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ma très-chère fille, ce que je vous puis dire pour ce coup. Vous savez bien de quel cœur je suis vôtre.
[P. S.] Mille saluts à toutes nos Soeurs. Que Dieu les rende toutes saintes!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visilation d'Annecy.
LETTRE MCCXX (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS
En quoi consiste le comble de la parfaite indifférence. — Eloge du commandeur de Sillery. — Voyage du Père dom Maurice à Annecy. — Projet d'une fondation.
vive f jésus!
Annecy, 13 février 1633.
Il faut que je vous confesse quej'ai hien de la peine de vous savoir entre les mains de ce M. Seming ; mais puisque vous commencez à vous mieux porter, et que c'a été par le sage et charitable conseil de notre très-cher frère le commandeur, je n'ai rien à dire, sinon que de tout mon cœur j'en recommande la bonne issue à la divine Providence; car, ma très-chère fille, votre santé nous est incomparablement plus chère et précieuse que nous ne vous saurions dire. Il me semble vous avoir déjà dit plusieurs fois que je croyais que les affaires de la maison de Troyes avaient beaucoup coopéré à votre maladie; c'est pourquoi je vous prie, ma très-chère fille, de prendre ces affaires-là en esprit de paix et de douceur ; car notre Bienheureux dit que c'est le haut point de la parfaite indifférence de cesser de faire le bien quand Dieu veut que nous cessions. Il lui a plu que vous vous soyez employée pour faire avec beaucoup de peine et de charité tout ce que vous avez pu pour le bien de ces chères âmes, et peut-être se contentc-t-il de votre commencement, et veut que vous vous en retourniez de moitié
chemin ' . Il ne lemUe qu'eu tout, le grand lecrel esl d'attendre avec patience le succès qu'il plail a Dieu nous donner de nos entreprises, el adorer en lonlseï volontés éternelles. Ha Sœor la directrice ru»' «lit que !<• Père do m Maurice \ esl allé; je ne iaii ce que ce bon Père pense d'entreprendre tant de chosi i, i < li.int la nécessité qu'il y i qu'il vienne ici, et de quelle fa< on il ^ est attendu, el que même doua seront toujours en peine jusqu'à ce qu'il \ M>it avec le> procédures d'Orléans et de Paris; mais il n*j i remède, il tint remettre toufl entre les m tins de
Dieu, le le crois BJ bon et -i alleclionné ;m\ affaires 'le notre
Bienheureui que je veui espérer qu'il n'i perdra point de temps, car je ne saurais qu'j faire après lui en avoir tant el
tant de toi» écrit et lait prier par voire entremise.
\n Surplus, ma he>-cliere lille, notre tres-clier et tresdionore
Frère Kl. le commandeur nous lait bien voir la véritable bonté
et vertu qu'il a an tond <ln coair; car, pic lefl lettres, il M
déprend entièrement <le toute a ses pensées sur le lojel d'union,
avec une douceur et bonté admirables. Pour moi, j'en Buil
toujours oii vous m'avei vue, qui esl que je n'j vois rien d'efficace pour remédier an mal qui pourrait nous frapper en notre particulier, par le désordre des monastères ; j'en attends toujours vos sentiments, el j'ai une ferme confiance en Dieu que, tandis que li charité régnera parmi n«»s maisons, ell isisteronl
toojon lialemenfl les nues les autrei en leurs besoins. —
Moui attendons toujours aussi les patroni de votre parement [d'autel] -'t de vn!' lubie, al que vous nom (assies lavoir
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,■ R«-l \ fond ili \eet, qui : pan I p. ■
(mais quand vous vous porterez mieux) si vous pensez qu'il fût bieu de mettre au milieu de la chape et de la croisade de la chasuble, une image de notre Bienheureux Père; car s'il en faut, comme Mgr de Genève le croit, il faudrait que vous nous les fissiez faire à Paris, le mieux qu'il se pourra. Nous vous enverrons la grandeur qu'il y faudra selon la grandeur des pièces esquelles elles devront être posées. Nous attendons encore réponse de vous, et si vous jugez que nous fissions mieux de les acheter à Paris qu'à Milan; vous êtes sur les lieux pour nous bien conseiller en cela. Nos Sœurs de la ville nous ont envoyé le sujet de leur ornement; mais les brodeuses le trouvent un peu confus ; et pour vous dire le vrai, il ne m'a pas agréé non plus; car nous qui ne sommes pas en une ville si pleine de profusion et d'éclat comme Paris, il nous faut quelque chose qui soit vraiment riche, mais avec cela mignard et délicat, et non pas de ces belles choses toutes d'or.
Au surplus, ma chère fille, je vais laisser, entre ma Sœur la Supérieure de la ville et vous, le soin de donner de l'argent au Père dom Maurice pour son voyage : je crois qu'entre vous deux il lui faudra bien vingt écus, plus ou moins selon que vous jugerez, car je ne peux pas savoir cela. Vos deux maisons ont toute part à cette dépense ; mais votre grande charité supporte tout. Dieu nous fasse la grâce de pouvoir fournir à celles qu'il nous faudra soutenir désormais. — Nos Sœurs brodeuses désireraient que les vôtres leur pussent faire une pièce de broderie de faux or, ou une bourse de corporal, en laquelle on puisse voir quelque sujet où elles puissent comprendre comme il faut poser les cannetilles et l'or; mais je vous prie, que ce soit promptement. — L'on nous a dit qu'à cause des gelées, il n'était pas bon de couper maintenant les greffes; mais ce sera l<; plus tôt qu'il se pourra. J'ai donné la charge à ma Sœur Marie-Antoinette de les faire couper et vous les envoyer.
Ma pauvre chère fille, nous vous donnons prou peine; mais
votre hou cœur accepte toul ivec amour, J'ai été bien étaminée jours derniers j »ai- une diarrhée < j n i m'a rend m- li faible que rien plm : je commence à m'en remettre. Ehl mon Dieu vous veuille donner nne enti< re santé, ma vraie fille, ( t !»■ comble de son sainl el pur amour. .1. suis vôtre, autant que je le puii être, de toute l'étendue de mes affections.
[P. S. Ma h.'v chère Bile, Pon m'a dit que Mgr le cardinal t point satisfait de IL V, et qu'il l<- voulait renvoyer; ]<• vous prie que si cria est, vous oe lui fassiei pas <1< >i j n«r ma lettre, « u je ni voudrais pas qu'il en fît gloire. — Voyant les solides raisons que madame la maréchale <!<■ Saint-Géran [désire] aui esprits qu'eDe demande, pour l'établissement qu'elle veut faire en sa terre
Sainte-Marie ', nous nous sommes résolues «le lui donner des Religieuses de céans, et d'y envoyer ma Sœur Mad. -Elisabeth pour Supérieure, qui est une fille qui a de luit bonnes conditions, comme vous sav< i. Le Père recteur de Moulins m'écril qu'elle [madame de Saint-Géran] doit être pour le commencement de ce Carême a Paris : nous lui disons de s'adressera vous pour savoir t<>uv 1rs petits accommodements qu'il laul pour an état lissi ment. \ oui fores cela comme pour vous-même, c esfl vous
tout dur, et m ai ->en l« n»« il t pour les a« I I un mud. im u! - , mai>
encore pour tout cequi esl requis pour la fondation el entretien
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LETTRE MCCXXI
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
SUPERIEURE AU PREMIER MOXASTÈRE DE LYOM
Instante prière de secourir les Sœurs de Grémieux dans leur pauvreté.
vive -j- jésus!
[Aiwecy, 1633.]
Ma vraiment très-chère fille,
Parce que cette lettre est de la charité, je l'écris de ma main et de tout le cœur qui vous aime parfaitement; c'est donc pour vous conjurer, parla charité de notre bon Dieu, de secourir cette pauvre maison de [Crémieux], qui a en soi tant de bonnes âmes. Elles ont commencé avec le conseil de notre Sœur [A. -M. Rosset] qui, avec son peu de prudence aux choses temporelles, a entrepris un bâtiment qu'elles n'ont le moyen d'achever sans le secours charitable de votre cœur, celui de nos Sœurs de [l'Antiquaille] et de cette maison qui est maintenant si fort dans la nécessité, et néanmoins dans une extrême dépense pour les affaires de notre Bienheureux Père, ayant dès huit mois plus de six hommes, qu'il nous est impossible de rien fournir à ces pauvres ûlles devant la Saint Jean, après que les Pères seront partis pour Rome, ce qu'ils ne feront qu'après Pâques, si le Père dom Juste, que nous attendons journellement, vient. Or donc, ma toute chère fille, il faut que votre charité abonde ici, et qu'au plus tôt vous secouriez ces pauvres filles de douze ou quinze cents livres; elles s'en obligeront, si vous voulez. Mais, ma fille, il faudra qu'elles vous en payent l'intérêt, et qu'à la fin vous leur en fassiez la charité tout entière. La bonne Mère de [l'Antiquaille] me dit qu'elle leur voulait faire quelque charité; je la réserve pour ia Saint-Jean, auquel jour elles sont obligées de donner grande somme à leurs entrepreneurs. Maintenant elles sont nécessiteuses de la somme que je vous
A\\i i. 1633. it:;
demande an nom <1<* Dieu, lia très-chère fille, je saii < j u«* voua je ferei de grand cœur : pour moi, je wia résolue de 1rs bien courir. Noa Sœurs s'] soof affectionnées, dont je leur sais Itou gn
Obi qoand je li^ dana ce s linl Apôtre de la cfc irité ce qu'il disait enfants, <|ni avaient lait pari de lenr pauvreté)
leurs pauvres frères, je suis fort encouragée Leurpc dit-il, otwfi abondé es richesse* a\ leur simplicité et confia* « // Dit h . h ayant poini crainte de s'aj pauvrir, t ux déjàpauv) > pour subvenir <i In nécessité de leurs frèrt i . en la deuxième Epitre , chapitre neuvième, nue je voua supplie de lire; non nue j»- ne sois assur e de la généreuse et tout entière charité <!<■ votre Immi cœur, que je sait avoir délice <•( suavité à donner jour la charité, mais pool recevoir accroissement <!»• joie et consolation <'n Nôtre-Seigneur, <jni voui donne moyen de la pratiquer envers m>- pauvres Sœurs. Or, parcequeje ne saia I» ta quand je pourrai écrire à notre Sœur la Supérieure <!•■ [l'Antiquaille], et qu'il sera bon qu'elle soifl avertie à l'avantage, je voua prie que cette lettre vous >oii commune, afin <|u»' ion bon cœur, qui a dès longtemps projeté <!<• i lire quelque charité » cette maison-là, ainsi qu'elle m'a dit, ail !«• temps de
:•• ion .mi iv pour la Saint-Jean. Or, ]<• vous <Ii-, avec !«• grand Apôtre, < i «i « • Dieuesi puissant, pour foin abonder sur
tOUtet grâces, afin qu'ayant toujours sulli>auee en toutes
cli huit» s in toutes bonnes Œuvres* Unsi
que dit |i'|l>;ilun^l< Il <lt jHiit et dtnim OUXpOUVt
justict demeun éternellement, Mais, mes très chères filles, le divin Sauveur, mourant pour li cli.niir îles hommes, comble
n>« .uiii-v des s,i,-n - m< nt( s et trrsor.s <l. *.i v.iiulc IVission.
Oi pardonnes, je vous prie, mon importunitc- rnn|>ui-> m< <•
di tout lain* r[ l< > : 1 1 ri i r |»mw»-> ti lit - me contraint. La
charité me pn . Donobstanl nos Irès-grandes char;
et pauvn les aid< r de ploi grau le pomme que je ne voui
ITi LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
demande, et de les décharger, si nous pouvons, de quelques filles. Je vous assure, mes très-chères Sœurs, ceci soit dit simplement, que nous n'avons pas du revenu pour l'entretien de cette maison, et néanmoins nous avons donné à nos maisons sept ou huit mille francs, desquels nous n'espérons d'être remboursées que de deux cents écus. Nous n'avons reçu que deux filles céans qui aient apporté mille écus chacune, et cependant la divine Sagesse nous a toujours si bien pourvues que l'on ne refuse aucune chose de ce que l'on nous demande. C'est la bénédiction de Dieu qui fait tout. Votre, etc.
LETTRE MCCXXII
A LA MEME
Même sujet. — Zèle de la Sainte à maintenir l'esprit de simplicité et de pauvreté
religieuse.
vive f jésus!