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SUPÉRIEURE A PONT-.Î-MOUSSON

Ne pas s'établir dans les grandes villes sans avoir des ressources assurées. — A quelles conditions on peut accepter la conduite des Repenties.

vive \ JÉSUS !

[Annecy, 1629.]

Ma très-chère fille,

Je loue Dieu de ce qu'il manifesie tous les jours plus sa gloire par l'intercession de noire Bienheureux Père. Je vous prie, ma fille, informez-vous fort particulièrement comme tout s'est passé en celte guérison du flux de sang de madame la princesse, et me l'écrivez, afin que nous voyions s'il sera requis d'en prendre une attestation qui serait fort avantageuse, à

1 Sœur Paule- Jéronyme Favrot, reçue à Annecy par saint François de Sales, put toute sa vie, avec le grand Apôtre, se glorifier en la croix de Jésus-Christ. Son courage, son joyeux abandon, furent toujours à la hauteur de l'épreuve, et dans les circonstances les plus douloureuses, elle n'eut jamais au cœur et sur les lèvres que ces sublimes paroles : « Cette vie n'est aimable que parce qu'on y peut souffrir pour Dieu. » Obligée de partir avec les fondatrices de Dijon le jour même de sa profession, elle préluda ainsi aux sacrifices de tout genre dont chacun de ses instants devait être marqué C'est à l'ombre de la croix qu'elle établit, en 1626, le monastère de Pont-à-Mousson, et travailla, en 1632, à la réforme des Filles repenties de Nancy; mais c'est sur la croix même qu'elle fonda dans cette ville une maison de la Visitation qui, par suite des guerres de Lorraine, se vit réduite l'espace de huit ans à la plus extrême pauvreté. L'exemple et la parole de la Mère Paule-Jéronyme soutinrent le courage de la petite communauté pendant cette longue tribulation, et inspirèrent les plus héroïque! vertus. Amplement dédommagée de la privation de (ouïes les l boseï de la terre, par l'abondance des faveurs célestes, elle vit la plupart de iei Bllei gratifiées comme elle d'un don de contemplation très-élevé. Le 3 mai L 672, celle ûdèle épouse de Jésus crucifié alla parliciper au triomphe de l*Êpoui divin, dont elle avait ici-bas partagé les ignominies et les douleurs.

(Année Sainte, Ve volume.)

cause de la qualité el dignité de la personne J sois bien consolée de ce que madame la princesse de Phalsbonrg continai vous affectionner : c'est une bonne, vertueuse <-t aimable prinlc n rai bien aise que nous soyons à \ il <\. |j elle - il notre Fondatrice; car d'aller sans bons fondements dam grandes villes où tout est si cher, il n'esl pas à propos, « I c'esl mettre les familles religieuses < a l'occasion de beaucoup pâtir.

Je vous dis d( rechef que vous secondiei les saintes intentions de Ifgr votre digne prélat touchant la 1 1 formation des Repenti* r Voici la pensée que Dieu m'a donriée mr ce sujet : c'esl que premièrement il faut que vous sachiei la disposition de âmes-là, et les conditions avec lesquelles ou veut que vous \ alliei ; si vous i lerei en pleine el absolue autorité sur I<i spirituel et le temporel, ainsi que dos Sœurs de Paris. Je dis sur le spirituel, quant a la direction pour les exercices il»' religion et de pi< t ; pour la confession el les péchés, cela doil être

entièrement laissé su jugement du confesseur, singulièrement en cea pauvres chères Imes qui ont m illc choses à dire, lesquelles, grâce a Dieu, nos bonnes filles n'entendent pas. h< mandes bien la lumière de Dieu pour cette affaire, j<" vous i d conjure, ma fille, el de prier pour cell< <1«' la béatification de notre Bienheureui Père, a laquelle <>i> va travailler à bon • ut. Les dépenseï qu'il noua faudra Caire pour cela nous ruineraient, il hou, auquel nous avons jeté toute notre confiance, ne nous assis! ait. J'espère que h Providence nous fouri s qui noui v« ri i i «• jusqu'au bout. J'ai telle-

menl k «oui Cette Sainte (L'iiin*, qu il me semble que je me Vendrais moi-même s'il étail nquis, aliu île voir noire I î i«n -

beureui Pi i c l>e«ïhlie il ;;loi u m -on no priea-le

pour mol \ <»ii e, etc.

LETTRE CMLXXIX

A MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

Hommage de respect et de reconnaissance.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy, 1630.]

Madame,

Puisqu'il a plu à la divine Bonté avoir pitié de son pauvre peuple en délivrant cette ville du mal contagieux [de la peste], j'ai pensé que Votre Grandeur aurait agréable que nous lui donnassions cette bonne nouvelle, avec la reconfirmation de notre très-humble obéissance et du souvenir que nous avons des obligations très-grandes que votre bonté, Madame, s'est acquises sur nous par ses libéralités, charité et bienveillance toute maternelle ; ce qui nous fait désirer incessamment l'honneur incomparable de sa digne présence, afin que, puisque notre petitesse nous ôle tout moyen de servir Votre Grandeur, au moins nous puissions lui faire voir nos cœurs parfaitement soumis à ses volontés, et pleins d'un amour et révérence toute filiale, qui incessamment offrent leurs vœux et prières à la souveraine Majesté de notre bon Dieu, à ce qu'il lui plaise faire abonder les plus riches trésors de sa grâce sur tout ce que Votre Grandeur chérit le plus, à laquelle ayant fait très-humble révérence, je demeure d'une affection pleine d'honneuret d'amour, Madame,

voire très-humble, très-obéissante et très-obligée servante.

Conforme à l'original garde- aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMLXXX hédiU

I i. \ uï:m: in. i i ai:- IN6ÉLIQ1 i: Mil 11.1.11:1:

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R( t Indre If nombre dm penonaei qui accomp.r'ru'nt la pr le Coati

> MM ((itrres au monasUre.

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. . . .le vous ai répondu pour C€ qoi est de madame la princesse de Conti1. .lavais compris qu'elle voulait entrer BaDfl heurter ; mais puisque les serrures sont en dedans et les clefa

entre les mains de la Mère, je ne vois point de difficulté à cela ;

néanmoins je m'en remets à ceni qui ont meilleur jagemenl qae moi ; car pour moi, j<' n'j en trouve point du tout, seuleineni j'accroîtrais d'une clef, donl l'une serait gardée par 1 1 Supérieure, l'autre par l'assistante, et la troisième parla plus ancienne surveillante; avec cela je n'y vois rien a craindre. Voua iv- / bien raison de mettre un très-bon règlement pour l'entrée de celles qu'elle veul mener avec (die, car il esl trèsimpoi tant que peu de personnes, quand ellei ne cherchenl le profil spirituel, n'entrent point dans les monastères

Pour le- bonn< 1 Religieuses que i<>n- §vei n va

bien fait, car, ma très-chère, il nom tant exercer la charité spirituelle envers le prochain, tout autant que celle que nous devons -i ""- maisons le nous pourra permettre.

:j*nJrr au premier mooâtlét .ri».

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LETTRE CMLXXXI

A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL

SUPÉRIEURE A DIJON

Mesures à prendre avant de partir pour la fondation de Besançon. — Reconnaissance due à madame de Vigny. — Dissiper une prévention contre la Mère Favre.

vive -J- jésus!

Annecy, 21 janvier [1630J.

Ma très-chère fille,

Xous avons enfin reçu votre grande lettre, de laquelle je pense que vous nous parliez en la vôtre dernière. Je suis bien du sentiment de M. Chassigent, qu'il ne faut pas que vous laissiez d'aller à Besançon, pour toutes les difficultés et oppositions qui se présentent, pourvu que vous ayez la permission; car, quand vous serez là avec des filles de qualité et plusieurs de leurs concitoyennes, les choses changeront bientôt, et vous verrez que tout s'accommodera; et puis, ce n'est que pour le temporel, il n'y faut pas seulement prendre garde.

Pour ma Sœur l'assistante, puisqu'elle a la vertu et les années de Religion, je n'y vois rien à craindre, et crois véritablement que ce sera le mieux, pour le bien de votre maison, qu'elle y soit élue, car, pour ces bonnes Sœurs qui y ont de l'aversion, comme je vous ai déjà écrit, chacun a sa petite croix à supporter, et j'espère, puisque ce ne sont pas des esprits extravagants, qu'elles se rangeront et que tout ira bien. Je ne vois pas qu'il fût à propos, ma chère fille, que vous emmenassiez la petite Blondeau à la fondation de Besançon; et pour la petite Jaquolot, puisque vous devez donner l'habit bientôt à l'une de vos petites, je serais bien aise que vous la preniez.

Quanta l'offre que vous nous faites de l'argent, nous vous en

remercions de tout notre cœur, ma chère fille; car, bien que

■oit la vérité qu'en ce temps ici l'on ait bien peine d'en

Awi.i. 1630 toi

avoir à cause que Ton ne peol être payé de personne, néanmoini Notre-Seigneur pourvoit à toutes dos petites nécessités. Nous désirerions seulement que vous nous fissies la charité,

tandis qu'il nous faudra fournir aux frais de la béatification de

notre Bienheureni Père qui seront grands, de payer 1rs quarante écus de la pension de noire Sœur Mil le tôt, que l'on doit tu à notre So-ur de Vigny, parce que nous ne lironi rien dei huit ctMiis écus qu'elle a donnés pour la béatification de

noire Hienlieureux Père, à cause que nous ne savons [pas] l'heure de les employer, et néanmoins il ne faut pas laisser de lui en payer la pension ; car c'est à quoi nous ne voulons jamais manquer, moyennant l'aide de Dieu. Faites-nous doue cette charité, ma tres-clière fille, s'il vous plaît, seulement pour

le temps que nous auron- a fournir aux frais de la béatification

de notre Bienbeureui Père. - — \<>u-<levi/ interpréter en bien

l'emploi que fout nos lionnes Soins de Paris de ma S<eur de

l/ignj ; car, parce qu'elles l'aiment et qu'elles connaissent la

honte di' celte femme-la et l'affection qu elle S pour les affaire.» de l'Iostitut, (dles sont l>ien ai-es de lui donner la eon-olalion

de l'employer, puisqu'elle s'j porte de si bon cœur.

< lie lettre elait ('ente quand rions avons reçu la vôtre dernière, on je v(»i< que votre a Ha ire de Iloam <>.•) e>l hien re la idée ;

i il faut tout rem. lire entre les mains de Dieu, qui conduira toutes choi on son bon plaisir. — Quant aui plaintes (pie

v ..ii- m» i lilea du long temps qu'il \ a que u»ib êtes « n chai

m i l;ll' . i v<- n- < non. u- trop hien pour m'en elmmer. Il n'est

i lit qui < "in m. m « seulement : courage donc, ma in s-chère lille, ne m. us attendrissouj ni abattons point ; car Dien est le

(guide d( DTS humbles, el laii-mêrne ;;uidera ceux dont II

mm- donne la conduite Certes, ma toute i hère fille, j»- u rais bien mari l( Ite fondation de Bei m. on i> m-, ni i

pour plusieurs grands biens qu'il me semble qui en doivent

réussir. Dien conduise le loul selon son bon plaisir I

vi. BJ

J'ai une peine plus grande que je ne vouspuisdire de celte mauvaise intelligence de notre chère Sœur de Vigny; car nous sommes si obligées à cette bonne femme, que je voudrais bien qu'elle eût consolation parmi nous; mais je ne sais comme quoi on la pourra guérir de cette préoccupation ; elle ne m'en a écrit pas un mol en loules ses dernières lettres dès son retour à Dijon. — Mon Dieu ! ma fille, je vois bien qu'il y a de pelits ombrages en votre esprit contre notre Sœur Faire; le Père dom Maurice m'a dit que vous lui en aviez dit quelque chose. Il faut lever cela, ma fille, et se mettre en parfaite union. Je m'assure que vous y trouverez celle chère Sœur de Paris toute disposée, car elle a le cœur tout bon, vous le savez bien; il ne faut donc que tirer le rideau et se montrer l'une à l'autre à découvert tout sincèrement, et vous verrez que vos deux très-bons cœurs se joindront iuconlinenlavec une suavité et cordialité toutes saintes. Je vous en prie, ma très-chère fille, et puis vous assurer que mon cœur est vôtre avec une dileclion, franchise et amour vraiment maternels, mais je vous dis ceci de cœur, avec sentiment. A Dieu donc, soyons-nous toutes parfaitement unies ensemble et en Lui. Amen.

Conforme à l'original gardé aui Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMLXXXII

A LA UÈRE JKANNE-CHARLOTTE DE BRÛCHARD

S 0 P lî II I K U It H .1 lt I 0 M

Sur les moyens d'union entre les monastères. — Envoi prochain des Réponses. — Il ne faut choisir une Supérieure dans une autre communauté mie par ahsolue nécessité.

vivk -j- JJiSUS!

[Annecy], 25 janvier [1630].

H esl vrai, ma Irès-chèrc fille, que c'est une grande misère de ne pouvoir avoir des nouvelles les unes des autres plus fré-

quemmenl : mais il faut prendre cet choses-là comme venant de Dieo, ainsi que vous avez iu faire. J'écrii asses el plus que je oe veux plus faire ; maisfonjours poorlanl quelque billel a ma grande el vieille fille, de deui mois en deui mois : ce sera bien /., sinon qu'il arrive quelque affaire importante i 1 1 itraordi-

nairc. — Or, je vois bien que vous avei reçu la lettre par I «-

(jucllcje vous disais, comme de moi-même, le Benlimenl d'au- Irni ; mais non pas celle OÙ je vous disais simplement le mien louchant notre union ; car, si vous l'aviei renie, vous n'auriez pris la peine de m'en écrire une si grande lettre. Ions verres, par une lettre que j'écris par nos monastères, lonl oe

que je puis dire sur ce sujet, qui est tout conforme à mes

Réponses1) lesquelles j'ai toutes revues ce Carême dernier: je

i que von- les recevrea bientôt. Je ne vous répète rien de

loui cela, puer que je n'j puis rien ajouter de nouveau. Ayant

dit ce que je crois, je laisse notre union et loul ce qui est de

noire Institut an >oin de la divine Providence.

le crois que vous n'aies pas accepté la fondation de La

' Le litre dei Réporm i de sainte J. I de Chantai, idmirable commen-

l'>' .l' i et dei Conelilal I ition, fut composé d'abord i

. .le l.i Sainte, par le min dei Relia d' Innei \ el dei entrée mai*

qu'elle \i-it.ut Pénétrées de v< >n pour la Bienheureuse Fonda*

S ers aimaient à lai poeer dei questioni im li pratique dei <•!•-

à lin i (poser leurs difficultés dans l'en

i, et < baeuM de une tci epuleuse

i Dsonasli Duniqnanl l | peu le pré-

ilement, lainte de Cfa inlal eut cou -.m. <• do iili seal ivei lequel on rui aetllail ses moiadrei peu

Ki. -ii que blessée dans ion humilité, elle ne voulut ps mir le travail

lllee al le laissa eiiculer dans I Instital. EnGn, rédanl lui m>: !••••> (pu lui furent fuir*, elle relui « ml . <• n

lei If u iv re a le

Imprimer, mais A i presse 'ju'il as i des

mon le la Visitation iui intention! li formellement

» ipi i v tinte n'a

lei O .1 VIO s DIVI H-

Chaire que les conditions marquées dans le Coutumier ne s'y trouvent toutes; je serai consolée de savoir qu'elle est bien acheminée, puisque c'est à la gloire de Dieu. — Pour ce qui est de votre personne, Mgr de Genève n'est pas ici pour lui en parler; mais je suis bien assurée qu'il sera content que vous serviez Dieu en cette occasion. Et quant à l'élection future d'une Supérieure, puisque vous avez des Sœurs capables en votre maison, il faut faire en cela ce que marque le Coutumier, et ce que j'en dis dans mes Réponses, qui est qu'on ne les prendra ailleurs que par absolue nécessité. Que si vous en voulez une troisième avec les deux que vous avez pour mettre sur le catalogue, vous y pourrez mettre ma Sœur Françoise- Gabrielle [Bally], qui est déposée à Bourges. — Mais, ma trèschère fille, je vois que vous ne me faites point de réponse touchant [l'histoire de] la Fondation de céans ; je vous prie d'y mettre la main pour la nous envoyer avant que vous sortiez de celte maison, afin que nous finissions le reste.

Voilà vous répondre bien promptement, ma très-chère fille ; car je ne fais que de recevoir vos lettres, et n'ai loisir de voir celle de noire chère Sœur la Supérieure de Montferrand, à qui vous communiquerez ce que je vous écris touchant notre union. Enfin, si vous n'avez encore reçu la lettre sur ce sujet, vous pourrez voir dans les Réponses mon seul sentiment, lequel je n'ai su quitter, nonobstant ce que tant de grands serviteurs de Dieu nous en ont proposé, et qui disent que nous ne subsisterons pas sans le moyen que je vous ai écrit si au long ; et moi je crois qu'il nous ruinerait, et que Dieu conservera ce qu'il a établi. Bref, je ne puis avoir autre sentiment que la ferme confiance que la divine Providence sera notre grand gouverneur; mais il faut élre fidèle à l'observance. — Bonsoir, ma toute chère fille, et à nos Sœurs. Que Dieu vous bénisse toutes, et soil l)(';ni !

ouforiiK | ii u <- eopic ;jard<5e aux Archives de la Visilalion d'Annecy.

LETTRE CMLXXXII1 [Inédite)

I M0NSIE1 B L'AVOG \T PIOTON

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