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A LA MÈHE MARIE-FRANÇOISE HUMBERT

SUPÉRIEURE A THOXON

Lettres patentes obtenues du prince Thomas de Savoie en faveur du monastère

de Thonon.

vive f JÉSUS !

[Annecy], 21 mai [1630].

Ma très-chère fille,

J'ai reçu hier voire lettre, qui me fait mention d'une précédente que je n'ai point reçue ; car vous pouvez bien croire, ma très-chère fille, que je n'eusse pas manqué de répondre et de vous soulager en votre peine, de tout ce qui nous eût été possible. Mais notre bon Dieu, par son infinie miséricorde, nous a levé toutes nos appréhensions par une sainte paix, dans un instant et conjconture la plus désespérée du monde l. Nous devons Lui en rendre des infinies actions de grâces, et bien employer le temps de la tranquillité qu'il nous donne ; car meshui il n'y a rien du tout à craindre.

* Au printemps de cette année 1630, la Savoie avait eu à subir les désastres de l'invasion étrangère : Annecy osa d'abord résister aux armes victorieuses de Louis XIII. Obligés de se rendre, les magistrats obtinrent du maréchal de Châlillon, commandant en chef de l'armée française, une capitulation honorable, dont l'une des clauses stipulait « que le corps du vénérable Prançoii de Sales ne pourrait jamais être déplacé ni porté hors d'Annecy » .

Nous avons obtenu de M^r le prince, pour votre maison de TbooOD et pour celle de Rumilly, le même don de trois bémines de srl que nous avons ici et à Chambéry, où nous avons envoyé les lettres pour les faire passer en Chambre, ce qui sera un peu difficile, mais non impossible, Dieu aidant. Bien que ces Messieurs [de la Chambre] des comptes se rendent très-difficiles à passer les patentes que nous avons obtenues pour l'exemption des tailles, Messieurs du Sénat les ont [enregis-

>|. Dieu accommodera tout avec un peu de patience; cette sainte vertu e^t bonne et nécessaire pour toutes cboses.

Ma Sœur la Supérieure [moi illisible] nous a dit que notre Serai Françoise-Agathe s'en allait mourir; je crois qu'elle I il étique. .lai confiance que sa chère âme est en bon état, et c< I l

ieol désirable, .le prie Dieu qu'il l'assiste en ce passage, et

que sa Bonté répande scs plus sacrées bénédictions sur vous, ma très-chère fille, et sur toute votre bénite famille, que je salin» avec mus très-chèrement, demeurant tout à lait vôtre en l'amour de Notre-Seigneur, qui soit béni à jamais.

Conforme 4 une copie d il garde! au couvent des R P. Cipucini de Tlionon.

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