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ASSISTANTE COMMISE A BELLE Y

t'scr de prudence et de patience envers les âmes encore imparfaites.

VIVE J JÉSUS

[Annecy, 1627.]

Ma très-chère fille,

Persévérez à dissimuler ces petites tricheries de filles : allez voire grand train, ainsi que je vous ai mandé, et vous verrez que Dieu vous bénira. Gardez-[vous] de mettre dehors de la maison les imperfections du dedans que le moins que vous pourrez. Laissez encore un peu écrire ces filles sans voir les lettres; je ferai bien retrancher tout cela, mais patience. Ecrivez à ma Sœur [M. -Marg. -Michel] Supérieure de Dijon, qu'elle tache par ses réponses de les détacher un peu fortement d'elle et les unisse à vous et à leur devoir. Ayez cordialité avec ces bonnes filles qui enseignent les filles, et les servez en ce que vous pourrez. Soyez suave et cordiale au parloir, mais fort modeste et tranquille. — Xous avons besoin que le bon Frère Michel nous aide à trouver des fermiers ; ma Sœur vous en écrit.

Honsoir, ma très-chère fille; je suis toute vôtre en Nolrcv igneur. Qu'il soit béni.

Conforme à t original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCLXVI {Inédite)

A MONSIEUR L'AVOCAT PIOTO.Y

Le transfert de la communauté d'Evitn ù Tlionon est résolu. — La Sainte con-ent à rappeler à Annecy la Sœur de Fcuge.

un: y jksus!

[Annecy], 21 février [1627].

11 faut Lien, mon cher frère, que le bon M. le prieur ne m'entendît pas bien ; il est vrai que peut-être c'est moi qui ne me suis pas bien donnée à entendre; car je me souviens que, comme il me disait tant de raisons pour arrêter nos Sœurs à Kvian, je ne lui parlai plus si clairement; mais Mgr est tout résolu de les transmarcher [transférer] à Tlionon. Toutefois, il le faut faire le plus doucement et insensiblement qu'il se pourra. Je crains que M. Iîrolfy ne se tienne trop ferme. Je vous dis qu'il se faut donner garde de ne pas acheter si cher, espérant que la maison de céans fournira beaucoup; car cela ne se peut, étant grandement chargée de filles et d'affaires. Noos laissons le tout à la sage conduite de voire charité « l prudence.

Ma Sœur la Supérieure d'Evian désire que nous retirions notre Sœur de Feuge ' ; nous le ferons de bon cœur pour la

décharger. J'en écris un mot à madame de Charmoisy, qui la pourra ramener. -le unis dis franchement que je crains un peu le mécontentement des parents, néanmoins soit l'ait ce qu'elle

trouvera bon,

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Bonjour, mon très-cher frère. Dieu vous comble de Lui* même.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCLXVII

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE A LYOX

Charité envers les malades. — Eloge de la Mère Favre. — Affaires d'intérêts. —

Embarras de la communauté de Paray. — Difficultés de M. le prieur de

lilonay.

VIVE -J- JÉSUS

[Annecy], 4 mars [1627].

Vraiment, ma très-chère fille, si, suis-je bien touchée

jusqu'au vif du mal de cette très-chère fille; mais, mon Dieu,

qui eut jamais moins d'apparence de ce mal qu'elle n'en avait

quand nous passâmes vers vous. Oh ! j'espère en la bonté de

\otre-Seigneur que nous aurons plus de peur que de mal,

puisqu'elle est prise de bonne heure; toutefois, sa très-sainte

volonté soit faite ! car je m'assure que de quelque côté qu'elle

s'accomplisse, ce sera pour sa plus grande gloire et notre mieux

à toutes. Je pense que passé la première purgation, laquelle

doit êlre douce et suffisante pour décharger le corps de celte

chère âme des humeurs superflues, il ne faut pas l'accabler de

remèdes; néanmoins, représentant aux médecins ce que l'on

•int de tant de médecines, il faut enfin leur obéir; mais je

fil toutefois que les saignées et la multitude des médecines la

t i son mal tend à l'étisie. Je serais bien aise de savoir

an vrai son mal, comme il est venu, comme il est maintenant,

.1 lei ordonnances des médecins; car nous avons ici un grand

médecin el an gardien des Capucins qui l'était autrefois, et

que l'on estime grandement pour cela. Retranchez-lui le parler

toul i Fait, autant qu'il se pourra, et les faites bien nourrir et

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l'une et l'autre. Je ne puis rien dire davantage que je ne sache leur mal; mais nous faisons bien prier pour elles, et je n'ai garde de les oublier : certes, elles me sont chères ; mais surtout m'est précieuse notre pauvre directrice. Ayez amour spécial à la divine volonté en cette affliction ; elle fera tout bien pour nous. Si elle vous oie ces chères âmes, elle vous pourvoira d'ailleurs, car enfin sa Bonté a plus d'intérêt à nos maisons que nous-mêmes.

Je vous ai écrit amplement, il y a environ trois semaines ou un mois, et vous envoyai, ce me semble, plusieurs lettres, même une pour Mgr de Bourges. Depuis, je vous ai écrit un billet. Dieu veuille que vous receviez le tout! — Notre bon archevêque viendra incontinent après Pâques; nous attendons cette semaine le Révérend Père dom Juste. Celle affaire de noire Bienheureux Père nous arrêtera ici jusques environ la tin de mai; incontinent que je pourrai, nous partirons, Dieu aidant. — Xolre Sœur Faire, avec six aulres très-bonnes Sœurs, mais je dis des Sœurs de fondation, partiront le 11° de ce mois pour Bourg. Au reste, ma vraie fille, en ces trois mois que nous avons ici gardé notre grande Sœur Faire, nous avons toutes

reçu une merveilleuse édification de son humilité, obéissante

et douceur; c'est une àme fort pure, dépendante de Dieu, fort détachée et indifférente; enfin elle a un très-bon intérieur et Une Vraie affection à l'Institut; bref, c'est une bonne àme. Elle

a demeuré ici avec un contentement et tranquillité grande, i t

n'en voudrait jamais sortir si c'était le bon plaisir de Dieu. Notre Sœur Supérieure de céans est toute ravie de la voir comme elle esli

\(»u< VOUI envoyons tout ce qu'il faut pour madame Dalos,

ce sera «'laiite, si elle doua paye. Vous gardera ce que vous en recevra i avec les deux cents écus «lu compte, «lent l'on vous envoya l'autre jour l'obligation, et les quatorze cenl cinquante 1 1 v i es que vous avei déjà; l< i<>ut esl pool l< affaires de n

Bienheureux Père. — Ma fille, il m'est tout plein venu en la pensée que vous devezsouvent écrire à notre SœurPassistante de Paray, qu'elle se tienne très-humble et rabaissée, parce que y ayant si peu de temps de sa conversion à Dieu, elle ne peut pas être encore si bien fondée ou consolidée en cette tant nécessaire vertu, qu'elle ne soit tentée, surtout étant en charge un peu relevée. Voilà [ce] que je pense vous devoir dire, ma très-chère fille. Je crains que la précédente assistante ne donne bien de l'exercice à cette nouvelle maison ; mais la douceur et l'égalité de la Supérieure pourront accommoder cela, avec vos lettres. Notre Sœur [Saulion] Supérieure m'écrit que, selon qu'elle voit le lieu de Paray, elles auront grand'peine à y demeurer et à y vivre selon l'Institut; « car, dit-elle, ni pour le spirituel, ni pour le temporel, nous n'y avons point d'assistance ; nous avons peine d'y vivre, et ne trouvons pas de quoi, avec notre argent» . Ce sont mêmes paroles, à quoi je réponds ce que vous verrez. Ci ries, ma fille, c'est pitié de mettre des filles en tels lieux ! On a résolu, pour les mêmes raisons qu'elle écrit, de transmarcher [iransférer] nos Sœurs d'Évian à Thonon, car elles ne sont point là bien en repos. A Thonon, il y a force ecclésiastiques, médecins, apothicaires, et force noblesse qui rendent le lieu plus illustre, et mieux fourni des choses nécessaires à l'eni: etien de celte vie.

Le bon IL le prieur [de Blonay] est bien marri ; mais que i lire 1 i ! Aussi ne pensé-je pas qu'il y demeure curé; car il y a une si extrême antipathie entre lui et ceux de la ville, qu'il est impossible qu'il puisse faire profil les uns des autres; ce qui • il fort I l'intérêt des âmes, et à la joie de ceux de Genève qui (réquentenl là [Evian]. Mgr de Genève a fait ce qu'il a pu et moi aussi, pour lui persuader de remettre celle cure à quelque hou ecclésiastique. Il n'y a moyen de le vaincre; il veut bien quitta i li résidence, mais non pas la cure, c'est chose incompatible; cela lient en peine toute la ville et surtout Mgr de

Genève. On a crainte que ce qu'il ne veut pas faire par douceur, on ne le fasse faire par l'autorité du prince. Mgr Pévêque a voulu que je vous en écrivisse, ce qui me fàelie ; mais c'est qu'il désire que vous écriviez à. M. le prieur pour le persuader. Certes, ce serait la gloire de Dieu et son propre bien; mais il est préoccupé de son opinion, et veut que Dieu lui fasse voir sa volonté, dit-il, pour cela; mais il faudrait que ce fut par révélation, autrement il ne la veut pas connaître. Je lui en ai dit et écrit tout ce que j'ai pu, mais en vain ; c'est le meilleur homme et qui a de très-bonnes intentions ; s'il croyait conseil et qu'il ne fût pas si attaché [à son opinion], il serait saint. — Je salue votre chère àme qui m'est précieuse plus que je ne saurais dire. Ayez soin de vous bien porter, et me faites savoir des nouvelles de ces chères malades que je salue toutes à part très-chèrement, et toutes les autres. Je ne puis écrire à la petite, je la salue.

\P. S.\ J'avais écrit jusqu'ici, ma vraie très-chère fille, quand j'ai reçu la vôtre dernière, qui est tout maintenant. Je bénis Dieu du bon espoir que vous nous donnez des pauvres malades il les faut bien traiter et faire reposer et récréer, et que surtout elles ne parlent guère. Pour vous, ma fille, obligez-moi, j< vous eu conjure, d'entretenir votre santé. Prenez le malin une noii confite, et le soir !<■ plus souvent qu'il se pourra. — Dieu fera réussir l'affaire de la double maison ' quand il lui plaira. Dans huit jours j'écrirai à Ifgrde Bourges qui ne viendra qu'après Pâques, sinon que Dieu m'en donne le loisir à ce coup.

.le vous prie, recommandez-moi à \otre-Sci;;neur. .Nous n'oublions point les elnres niahe!

Utrmt a I >•! igioal

1 r.'oi-.'i-dnv «l'un deuxième mon asti • d \ liUlion i Lyon.

LETTRE DCCLXVIII

\ LA SOEUR FRANÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE

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