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DUC DE SAVOIE, A TURIN

La Sainte demande au prince sa royale protection pour l'établissement de deux

monastères en Piémont.

vivk -{• JÉSUS !

[Annecy, 1634.]

Monseigneur ,

Quand nous eûmes l'honneur et bonheur incomparable de voir on personne Votre Altesse Royale, ce fut avec tant de suavité et favorable témoignage de sa bienveillance à la mémoire de noire Bienheureux Fondateur et de sa petite Congrégation, qo'elle nous imprima une entière confiance en votre bonté. En

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suite «le quoi, Monseigneur, nom avons prié ce bon Père va a Rome pour la canonisation de notre Bienheureui Père, de prendre loi commandements de Ivoire lltesse, el loi proposer simplement <]u»'l<|wr occasion qui se présente pour l'établît ment de dos Sœurs «'ii deui villes « I * - ses Biais '. Elle en ordonnera ce que sa grande sagesse Ini dictera pour le mieni <lu scrv ice de Dieu et le sien; a quoi nous nous sonmettrons avec une profonde référence el amour de sa volonté, et avec égale satisfaction et désir de Ini être à jamais très-humblement obéissantes, suppli.-mt notre grand Dieu de vouloir multiplier les jours de I otre fUtesse Royale, el Is combler «les plus riches bénédictions de -on amour. Ce -mit les continuels souhails, Ifonseigneur,

de celle (|in révère ,u<e un mluii respect Votre Altesse Morale

et lui est de cœur, Ifonseigneur, votre très- humble, très-obéissante et très-obligée oratrice el servante eu Notre-Seigneor.

LETTRE HCCCLIH

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Votre lettre a bien louché mon essor, car il nYsi pas • royable

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iinour incOUi parai) le tous les s«*iitiiiiiants «lu lôlre. O ma tille, que V - SOi - de Dieu sur vous s., ni adorables! Il stl irai qu'elles soril pêiiiMe* » I i u ilun , :n lis Rire que vmjs |ei

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expérimenterez plus douces que le miel dans le fond de voire esprit. Que vous faites bien de tenir vos yeux arrêtés sur cette immense bonté de Dieu! Il vous tirera de celte fournaise, pure comme l'or sort du creuset. C'est enfin la grande richesse de l'âme que de beaucoup souffrir avec paix et amour. Si j'étais ce que je devrais être, je ne voudrais d'autre bonheur.

Vous êtes toujours dans vos maladies, loué soit Dieu! El certes, je vous puis assurer, ma vraie fille, que ce n'était pas l'intention de Mgr de Genève que l'on exposât en façon quelconaue votre santé, qui lui est certes précieuse. Je crois qu'il ne faudra plus parler de ce départ que quand la saison propre sera venue, qu'il se pourra faire insensiblement et sans bruit.

Je crois que Dieu a conduit tout ceci, et a permis ces empêchements pour accomplir ses desseins et la volonté de notre Bienheureux Père \ Enfin il faut partir de Paris, et retourner de deçà avec l'honneur et bienséance convenables à une fille telle qu'il plaît à Dieu que vous soyez. J'espère que tout réussira à sa gloire et à votre consolation; la souveraine Providence vous conduira où elle vous a destinée. Mon unique fille, je vous conjure de récréer votre cœur. Assurez-vous de mon âme comme de la vôtre propre; car je vous dis, en la présence de Dieu et des Anges, que je suis autant vôtre qu'à moi-même, et que l'amour que Dieu me fait sentir pour vous est incomparable, fidèle, tendrement maternel et plus que tout cela. Je ne voudrais pas épargner ma propre vie pour votre repos et consolation. Dieu sait que je dis vrai, et que je suis votre, etc.

1 Saint François de Sales avait manifesté le désir d'employer la Mère M. J. Eure au gouvernement du monastère de Chambéry, qui n'existaif onroro qu'en projet lors de la mort du Bienheureux Evoque.

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i m t.mt d«' ( mil mc6 en l.i bonté de votre cœor que je ci qu'il recevra >le ce billet, quoique tardif. Or il esl frai,

m i Irèt-chère fille, notre bien-aimée Sœur | Favre] est une i vivante, el je suis consolée <lu bonheur qui vous esl échu de lister en ses maladi en telles occasions la véritable

vertu se témoigne; : ioi1 à Dieu qui la lui ■ donnée pure

Vous trouve/, me dites-vous, ma BDo, cette infinie Bonté si intimemenl dans votre .'une qae von- ne vous \ trouve/ <jne poinl <>!i' quebénies soient éternellement ses divines ricordesl voilà deui grandes grâces. Sentir Dieu en soi si intimemenl el efficacement que l'on ne se voie pin- soi-même, t avoir al lime cette gouttelette de no lie être dans l'Océan de divin. Ohl que bienheureuses sont les âmes qui se sont i luei en Dieu, car en vérité elles peuvent dire avec lent saint Paul : /< vis, non plus m>>i . m ■ .1 < Hais, dites vous , ma fille , ce n'est que le i

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esprit qui tende à cette intime union et qui y soit arrêté; il faut que vous vous fassiez violence pour faire tendre les autres puissances. Ne vous étonnez pas de cela, car elles ne sont pas capables de cette si simple et intime union : Dieu les accoisera quand il sera expédient. Les passions émues et non voulues ni suivies nous servent d'exercice de vertu. Votre amour pour le prochain est pur, puisqu'il est tout en Dieu et pour Dieu : laissez-vous employer par l'obéissance selon qu'il lui plaira. Dieu demande de vous une absolue dépendance de sa volonté et une pure pureté; pour cela il faut anéantir tout ce qui n'est point Dieu.

Je suis consolée de voir que vos affections de savoir se tiennent dans l'enclos de l'Institut : tout y est, ma très-chère fille, je dis tous les plus excellents moyens de la très-haute perfection. Dieu nous fasse la grâce de ne les chercher ailleurs, et remplisse votre chère âme de son saint et pur amour, auquel je suis tout à fait vôtre de tout mon cœur.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCCGLV

A LA MÈRE LOUISE-DOROTHÉE DE MARIGW

SUPÉRIEURE A MONTPELLIER

Échange de présents. — Difficultés que rencontre la fondation du Pont-Saint-Esprit.

Prendre conseil de Mgr de Montpellier au sujet d'une dame bienfaitrice. —

Bonh< ur de l'âme qui est en tout dépendante de Dieu.

VIVE -J- JÉSUS

[Annecy], 1(5 novembre 1634.

Ma très-chère fille, J'ai été bien aise de savoir de vos nouvelles, el partieulièrele ce lie cette pauvre âme qui vous a tant causé d'affliction , n'a point eu de mai au sortir de votre maison, et quelle est maintenant en lieu d'assurance. Mgr votre digne prélat a eu

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