A LA SOEUR MARIE-DENISE GOUBERT
AU PREMIER MOXASTKUE DE LYON
En quoi consiste le vrai anéantissement de soi-même.
vivrc -j- jrésus !
[Annecy, 1631.]
Ma très-chère fille, J'ai lu et relu votre lettre h la fin de laquelle vous me priez de vous dire si vous vous trompez en la créance que vous avez aussi ferme qu'on article de foi (faute notable, ma fille, de
cmii imagination* comme «m « - 1- « * î t do article de foi ! | que
voire espril est ainsi anéanti en Dieu comme vous le dépeignes. Or je vous vais dire, selon ma sincérité accoutumée, que j«' crois que vous tons Irom >es; c p le vrai anéantissement ne consiste pas en l'imagination, «'t a en avoir beaucoup <1<' sentiments el de lumières pour «m discourir comme vous faites : ces lumières donneraient de la consolation , sion les voyait dans une .iiiii' vraiment morte a elle-même, lia fille, v«>ns êtes bien éloignée «le ce bonheur, étant toute vive el pleine de propre recherche I Tâches de vous acquérir !<■ véritable <'t solide anéantissement de vous-même, qui c< nsiste en la mort ou amortissement de vos passions, sentiments, inclinations, présomptions, vanité et amour-propre; et pour] parvenir, travailles constamment et persévérammenl a cette besogne par une continuelle tification «le tout votre être . el commences par le retranchement de la vanité el agilité «le votre entendement «'t de tanl «le belles imaginations. •!<' voudrais que vous prissies de la simplicité en vos questions trop subtiles. I. ifin, ma fille, il Faut devenir vraiment humble <■! réellemenl mortifiée, el puis Dieu vivra et i en vous. Prenes el suives la conduite <!«' votre bonne Mère, ci Dieu vous bénira. Je L'en supplie el suisdans son sainl amour votre, etc.
LETTRE MCXXVIII
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MOXASTÈltE DE LYON
Edification que donne la communauté de Montpellier.
vive f jésus!
[Annecy], 9 décembre [1631],
Ma très-chère fille,
Voici bien la troisième fois que je vous ai écrit depuis que M. [Michel] Favre alla à Lyon. Je crois que maintenant vous aurez reçu toutes nos lettres. Nous avons ici ma Sœur la Supérieure de Chambéry qui est toujours parfaitement meilleure. Je crois qu'elle vous écrira, et vous dira les bénédictions que Dieu répand sur nos maisons de la Provence, surtout sur celle de Montpellier où il y a des filles tout à fait bonnes , et surtout la Mère qui est une âme accomplie. Elles répandent une très-bonne odeur à la gloire de Dieu et à l'édification du peuple , mais surtout de Mgr de Montpellier qui leur est un vrai père, et auquel il fallait la Supérieure qu'on lui a envoyée, et non une autre, je vous en assure.
La nièce veut que l'on vous écrive que vous priiez Dieu qu'il lui fasse la grâce de devenir aussi sage qu'elle a été folle '. Je pense que ce sera une bonne fille. — Vous savez de quel cœur je suis vôtre. Au reste, je n'écris plus qu'en beau papier fin, grâce à votre charité, car j'en serai moins lasse. Ma pauvre chère fille, je suis bien vôtre de cœur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy. 1 C'est-à-dire, éprise delà vanité et des plaisirs du monde.
LETTRE UCXXIX Inédite)
A L I IIÉBE M IBIE-J ICQUBLINB Y W M
Craintes ao sujet dt vojagedu Père dom Juste à Périt. — Bpttre dédicatoire pi
en léte du litre les Répotu
mi v lin il
[Annecy], H Jéesabft [1681).
Ma TBÈS*CHÈII FILLE,
Nom venons de recevoir votre lettre do 2<s passé, laqoelle me tieol < i) peine de voua -.noir toujours en une si grande faiblesse, craignant que voua ne venies a retomber malade. Mais , [tour l'amour de Dieu, ma très-chère fille, donnen-vous la pain DOC «le vous bien remettre avant que de mus mettre a
travailler, ><»it aui affaires, soit à quoi que ce soit; car vous ,i\e/ besoin de repos d'espril et de corps d'ici a Pâques; il Tant que \<»us preniei ce lemps-là pour um» fortifier. Et, en un mot, je vous piic derechef, comme j'ai déjà lait par la première lettre «I ue je vous écrivis sprès queje bus votre restauration, et laquelle peut-être sera perdue , je vous prie , dis-je, que vous ayei bien loin de cette pauvre santé, et qne vous fassiei ce que vous pouves pour vous garder de retomber.
< pendant voila notre bon l'ère doui lusle qui enfin s'en va
Paris, lue u veuille que les Pères qui le font aller et nous, n'en ayoni pas de repentir I Certes, ma fille, je vous dis ceci avec
douleur, de voir mettre eu chemin ce Ixm l'ère eu une Mhmi
m Incommode, parce que, s'il lui irrivaif quelque mal, nous pourriom bien tout quitter el cacheter les affaires de notre Bienheureux Père, d autant que je ne vois bomme an monde, pour Ici aller poursuit i Rc . qui lui. Mail de oeci el de
Votre indisposition, m I lillc , feu tus c me vous mi dites qya
vous laites, p remeti le tout .» Dieu, avec confiance qu'D eu
lei.i sou lion pl.iiMi , (ii on n ,i( avoii paix faisant aulre-
meut. Quant au changement de vos charges, celles d'assistante et de directrice peuvent facilement être portées et être utilement exercées par ma Sœur l'assistante; mais pourtant, ma chère fille, je crois que si vous avez quelqu'un à qui vous puissiez donner la charge d'assistante , vous ferez bien de le faire pour un an seulement, et je vous dirai bien ceci : que peut-être [il] n'y aurait point de danger d'y éprouver ma Sœur N.; car, à mon avis, elle y trouvera assez de sujets d'abjection pour lui faire connaître qu'elle n'est pas tant capable des charges relevées comme elle pense ; mais je remets toujours tout parfaitement à votre jugement, lequel Dieu vous a donné , selon le mien , parfaitement bon pour la conduite. Ma pauvre Sœur M. me fait compassion eh son petit entortillement au désir d'être employée aux charges importantes; mais, las! pourtant, ma fille, comme vous dites, elle n'a ni conduite ni prudence pour cela; elle est toutefois digne d'être supportée à cause de la grande bonté qui est en elle.
Votre petite épître l pour les Réponses est parfaitement bien à mon gré , d'un style doux et simple. Je vois bien que vous n'avez pas encore reçu la lettre où je vous mandais qu'il n'était point besoin que vous me l'envoyassiez, et qu'il suffisait qu'elle fût à votre gré. Quant au désir de nos Sœurs d'en avoir chacune un livre, de ces Réponses, je ne sais pas si cela leur serait utile, parce que, ce qu'on voit souvent, on s'en dégoûte facilement; néanmoins, je laisse cela à votre discrétion pour en faire selon que vous trouverez bon. Notre bon archevêque [de Bourges] m'écrit avec témoignage de beaucoup de joie de se revoir dans l'espérance de venir achever ici la sainte besogne que Dieu lui a confiée, et me promet de partir pour cela aussitôt après Quasimodo. Il faudrait bien tenir l'affaire liée, ma chère fille, et faire en sorte que les Pères n'engagent point le
1 La lettre placée en téta du volume des Réponses de la Sainte*
ANNEE 1631. BW
Père dom Juste a rien qui le puisse arrêter, passé ce i«rn |>^-l i ; car, résolument nous voulons, s'il plaît a Dieu, que loofl s'achève ici cette [année] prochaine ; el pois, do reste, Dieu eo ordonnera Ce < 1 1) i Loi plaira.
Mi très-chère lill»-, hier <m résolut que l<- Père partirait; mais enfin aujourd'hui, après avoir conféré des nécessités des Pères de Paris ivec ceui d'ici, ils ont <•< » 1 1 <■ ! n qu'il fallait représenter les raisons pour lesquelles il ne pourrai! pas aller, juge ml sa présence n'être point nécessaire aui Pères de Paris. Ils avancent les affaires de notre Bienheureux Père; mais enfin, ma chère fille, il faut lever ce masque-là ; car le Père dom \laurice aurait en grand tort s'il avait différé jusqu'à présent a j faire ce qu'il Tant; car pour ce qui est «le la mauvaise écriture qu'ils disent être en cela, ce n'est rien; le Père «loin Juste
attend donc leur i epon>e .u.iiit de rien bouger. — L'on m'a eent
que ce livre que Mgr de Belle] a fait, de l'intérieur de notre Bienheureux Père, e>t très-mal reçu, et qu'il serait a désirer qu'il fût étouffé, l/oilace que sans loisir je vous puis dire ; mais,
Jésus, Marie ! qu'on ne l.i>>e point aller le l'ère dom Juste BOUS
le prétexte de la réussite des affaires d<- notre Bienheureux Père ; que si l'on an s tant de besoin, qu'on sache leurs raisons.
CtaflbnM * une < op'u •!<• l'original nrdi .1 1 1 V
LETTRE MCXXX (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYOX
Perplexités de la Sainte au sujet des changements qu'on veut introduire dans
le chant de l'Office.
vive f jésus!
[Annecy], 19 décembre [1631].
Vous vous plaignez toujours de moi, que je ne vous écris pas assez, quoique je pense qu'il ne se passe guère de semaine que je ne le fasse. Mais je vois bien que c'est que vous voudriez avoir, non-seulement tous les jours, mais tous les moments de mes nouvelles, tellement vous m'êtes bonne; interprétez ainsi le motif de votre plainte. Nous avons bien reçu toutes les vôtres, même celle du 6 , et si bien je ne vous l'ai dit particulièrement, celle que je vous écrivis et à ma Sœur AI. -Denise, avec le remercîment de vos biens, en élait un assez bon témoignage. Je serai toujours bien aise de savoir si vous avez reçu celle que je vous écrivis, il y a environ cinq ou six semaines, qui vous fut envoyée seule avec une pour ma Sœur la Supérieure de N.
Au reste, ma très-chère fille, je ne sais que vous dire sur tant de mouvements que je vois en plusieurs de nos monastères pour le changement de notre chant, craignant que si l'on ouvre la porte à ce changement, il en attire plusieurs autres. Cette appréhension me donne une extrême difficulté à m'en résoudre; et, d'autre côté, je crains aussi pour deux raisons de me tenir trop ferme en cela : l'une est que je crains que les Supérieurs et les monastères mêmes ne le changent, ainsi que Mgr de \ urine a déjà dit que ce n'était pas une chose essentielle que les Supérieurs ne puissent changer, et en a écrit à Mgr de Genève, auquel il dit qu'il vaudrait mieux que les changements vinssent de ce monastère ici, qui a donné les Règles et tout ce qui est
de l'Institut, aux autres ; l'aoti il que je vois que non si i -
lemenl plusieurs de n<>> monastères inclioenl a ce changement, mais que la ploparfl !<• chaogeot, ne faisanl pai lei tons ainsi c j n ' i I > nous > <> 1 1 1 marqués, el notre chant n'ayant que * 1 *mi \ tous. les musiciens mêmes n'j entendent rien. Voilà ma perplexité, ma très chère fille, entre ces deux appréhensions : l'une, d'ouvrir la porte à quelques changerai nts parmi nous, crainte qu'ils n'en attirent des autres; el l'autre, que ces changements ne s'introduisent en quelques monastères particuliers, ce qui sérail difforme et contraire à la conformité que nous devons avoir en toutes choses. Donnes-moi voire avis là-dessus.
Le Père «loin Juste écrit à M. Brun pour avoir certains liu< i dont il a besoin. .!<' vous prie de 1<" loi recommander encore, afin que cette petite emplette •• comme il faut II noos s
donné une pistole pour cria. Quand ils seront achetés, vous les enverra el nous ferez savoir ce qu'ils auront coûté, el nous \ou> enverrons la pistole <■( le surplus s'ils coûtent davantage, par la première commodité assurée. Vous savei bien de quel cœur je suis vôtre, prie/ Dieu pour nous. le salue toutes Sœurs. Le doux «-t débonnaire Enfant lésos soil noire unique amour el prétention en toutes nos actions, \mtii.
CuufutUic a I orijniâl jjanl. mi \i. im< > il. la Visitai I \
\ |. M VOI.I 11 h h
LCTTUDOCLH/ InêdiU . — A M. le baron de Chantai, «on fils, a Pari».
— Souhaita de bonne innée. — La Sainte espère \ < >i r tes end ta à son voyage d'Orléans. — Penser souvent •« l'instabilité de cette vie I
Lm RU DGCLV. — A la Mère M -A. Fiche t, à Rumilly. — Il fuit ■' |
bendonner i Dion et travailler i l*acqnUilion des venus lolides. — Couitnee due i la Supérieure d* Innecj — Les lettres d'une Rel loilent être courtes et dévotes :j
LftTTBJ DGCLV] I <■ fttff). A la Hère P.-J. de Monthoux, à Blois.
— I i Piémont est retardé. — Projet de fondation à Bonn an
I ! : tndatriees d'un monastère particulier n'ont pan le ilroit d'entrer dans tous ceux do l'Ordre '»
I.KTIRK DO.IA H i HédiU ). — A M. de Coulunge» fil», à Pari». — I
lit -ilatioiis .m MÛ I !, MU iii.in.i;;e. |
IK.UAIII A machine la romtour de D.iht, 1 Montferrand
— Fondation de Saint-Flour. — Prochain voyage en 1 . . . 7