès m'est toujours en fort grande indifférence, car nous ne devons rien avoir de plus cher que les événements de son bon plaisir. — Notre pauvre Sœur

1 La Mère Louise-Dorothée de Marigny, proche parente de saint François de Sales, eut le bonheur d'être voilée de ses mains, au monastère d'Annecy. Xommée en 1631 Supérieure de la fondation de Montpellier, elle s'unit dès lors si étroitement à la croix et au Coeur DE JÉSUS, pour entrer dans la carrière du sacrifice absolu de soi-même, qu'elle mérita cet éloge

s contemporaines : « C'était une âme avantagée d'une grande prudence,

sagesse, piété, et d'une vraie droiture. Elle était d'un bon conseil, d'un solide

jugement, d'un esprit fort mâle et généreux, zélée à l'observance, qu'elle

i fait pratiquer à la rigueur pendant les trente et un ans qu'elle a été Su-

périeore en nos monastères de Montpellier, du Puy, Billom et Moulins.

incérilé, rondeur et bonne foi étaient ses chères vertus. C'était une

ANNÉE I ;l. 613

Bernarde-Marguerile moarul mardi dernier fort heureusement, après avoir souffert beaucoup «le douleurs avec une patience remarquable. [Elle] est demeurée dix-neuf jours - ini quasi parler, ni prendre aucune nourriture, si ce n'es! deui pleines cuillers de consommé el de sirop. -Je ne vous dis p ls s< - vertus. vous les savez assez, aussi n'en avons- nous pas le loisir, ni «1 en envoyer la lettre ; vous feres les prières pour elle.

0 ma très-chère fille ! vous ne sauriez croire combien \<> Seigneur me donne <le bonnes espérances que vous el votre petite troupe rendrez tant de bonne odeur, que vous en parfumerez tous < i - quartiers-là, el surtout la chère ville de Montpellier. Demeure/ ferme dans le train où Dieu vous a mise; n'appréhendes rien, reposez-vous eu sa sainte Providence pour toutes choses; regardez toujours ce divin Seigneur, mais d'un esprit Baintemenfl libre, sansgéne ni contrainte. — Notre Sœur Marie-Innocente [de Saint-André] dit je ne sais quoi que vous lui avez lit; si vous vous pouvez souvenir des paroles que vous lui dites, je voudrais que vous me les écrivissiez, selon votre sincérité < I confiance. — .le salue voire chère âme et toutes nos pauvres Sœurs; croyez que vous el elles êtes bien dans mon cœur. Le doux Jésus soit notre vie et amour éternellement el soit béni. .////' //.

i s A rchî t m d» la V u il I I

pecl humain, incapable d'un détour H d'an manque <!<• ■implicite, un espril droil <t bien intentionné, nui ne cherchait que I1

, qui atlii induite toutet

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\l ipril bientôt qu'elle aurait i inbir un autre martyre plui

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LETTRE MXCIII {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE DE CHASTELLUX

A âUTCN

Pressante invitation de se rendre à Bourg en Bresse où elle vient d'être élue

Supérieure.

vive «J- jésus!

Annecy, 23 juin [1631J.

Ma très-chère fille,

Vous voilà élue en noire maison de Bourg; l'on dit que Mgr d'Autun ne veut pas vous relâcher. Je sais le crédit que vous avez vers lui, et que, si vous voulez, il vous relâchera facilement. 0 ma fille très-chère ! il faut que je vous le dise selon ma parfaite confiance en vous, que vous devez ahsolument faire tout ce qui vous sera possible pour obéir en celte occasion aux ordonnances de notre saint Fondateur ; car vous savez ce qu'il a mis dans la Règle. Vous devez cette fidélité à la conservation de notre Institut; et de plus vous le devez à Dieu, qui, je vous assure, vous appelle à lui rendre ce service. Que si vous manquez de correspondance, soyez assurée que vous déplaisez à sa Bonté, contrevenant à ses desseins et au service qu'il requiert de vous; car je vous dis, ma très-chère fille, que l'un des plus agréables que vous lui sauriez jamais rendre, c'est de vous employer pour trois ans à la conduite de cette maison, car je connais ses besoins, et que Dieu vous a donné tout ce qu'il faut pour y remédier doucement. Les filles y sont bonnes; mais toutes les affaires ont besoin de votre main. Après ces trois ans, vous pourrez retourner en voire maison d'Autun, où aussi vous serez utile.

Donc, ma très-chère fille, que celte souveraine Providence dc Boil point contrariée en ses dispositions, ni nos Sœurs éconduiles. Ces refus sont trop importants pour les confirmer, Dieu

ne le permette J'attends de votre bon cœur on acte de h parfaite union au c le mien qui est sans réserve tout vôtre '.

Conforme à i !<■ l'original gardé a li Visitation de T»«U— .

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