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LETTRE M CC M

Al IM.V i.i:i.\i) l'i'.Ki; i;i\KT

IMtONMI .ÉSCt

Sur les moyens d'union entre l.s m — Lei H i\ tation ne

irent reconnaître d'autres SupériavnqM '■ :»ectifs.

VIVK 7 Jf>

(Ai ^mbre 1632.]

Mox TRKS-HOXORK KT CHU PEU,

Je supplie le divin Enfanl de Bethléem de faire abonder votre âme en grâces el [la combler] dei bénédiction! de n saint»' Nativité. Il y a longtemps que je ne me suis donné l'honneur de

pool écrire. Je ne crains pai toutefois que vous m'oubliies devant

Dieu, el vous conjure de me donner une de \<>s nn->ses, car je suis pauvre à l'extrémité Cette vie me serait pesante, si je n'y voyais le bon plaisir de Dieu, qui me suffit pour toute consolation ai! ce que je puis dire de moi, mon cher Père, n'en sachant que dire autre.

Notre chère Sotur la Supérieure du faubour;; Saint-Jaccju. |

de Paris m'a communiqué l'avis qu'il vous a plu noua donner

au sujet de notre union. Il c>t bon et solide ; mais je n'ai su Dmoina y joindre mon ro'iir, re que je unis dis avec franchisa, parce (pu- votre bonté m'en a donné la confiance. Notre

eapril ne saurait supporter nulle autorité lUrUOUS, tpie i

dt M nos pi> lata, ni nul lecn t contre < ax II faut,

si nous voulons avoir n* . «pie noosj traiti

avec une ciiL el Simplicité 9 autrement nous ne

j 1 ui< - de notre Bienheureux Père, qui Bons a I usée cett< lion gravée dans nos cœurs, antre que nous avons

un certain goût cl révérence qui m m s p<u t.- a nos Supéru tirs ,

pii uc peu! [uni éder que de I i , et qui me fait t n

d. -, indci béoédû ii<>u p a cell voit -là. (. i ; pourquoi, mon très-cher 1'» re, voyant Ions les mot*

d'union que l'on nous propose, heurter en certaine manière cette autorité, nous ne saurions en accepter pas un; et j'ai cette confiance que Dieu fera ce qui ne se peut faire par formalités, ni prudence humaine. Jusques ici sa Providence nous a conduites et maintenues dans une parfaite union et conformité : j'espère qu'elle nous y fera persévérer par les mêmes moyens; et notre lien de la sainte charité aura plus d'efficace et de force en sa douceur et sainte liberté, que toutes les lois et obligations que l'on pourrait établir : voilà mon sentiment, mon cher Père, qui est tout conforme à celui dans lequel notre Bienheureux Père est parti de cette vie. Dites-moi si je ne dois pas demeurer en paix là-dessus. J'écris à nos Sœurs sur cela et les exhorte, en la meilleure façon que je puis, à persévérer en la voie où Dieu les a mises, et de conserver par ci-après leur esprit, union et conformité, par les mêmes moyens qu'elles ont pratiqués jusques ici, et lesquels les ont tenues unies et liées ensemble. Je pense seulement, mon cher Père, qu'il faut entretenir la mémoire de notre communication, et donner un peu d'attention aux Supérieures de ne rien changer ni innover en nos institutions et coutumes, et de conserver la sainte union en tout ce qui leur sera possible avec les autres maisons, et spécialement avec celle-ci d'Annecy, comme avec la mère et maîtresse de toutes les autres, pour s'y conformer en tout ce qu'elle a reçu de son saint Fondateur, ainsi qu'il s'est pratiqué jusques ici; si vous trouvez cela bon , vous pourrez dire à nos Sœurs de le faire.

Mon très-cher Père, mais dites-moi, s'il vous plaît, comment vous trouvez à votre gré nos Sœurs de ce lieu-là. Je les trouvai fort au mien, quand nous y passâmes. Dieu leur fasse la grâce de cheminer dans leur voie avec sincérité et simplicité et de vous rendre leur très-humble obéissance, selon cet esprit. Soyez-nous toujours vrai père et protecteur, je vous en supplie, et faites par votre soin paternel que les volontés de celui que

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wmis bonorei au ciel loienl fidèlement gardées en la (erre par » esl font I'' bien que )<• leur souhaite, et ï vous, mon très-cher Père, la |>in> li iule i linteté qui se poisse acquérir en («' monde. Faites-moi l'honneur de me tenir toujours, c ii je le suis pour jamais , votre , etc.

LETTRE MCCXVI

A LA MÈRE FRANÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE

SUPÉRIEURE A BELLEY

Elle bénit Dieu des heureux fruits de son passage à Belley.

vive -{• JÉSUS î

Annecy. -4 janvier 1633.

Ma très-chère fille, Je bénis Dieu des bons effets que vous dites que notre voyage a opérés en votre maison , et le supplie de réduire le tout à sa gloire. Ce m'a été aussi une grande consolation de savoir que le bon M. des Echelles se soit remis dans le train de sa cordialité envers vous. Je vous conjure, ma très-chère fille, de faire tout ce qui sera en votre pouvoir pour conserver son affection ; car, après tout, c'est un bon et vertueux personnage. Nous avons été consolées de voir le Révérend Père qui vous porte ce billet, lequel nous a fait une fort belle prédication sur les louanges de notre Bienheureux Père. C'est tout ce que je vous puis dire maintenant, sinon que je salue chèrement toutes nos Sœurs, auxquelles je souhaite le comble de toutes saintes bénédictions, mais à vous particulièrement, ma très-chère fille, de laquelle je suis, d'un cœur et d'une affection invariables, votre très-humble et indigne sœur et servante.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE UCCX1 II

\ ! I MÈRE M IMS. \l\li.i. Di l;l <>\ \v

fournitures pour on ornement d .ruraux

h de sain! I Sales. — I)i>; S ùote

A :• il • M | I -*

M \ ti;i>-i iikki: i n.i i.,

.le vous écria ce l>ill«'t seulement pour saluer votre cher cœur, et lui souhaiter !<• comble d< à grâces «lu très-saint efl pur amour en ce commencemenl d'année, et pour lui dire que Mgr de Genève est en peine do beau tableau qu'on lui envoie de Paris, afin qu'on prenne loin de le lui (aire apporter sûrement Il payera ceqne vousdonneresàla douane, en le lui faisant valoir, .le vous prie aussi de nous envoyer le patron <J<- la croix de la belle chasuble de madame de Chevrières, avec quelques-uns plus beaui bouquets qui ) >ont parsemés ; mais surtout bous désirons d'avoir J;i croix. Mandez-nous aussi en quel endroit il faut mettre la cannetille brune, la façon de la laine et toutes ces intrcj particularités) efl combien doua coûterait l'once de lous ces ors .» Lyon, [)our voir si DOUS aurons meilleur marché de les faire venir de Milan, car il est temps que nous commencions ) faire dos provisioni d< ce côté-là. Espérons que notre bon Don pourvoira a fournir de quoi, quand

il sera requis; certes, il fan! bien re;janl< r >a Providence pour

tout.

i m. • porte mieux, Dieu nx rci, depuis cinq ou v,x jours que i m mi- l'emplâtre «lu bon chei frère Antoine que je salue*

ruais auparavant, j«» fus plusieurs fois que, m' ill.uit COUOher, je me préparais à mourir la nuit, car j'v. assaillie si

violemment de cette défluxion que rien plus leprendi aussi de son opi itj i il enfin, ma tria-chère Bile, je me porte beaucoup

mieux. Il durera tant qu'il plaira au bon Dieu, car certes, par sa grâce, je ne veux en cela que sa très-sainte volonté, ni en toute aulre chose, ce m'est avis. Mais ses yeux divins qui pénètrent mon chétif cœur y voient peut-être ce que je n'y aperçois pas, pour mon peu de clarté, et l'extrême embarrassement de mon esprit dans les affaires, dont je suis bien lasse, selon l'inclination naturelle, mais contente, puisque c'est mon Dieu qui me tient en ce train. Je ne puis m'empêcher de vous parler toujours avec cette simplicité et parfaite confiance.

Dites à notre bon M. Marcher, que j'honore fort chèrement, qu'il ne soit pas en peine de sa petite sœur. Je m'étais méprise; car elle n'est pas dans l'embarras, c'est une autre, ce dont je suis bien aise pour l'amour de lui que je salue cordialement, voire, Mgr le cardinal, s'il est à propos, et tous ceux que vous jugerez, surtout nos pauvres Sœurs que j'aime tant, et à part la petite de Lécluse et la bonne économe. Je ne sais encore si notre Sœur de Chàtel ira à Grenoble ; car la Mère tient que ce lui sera une bonne abjection. Bonsoir, ma vraie fille.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCCXVIII (Inédite)

A LA MÊME

Regrets du départ de l'archevêque de Lyon. — Se maintenir dans l'indifférence, en sollicitant une yuérison corporelle.

vive f jésus!

[Annecy], 28 janvier 1633.

Ma très-chère fille, J'ai bien maintenant reçu tous vos paquets, et pense qu'il ne s'en sera point égaré. Un marchand de celte ville part demain pour Lyon; c'est pourquoi je ne veux perdre celte occasion de vous saluer chèrement et cordialement, et vous dire que je suis bien dans les mêmes ressentiments que vous du départ de

Mgr votre bon et digne cardinal; car !«' monde i beau «lire ce qu'il voudra, c'est une âme qui i <1<* l>< m < m aliments, et en l'absence duquel voi maisons de Lyon perdront I > i « • 1 1 . Mail la lainle volonté (!<• Dien soit faite! - \ oui m*' laites bien aise de me «lire que nom auroni on beau dessin pour l'ornemi nt de

notre Hirn li< u i r u\ Pèrej ions nous ter»'/ bien plaisir de nous

I envoyer le plui lot (j i j <■ vous pourrei. - Je vous n mercie <!«• votre pâte de Gènes; mais vous me dévies donc envoyer des denli pour la manger, car les miennes ne valent guère pour cela. [Plusù un lignes ont été coupée* dans VoriginaL \

[Dites à ma Sceur] Elisabeth que je ferai faire la neuvaine qu'elle désire, bien que, pour ne lui point celer, j'aurais beaucoup plui agréable de demander pour elle la vue intérieure dei chose- célestes el éternelles que celle «lu corps; mais néanmoins pour lui condescendre je ferai ce (juYIIe désire, et lui conseille cependant <!«' demeurer « d paix «'t se résigner entièrement a la volonté <!«' Dieu, en faisant sa neuvaine d'un quart d'beure d'oraison, proche «lu cœur «le notre Bienheureux Père. Certes, ma toute chère fille, vous nu- ferez grand plaisir de m'écrire cette lettre toute de votre cœur et «!«' \"Ui> main. Il m'esl avis que ce que je \<>ns écrivis à Crémieux requérait c< li Faites le donc, ma fille, car c'est une vérité que Dieu i entre nous un amour et confiance tout particuliers «t Incompai sbles. Il « n soit béni / nu //.

LETTRE MCCXIX

A LA MEME

Désir que la Mère de Blonay ou quelques-unes de ses Religieuses se rendent à Moulins pour une affaire importante.

vive -f Jésus!

[Annecy. 1633.]

Ma très-chère fille ,

Vous connaissez l'esprit de Moulins. J'eusse été bien aise, puisque ma Sœur s'est découverte à vous, de vous envoyer les lettres tout ouvertes ; mais j'ai pensé que si je ne donnais à ce messagerie paquet de Moulins à part, que possible ne passeraitil pas vers vous.

Je crois que le plus tôt que vous pourrez envoyer vos Sœurs sera le mieux; car d'attendre que la communauté les vous demande, cela n'est pas nécessaire et tirerait trop à la longue, sinon que vous puissiez obtenir de Mgr le cardinal la permission d'y aller vous-même, ou que vous vissiez quelque apparence que si la Alère de Moulins la demandait, elle l'obtiendrait; car, quelque défiance que vous ayez de vous-même, vous y feriez un grand fruit, et rendriez votre voyage très-utile à cette pauvre maison-là ' ; car vous diriez sincèrement et véritablement les choses comme elles se passent, dans la douceur de votre esprit et de votre vocation; car parmi tant de choses

1 Pour l'intelligence de cette lettre et de plusieurs autres analogues qui, lues isolément, pourraient faire supposer de graves abus au monastère de Moulins, il est nécessaire de donner quelques détails. La Mère M. -Angélique de Bignj , Supérieure de ce monastère, après avoir fait un voyage à Annecy, en fit bientôt un autre à Paris pour des causes jugées très-légitimes. Cependant, plusieurs Supérieures de l'Institut, alarmées de ces sorties, ■dressèrent fies réclamations à sainte J.-F. de Chantai. On reprochait en outre à la Mère <l<; Bignj d'être peu soigneuse du bien de sa communauté,

liles, l'on ■ bien peine d'en tirer la vérité. Mais n'\ ayant point apparence que l'on puisse obtenir ce congé, il fanl qoe M. liru h \, mine vos Sœurs, el <piil parle i la Ifère el i toutes les Sœurs pour savoir an vrai les en minie elles >•■ p isseut •.

mais particulièrenient si ce voyage-là s'est (ait avec tontes les circonstances que vous avex vues dans la lettre qne je voue a1 envoyée, car < est là le fond de l'affaire. Pour ce qui est des Sœurs que vous j envoyés, ma Sœur [M.-Marg. ] «le Sainte- Colombe, quoique forl bonne el vertueuse, n'a pas asseï de vue pour ce lieu-là. C'est pourquoi il lui Gsut donner une compagne qui supplée à ce défaut ; et puisque vous voulei que je vous en dise mon sentiment, j'ai pensé que ma Sœur [ÎL-Isabeau] de Ravachot, on plutôt ma Sœur II. -Aimée [Coultin], qui était votre assistante quand non- fûmes à Lyon, i seraient les plus utiles, l< - accompagnant d'une forte recommandation de porter en cette maison-là, par leurs bons exemples, l'édification et bonne odeur de la vertu ; et par le retour de M. Brun nous serons assurées de la vérité de l'affaire.

Quant à ce qne vous penses qu'elle demande vos Sœurs pour pouvoir plus facilement venir à voire monastèn . i est à quoi elle ne pense pas; car elle parle d'aller faire une fondationà \l ii- -i < r (p.c l'on uiYri it de ce v o\ . il

faudra que Mgr d'Autun lui en fasse uni li bonne correction qu'elle répare en quelque façon l<- mauvais exemple que les maisons en onti u que du moins elle puisse lervii l'exemple

.( l'avenir, afin qu'il ne l'en tire point de conséquence. Voilà,

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