M.\ TRÈS-CHÈRE PILLE
\ (m lettres ne fonl gp tnde compassion pour voua voir parmi tant de souffrances j mais je ne vois pas poortaot qu'il M>it expédienl de voua tirer encore de celle maison, la Ifère étant telle, crainte que par votre absence, il n1^ arrive do maL \\n< je crois, ma très-chère Elle, qu'il esl très-nécessaire que mus pratiqniei Gdèlemenl cel attrait que vous me dites en votre dernière lettre, que vous souhaite! de vivre dans on pro t < » r 1 1 1 rabaissement, pour imiter plus parfaitement le divin Sauveur, <|ui ie soomil non-seulement à son Père, mail encore à mis <t i las créatures, lesquels ne lui firent pas de boni traitement! , mais, comme vous Baves, lui causèrent une infinité de mépris, d'opprobres et de souffrances, qu'il supporta sans jamais i en plaindra. Si doue vousavei le courage, m i très-chère fille, de souffrir tout ce qui se présentera » vous, en esprit d'humilité, de douceur, de patience et «le silence, je crois véritablement que cous rendre/ votre aine toute sainte p u et il.- voie, que vous fores du service trèi ible .» la divine Uajesli
de grande utilité à l'Institut et .i votre maison particulièrement
• !<• ne ininlr.ii.s |» .- piemlre;;.irile .i ers prlil. s elioses <|ue VOUS me marqua : que la Mère ne lave pas la vaisselle, et qu'elle ne balaye pal le lui dirais bien une fois en passant avec humilité j m lis quand nm> remarquerez les choses importantes, dites-
Im avec esprit de douceui et d'amour, et lâches de gagner son
cœur ; car si une fois vous le possédez, vous en ferez tout ce nue vous voudrez, et il ûiut que vous fassiez tout ce qui vous sera possible pour cela, ma très-chère fille; et non-seulement pour gagner son cœur à elle, mais encore celui de toutes les Sœurs, afin que si Dieu vous donne assez de vie, vous puissiez après son triennal remettre celte maison-là en bon état.
Oh! ma très-chère fille, il faut que de ma main, comme de tout mon cœur, je vous conjure de faire tout ce qui vous sera possible pour apaiser ce mal. Voyez-vous, ma fille bien-aimée, je crains que vos Sœurs anciennes ne veuillent faire les contrôleuses : je \ecolligc de leurs lettres, et que l'humilité et respect leur manquent envers la Mère. Certes, quand une Sœur, quelle qu'elle soit, est dans la charge de Supérieure, il lui faut rendre les mêmes devoirs et sujétions que nous faisions à la précédente ; autrement nous faisons voir que nous n'avons point de vertu et que nous ne regardons pas Dieu en la créature, comme nous le devons faire. Bref, il faut honorer et obéir aux Supérieures tandis qu'elles portent la charge; et ne l'ayant plus, il nous les faut chérir comme Sœurs et nous tenir les plus humbles que nous pourrons, sans nous mêler de rien que le moins qu'il se pourra; que s'il est requis de faire quelque avertissement, ce soit avec tant de respect et charité qu'il ne gâte rien. Et enfin, comme nous voulions que l'on traitât envers nous, étant en charge, il faut faire le même à celles qui la portent.
Je vous assure, ma très-chère fille, que j'ai tant de douleur, quand je sais que les Mères élues et les Sœurs déposées ne s'accordent pas, que rien ne me saurait plus fâcher; car je vois clair comme le jour que cela ne procède que de défaut d'humilité, et que ce malheur apportera la ruine de la paix, de l'observance, et de la bonne estime des maisons où il sera. Dieu y mette sa bonne main. Croyez que si je vis par delà mon triennal, que je me résous de me tenir si basse et si ignorante des affaires de la maison que je ne donnerai ombrage à personne. Si je voyais
INNI B 1638.
qaelqoc mal, <>h î certes, je le dirais avec toute dooeeor el humilité, el puis m'en tairais si l'on n'j mettait ordre, jusqu'à la visite que je !<■ représenterais simplement ao Supérieur, sans l'agrandir ni l'exagérer. Pour conclusion, ma très-chère fille, faites tout ce que Dieu vous suggérera pour le bien de cette maison «■( pour sa |>;u\. La charité accommode tout récria une bonne lettre) la Supérieure. Recevei ce que je voua dis, comme pariant d'un cœur qui no désire «pu- le bien, et qni esl tool vôtre.
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LETTRE UCCLXX
S M \I> 1MB I. \ Dl CHESSE DE U<>\ i UORENC1
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Que dirai-je a votre bonté, sinon que tous les jour- plus, ce me semble, je me sens intimement portée à révérer <•! chérir < le qae Dieu a mis en vous, < I i vooi ioohaiter toute fondue <l m^ ■ou divin amour? Car, puisque la souveraine Providence vous a avantagée d'un naturel el d'une disposition li capables d'aimer, al a retiré •» v<" lei objets < | > > î vous occupaient, poor mus attirer toute à Lui, oh Dieu I ma très-chère Madame, .unir/, aimes inceslamment, fortement el lendremenl Celui qui ne peut jamais unie. \nhr rnMir est fait poor cela, Madame, et je lopplie Celui «pu l'a créé poor une fia si « icellente, de le p<> jusqu i l'extrémité de sou plus saint el peu amour, auquel je suis de cour el pai mille devoirs, Madame, votre très-humble, ti t i obli anle i n Voti S tu ui
LETTRE MCCLXXI (Inédite)
A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE TARIS
Quel travail permis les jours de dimanche et de fête. — Dans quel cas la Supérieure peut dispenser du jeune. — Regrets de la mort de Sœur A. L. de Verdelot. — Projet de fonder un second monastère à Annecy.
[Annecy], 24 octobre [1633].
Ma très-chère fille,
Votre bonne Sœur est bien heureuse, puisqu'elle a vécu et est morte si saintement et vertueusement que nous avons tout sujet d'espérer en la bonté et miséricorde de Dieu qu'elle est allée jouir de Lui. J'ai fait une communion pour elle, me semblant que je lui devais cela, tant pour sa vertu particulière qu'encore à votre considération. Je le crois bien, ma chère fille, que votre bon cœur a vivement ressenti la séparation de cette bonne Sœur; mais je crois aussi que c'a toujours été dans son amoureuse soumission à la volonté de Dieu, qui fait et ordonne tout pour notre mieux.
Quant à vos demandes, ma très-chère fille, si l'on ne continue pas à faire des petites besognes les fêtes et dimanches, comme de plier des linges et couper des bouquets pour l'autel, et remettre à balayer quelque office, je vous dirai que c'est chose qui ne s'est jamais pratiquée céans. Pas pour en faire coutume, on peut plier une serviette pour l'autel, si l'on en a besoin sur-le-champ, et qu'on n'ait su prévoir cela dès le samedi ou veille de la fête, et de même balayer les offices nécessaires, comme le réfectoire, la chambre de l'assemblée. Mais de remettre à balayer les autres offices et plier du linge, pour employer le temps le samedi à d'autres choses, il se faut bien garder de le faire, car cela ne serait pas bien. Et pour ce qui est des autres ouvrages dont il faut avoir permission pour
ANNÉE I6S& ^ travailler le> Gilet, il me Semble que JC le dû èi Répou
Quant a ce que von- ditei aussi, si li Supérieure n'a pas le pouvoir (!<■ dispenser ses Sœurs des jeunes d< l'Eglise, je vous dis que non, ma chère fille, si ce n'esl en csj de nécessité pn sente el pressante : comme si nne Sœur avait un secèi de lièvre un jour déjeune on qu'elle rejetai son dîner et semblabl* sions, il n'^ a point <lr doute qu'elle en penl dispenser; notre Bienheureux Père ne «lit-il pas dans un Entretien que pour nne vraie nécessité les Supérieures peuvent dispenser «le quelques-uns des commandements <le l'Eglis ? Mais si une Sœur, pu exemple, ne peut jeûner le Carême on les vigiles pour un ordinaire, il tant que cela se I isse par l'ai i- du médecin,
et que la Supérieure sache de lui SI en vérité la So'iir ne peut porter le jeune. Il Tant encore, outre cela, que la So-nr en
parle -i son confesseur, parce (pie les Supérieures ne se doivent i des péchés ^\*^ antres; et la Réglé ne dit-elle pas tout clair qu'il faut que ces choses-là se fassent par l'avis des médecins .' — ■ lu surplus, pour ce que vous demandes, si la Supérieure ne peut pas laire ronlesser les SoBUTS à quelque conles-
seui qu'elle jugera a propos, lorsque le confesseur ordinaire
6Sl malade ou aloenl, SSHS en parler au l'ère Spirituel, qui en
doute, uia chère fille, que cela ne se puisse efl doive taire } Gardons bien notre sainte liberté, et ne prenons pas des sujétions
IlOSeS OU nous ne les deVOOS pas prendre, autrement m m v
m nous « n trouverions pas bien.
Il faut maintenant qUC jfl VOUS dise, ma très « liere t i 1 1 « * ,
i vivement re^ruti la perte qu'a faite VOtN iii.iimih
le trépas de aotre bonne Sœur Inné-Louise [de Ifordelot], parce que aon seulemenl votre maison, mais encore t<»ut l lu
vtitut, a perdu eu e. Ile elwre défunte une Su-ur qui en avait l< Vrai esprit, ('t de laqnel le la conduite vùi vie ;;i and. nient utile a
1 1 cooserfatiosL Hais enfin c'est Dieu qui a lait ce coup: i
pourquoi nous n'avons qu a adorer humblement sa sainte
volonté en lui soumettant les nôtres. Celte chère âme était un fruit mûr, et partant Noire-Seigneur l'a cueillie pour la loger, comme je crois, en son saint paradis. — Je vous prie, ma trèschère fille, de faire saluer M. et madame de Coulanges de ma part. Ce marchand nous a si fort surprises qu'il ne me donne le loisir de leur écrire; mais je vous prie nous mander un peu de leurs nouvelles et de celles de Mgr de Bourges, lequel je crois être à Ferrières, et partant je ne lui écris pas pour ce coup, n'en ayant aussi le loisir.
Au surplus, ma très-chère fille, je pense que je ne vous ai pas encore dit comme nous sommes ici dans le dessein de faire une seconde maison, pour avoir le moyen de loger quantité de très-bonnes filles- que nous ne pouvons recevoir faute de place; mais cela, nous l'entreprenons sur la Providence et confiance en Dieu, qui est bien le meilleur et plus solide fondement qu'on saurait avoir. Mais il faut pourtant qu'avec toute confiance je vous dise que nous avons seulement cent florins dans notre layette, pour l'achat des places et du surplus qu'il nous faut pour cela; et en parlant au bon Père dom Maurice, il nous a dit que vous et ma Sœur la Supérieure du faubourg pourriez bien nous faire avoir une couple de filles, entre vous deux, qui auraient quelque bonne dot, comme deux mille écus chacune, pour nous envoyer; ce qui certes nous viendrait bien à point pour nous aider en ce commencement. Et partant, si vous nous pouvez procurer celte charité, vous nous obligerez fort, pourvu que les filles soient bonnes, car autrement nous n'en voudrions point; et qu'il n'y en ait que deux, parce que cette seconde maison est pour loger les filles de ce pays. — Au surplus, le Père dom Maurice nous a dit merveilles de votre maison, et que vous avez de fort braves filles : certes, c'est là la plus chère consolation que je puisse recevoir; et ce m'en est une particulière de voir la bonté et confiance que votre cher cœur continue au mien. Certes, vous avez sujet de vous tenir très-humble
awi.i: 1633. Wl
inl Diea pour lei assisl inces el grftcei que u doue»* miséricorde vous (ait, «'t pour totre particulier el pour le général, le le supplie de voua le* continuer el « 1 < * répandre sur roui tontei u"- Sœuri l'abondance de son - uni amour, .l<" roui mine toutes <!<■ t<»m mon cœur el la chère icenr madame de I ill»'iit'inc. le mil vôn ■«• mm réserve.
[/'. S.] Le l'on- (loin lianrice ayant ool votre Office, l'a Ironie fort bien ; mais il m'a «lit que nos So'urs de la ville l«' disenl sur un ton eitrémemenl hanl el celles <lu faubourg fort bas cjui m'a (ail résoudre de roua prier les une* et les antres de voni modérer, el que cellei qni le «1 i^tn t trop hanl le rabaissent, el celles qni disenl hop bai le rehaussent aussi.
orme .1 premier nonettèrs <!•■ Ii Viftileiioa de
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LETTRE UCCLXXI1
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