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\1 | ÎOl n: r.fWi; i.i | k\i\ii.\i CHÉRI I n.LE,
i ai vu, par la lettre que voua ave/ écrite a noire très-chère SœnrlaSnpérienreda faubourg Saint-Jacques de Paris, l'affliction doni il a plu à Dieu \ oui v isiter, par la mort de deux de u^ Sœurs el la maladie de cellei qui sont demeurées a Blois. Cette affliction esté la vérité fort sensible, étanl regardée en elie-
iii. .ne; mais, <'u la volonté de Dieu qui la permet pour le
bonheur de celles qui souffrent ri l'exercice de votre vertu, ma chère iill<-, el de doi Sœun qui sont avec vous, elle esl i<»ut< adorable el aimable. .1 i spère en son infinie Honte que >a ilivine Provideni e aura -••m de la i ons< rvation <lu reste <le votre chère troupe, el surtout de vous, ma chère fille. l<>ux usâtes d'une bonne prudence de renvoyer ces d< ni S i un «pu se trouvaienl m. il .i Blo
Vous .m m ■/ -u que notre < In i • ■ ni-ui- lui. .» été .m\ portes de la mort ; m lis Dieu a eu pitié de nous el nous I .» encore < oolervée, dont je l<- bénis el n nu n ie de tout mon cœur, car ce urait été une sensible douleur si «-II.- lui mort .!«• vois que ion bon < 'i m vous assiste dignement et « baritablemenl en votre affliction, ce qui m'est à grande consolation el soulagement]
car je sais bien que ces maladies-là fournissent beaucoup d'occasions de dépenses. Je suis aussi grandement consolée de voir le soin que le Révérend et très-charilable Père recteur prend de vous visiter et assister. Mon Dieu! que ce doit bien nous faire connaître que si bien il se rencontre quelque petit je ne sais quoi en l'esprit de quelques-uns, nous ne devons pas pour cela nous désunir jamais de la Compagnie, car partout on voit nos maisons recevoir de grandes assistances et charités de ces bons Pères-là; nous nous y devons tenir toujours unies, car c'est toujours là que nous trouverons la solide charité et le secours en nos besoins.
Je vous supplie, ma chère fille, de faire appliquer la messe de la communauté et la communion générale, le premier dimanche après les Rois, selon mon intention, pour obtenir de Dieu, par les intercessions de notre Bienheureux Père, quelque grâce signalée que je désire en une affaire de grande considération, et de faire encore communier les trois Sœurs du rang tous les neuf jours durant, avec un quart d'heure d'oraison pour la même intention.
Conforme à une copie gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCXXV
A LA MKRi: JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD
A mou
Désir d'avoir des nouvelles de la communauté de Riom forcée par la peste de
quitter son monastère. — Assurance de tendre affection.
vive f jrésus!
[Annecy], 26 novembre [1631].
Ma pauvre toute bonne et vraiment très-chère fille ,
J'allais toujours attendant de vous écrire que j'eusse reçu cette bénite lettre, par laquelle vous me promettiez de me dire des nouvelles de votre cher cœur; mais voyant qu'elle ne vient
point, je ne puis plus relarder de vous faire ce billet] par lequel je vous demande ou êtes-vous el que faites-vous, ma très-chère fille? Car je suis en peine d'être si longtemps sans avoir de vos nouvelles parmi ces maladies contagii uses, <pii affligeai li fort votre pays de delà. On m'a bien écril que vous étiei sortie de Kioin el que vous étiei logée en un certain château : mais cela ne me satisfait pas, rai- je le voudrai! savoir plus amplement el par vous-même. Enfin, croyei, ma fille , qu'il est bien vrai que le bon sang naturel ne peul mentir, rai- comme je voui ai toujours aimée el vous aimerai tant que je vivrai, fort particulièrement, je ne me saurais empêcher de désirer de v<>> chères nouvelles. Nous écrivons les nôtres petites a ma Sœur la Supérieui e ;
il pourquoi je ne vous dirai rien de plus Ici, n'ayanl pas i <!<• roi lettres depuis que je vous ai écrit
Soyei toute assurée, ma très-chère lill»', que «I»1 cœur entier el sincère je suis tout à fait vôtre. Dieu soit noire tout el soit béni. ////'//.'
tfbnac à l i titei àê h V isitatioa »1 \nn-
1 I .1 peste faisant de grands ravages dam la ville de Riom, Mgr «l<* Clennont ordonna i toutes les communautés reli d*en lortir I •
Pillés de la Visitation ic rendirent dans un château voisin nommé le Ckâtrlnr, on elles forent accueillies >ic par l> marquise de afontmorin,
(pu leur as ail préparé un appartement du lien, Biles \
chantaient l"* >fli*«* et suivaient leur Rè«jle avec autant d'exactitude o]M si elles avaient été dans un mon
LETTRE MCXXVI
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Question d'intérêt. — Conseils pour la direction d'une Religieuse qui paraît être dans l'illusion. — Amour et estime de la Sainte pour la pauvreté spirituelle — Remercîments. — Avis relatif à la fondation de Màcon. — Retour de la Mère de Châtel.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy], 30 novembre [1631].
Ma très- chère fille , Xous n'avons reçu de vous, dès le retour de M. Michel, que ces deux derniers billets; la lettre du 5 de ce mois n'est point venue; j'en suis marrie, mais Dieu l'a permis.
Je pense que vous devez presser madame de Senecey, et écrire pour cela à notre Sœur du faubourg au plus tôt; moi, je la prierai de la presser doucement d'accomplir ce bon œuvre, car je lui vais écrire. Les affaires de Dieu ne veulent pas tant de remises; quand on laisse passer leur temps, elles se rendent difficiles, Dieu le permettant ainsi pour pénitence de la négligence passée. Mon Dieu! ma fille, qu'il est vrai que cette vie est ennuyeuse et serait quasi insupportable, si la très-sainte volonté de Dieu qui nous y tient n'y était regardée, surtout, ce me semble, pour moi qui ai si peu de temps à penser à cette bienheureuse éternité, et tant de sortes d'affaires qui divertissent, et auxquelles il me semble que j'ai fort peu d'inclination! c'est pour le temporel, car ici l'on est quasi forcé d'avoir autant de procès que de créanciers. Nous ne saurions rien tirer d'eux, ils disent que nous n'avons pas besoin, que nous sommes si riches ! Cependant, il faut pâtir et s'occuper à chercher moyen de vivre par emprunt, ayant été contraintes, par le défaut des créanciers, d'emprunter plus de quatre mille florins cette année, pour subvenir aux besoins de cette maison, et puis maintenant l'on veut être payé, et nous n'avons pas de quoi. Si Ton eût pu nous faire avoir quelque chose <\c la dol de noire Sœur Daloz, il fût venu bien
au beso in; il Faut avoir patience I Je ne - i> somme je me suis embarqoée h vous dire ceci, car je n'aime rien d'en parler.
Ifaifl , dites-moi , ftî nous pouvions un jour retii ci DOS eféanC6S
de ceoi «pii nous doivent, pourrions-nous mettre en assurance l'argent à rente à Lyon, el serions-nous payées plui facilemenl des fruits? le serais bien aise de I»* savoir.
\n reste, ma très-chère lill»*, certes, je ne broove point s mon gré L'intérieur «le notre Sœur IL -Denise [Goabert]; i un esprit souple en la main de sa vanité el propre recherche, qui lui l.iii prendre telle forme que son orgueil veut; an moins, il m ble, «'Mi1 se forge des sentiments <!<' perfection selon
cria. Pour moi, j'aimerais beaucoup mieui la voir bien amortie, et si confuse de ses fautes passé) - qu'elle n'eûl point tant de babil intérieur et extérieur, ni tant «le vues d'excellence. Sainte Catherine «le Gênes ne parle pas plus hautement ni plus distinctement de l'anéantissement pariait et «lu règne absolu <!«' I)i<'u en rlle, que fait cette bonne Sœur; mais, quant à la réalité, je crois qu'il \ a différence comme «lu jour à la nuit, «-t crains bien fort qu'elle ne ><>it plus dépendante « 1 « * Bon imaginaire perfection qne «le la volonté <le Dieu : « - 1 1 « - dit que Dû u seul vit <'n elle, et qu'elle n'est plus en elle-même, ains qu'elle voit clairemenl que c'est Dieu <pii vit, au I i< * u (relie.
autrefois, elle avait ces mêmes vues, et il est I « raindre que si elle était dans l< isions, elle ne se irouv.it dans la dépen
dance d'elle-même au lieu de celli de Dieu. Pour moi, je ne
«lis pas tout Ceci p IF jugement arrêté , car je roiilesse ijue l'état
on elle «lit être surpasse ma capacité; mais i ai cette vue qu'elle se trompe, is plus de latisfaction en mon âme, et plus
lurance pour elle, si je la voj tii dans une profonde humilité, silence et amortissement d'elle-même : voilà comme je répond questions \ au lui en «lii us- jugerez
a propoi M oa est svis que sous ne la «l«iv . re écoutei
tout cela, ni moins lui témoigner «pie vous faites état de
qu'elle dit. Si elle trouvait en vous plus de sériosité , de froideur et de négligence pour elle, je pense qu'il lui ferait du bien; au bout, je remets le tout à Dieu et à votre sage conduite. Je l'aime certes, mais je ne puis m'empêcher de la désirer dans des sentiments rabaissés, confus, anéantis, et purifiés de tant de propre satisfaction, car, à mon avis, elle s'évanouit [dans ses pensées]. Dieu ne le permette , s'il lui plaît , ains la réduise selon son bon plaisir et nous comble de son pur amour! Amen. J'écris ma pensée à notre Sœur M. -Denise; conduisez-la bien, car de moi je n'ai pas le loisir de tant lire ni écrire.
La nièce est venue : elle est toute agréable, d'un esprit gai et vif. Dieu la bénisse! — Ces lettres pour Paris sont importantes aux affaires de notre Bienheureux Père ; mettez-les à la poste. Bonjour, ma chère fille . Dieu vive et règne en nous. Amen.
Nous avons eu grand contentement en ce que vous vous voyez si pauvre et dénuée, cela est une grande richesse. Mon Dieu! que j'aime cette sainte pauvreté spirituelle qui nous met toutes nues entre les mains de Dieu, et là nous trouvons les riches trésors de son infini amour et mérite qui nous suffisent, les aimant mieux en leur origine que si nous les voyions en nous-mêmes. Ma fille, priez Dieu qu'il m'anéantisse toute, mais de l'anéantissement solide et réel. Amen. Qu'il soit béni! Il y aura plus de facilité à me tirer quelque jour à vous, que vous ici. — Jour Saint-André.
\P. S.] Depuis celte lettre écrite, nous avons reçu la vôtre du cinquième de ce mois, avec consolation; car elle me représente naïvement votre esprit, lequel j'aime, ce me semble, uniquement, nonobstant ce que vous me dites que vous n'êtes pas de grandes Supérieures qui font tant de choses pour gagner les cœurs de leurs Sœurs. Vos attraits en sont plus puissants, ma chère fille, mais ne laissez pas pourtant d'éloigner l'attache de vous, tant que vous pourrez.
Ions nous faites Irop de bien, ma très-chère fille j véritablemenl j'1 ioîi honteuse de tant de choseï qoe vous envoya I celle maison el à ma considération. Il suffisait, si sons nous vonlies mander dv> biscuits, qu'il \ en eûl deui on trois douzaines, i I non pas une si grande boite; mais dos malades soni en sont obligées, car pour moi j'use fort peu de tontes ces choses-là, et je ne pense pas en avoir pris demi-doumine ou une domaine au plus de ceux que ions envoyâtes la première bis. le vous prie, ne nous mandes donc plus tant de choses, ma très-chère fille. J'écrirai désormais honorablement, puisque vous nousaves mandé de si beau papier; el de tout , nous sous i n remercions très-humblement — Vous verres, i n ce que je vous dis de ma Soeur M. -Denise ri à elle, comme je ne suis point gracieuse;
mais je n'y saurais (pic faire, car je difl ee que j<' pense. .le l'aime
pourtant cert< b bien , car elle a le cœur et le fond bons ; mais >i cet esprit si subtil, si souple el ardent, n'est tué, brisé et mis en pièces, il \ aura toujours je ne sais quoi a craindre. Votre
petite veuve a bien eu loi I (lavoir quitté Dieu pour le monde, ri
Je repoi el tranquillité pour retourner parmi le trouble; feu n rail m ii i i<\ mais Dieu l'a permis ainsi.
Mon Dieu! ma tille, la grande charité que vous me faites en celle que vous prétendes faire a nos pauvres Sœurs d< Bourg, v, en prenant quelques-unes pour votre fondation de Maçon; Dieu vous tu récompensera bi< n. Pour votre assistante, m elle a les autres talents pour être Supérieure, il n'j aurait point de danger de |*j envoyer, encore qu'elle n'a pas toute l'affection (pu sérail requise pour le bon ordre des choses extérieures, pourvu toutefois qu'elle soit ass,/ humble p(»m souffirir qu'une
assistante lasse ce qu'elle ne s.mra p i> lin , , ,i enlin , nia tille, j'aime |t-> mu s humides ,t vertueuses en ( liarjje. — l mis ne DOUS aves point mandé nos Heures; M. Michel dit que M. Ccsursillj lui eu avail donné deux paires, el II n'en apporta
qu'UPC, .le lOUS avais 1 1 1 i . initie , (le DOUS les Lille
changer : cela veut dire la paire que vous avez avec d'autres qui fussent toutes simples et qu'il y eût deux fermails de laiton, afin qu'elles puissent servir à mon usage. Aussitôt que nous aurons de l'argent, nous en ferons venir six ou huit paires pour nos Sœurs, et lui en donnerons quarante sous de roi ou quatre florins; je pense que cela est juste.
Au reste, ma très-chère fille, voici notre Sœur la Supérieure de Chambéry [P. M. de Châtel] qui est revenue chargée des lauriers des mérites que ses travaux lui ont acquis. Je vous dis ceci en esprit de joie , mais pourtant c'est la vérité que deux petites fondations qu'elle a faites lui ont donné prou peine et mangé une partie de son temps; car elles sont composées de ses filles de Grenoble et de Chambéry , et tout cela lui tient au cœur comme la peau est attachée à la chair, si qu'elle a bien eu peine à s'en dépêtrer. Nous vous laissons cette lettre de communauté ouverte pour la voir, mais faites-la après tenir, s'il vous plaît, avec celle pour Monseigneur. Nous en envoierons une autre fois une pour nos maisons de Paray et du Puy, Faites-la voir aussi au second couvent. Dieu vous bénisse, ma très-chère Sœur, et soit béni! Amen.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MCXXVII