MA TRÈS-BONNE ET CHÈRE FILLE
Mon Dieu ! que j'ai de compassion des afflictions de votre maison. Mais j'espère, pourtant, que Dieu en tirera sa gloire et le profit de celles qui souffrent et de celles qui les assistent; nous ne cessons de prier pour cela. Je me souviens que notre maison de Lyon fut une fois grandement tourmentée de quasi semblables peines, et notre Bienheureux Père le tint pour présage de grandes bénédictions, ce qui arriva ainsi, et vous savez de combien de bénédictions ces maisons-là sont remplies. J'espère que Dieu fera le même en votre maison, si avec une sincère humilité, vous et nos Sœurs, vous embrassez amoureusement ces croix, pour la révérence due à la très-sainte volonté de Dieu qui les permet.
Oh! qu'il est bien vrai, ma très-chère fille, voici une année de beaucoup de misères et calamités; cette pauvre ville en est toute pleine. Dieu nous fasse la grâce d'en tirer profit. Je vois que la disette est en vos quartiers comme en ceux-ci, ce qui me fait vous offrir cent écus de l'argent que nos Sœurs de Cbambéry nous gardent pour les affaires de notre Bienheureux Père, n'osant l'employer crainte de manquer à cette sainte besogne. Si donc, ma très-chère fille, vous avez peine d'en trouver ailleurs, servez-vous de celui-là. Pourvu que vous le rendiez dans dix mois, je crois qu'il suffira; mais il faudra à point nommé l'avoir quand nous vous le demanderons.
Croyez, ma très-chère fille, que de tout notre cœur nous vou-
INNÉS 1630. '*s:>
(Irions VOUS SSSÎSter >i nous en avions le pouvoir; mai-, IftSl nous avons prou peine ; car la grêle DOOI B BUSSJ l'ail du mal, et
la guerre [esl cause] que le monde esl ii for! pauvre qoe l'on ne sait que faire. Dieu, par sa bonté, veuille avoir pitié de ion peuple! Quasi tout le paya esl grêlé; voyei a\«c le peu de I > I « *
qu'il | avait déjà où Ton en >eia; mais Dieu peut autant faire avec peu qu'avec beaucoup. Il tant tout espérer de M douce
miséricorde; je la supplie d'abonder sur vous et voire chère famille. Croyes, ma fille, que mon cœur esl bien tout vôtre, et que vous êtes en vérité Tune de mes plus chères et bieo-aimées fillei
■ :, forme à l'original mrd< kiv«f et li Visilation d .\m\<
LETTRE IfXXIX
I I \ S0B1 i; INNE-CA THEBINE DE S M PERE MJ
La Sainte l.i • itm.ti-:.- di rvations tor l<* litre de* Réponses, - \
mrer l>- ictioni de la Supérieure. Il bal életer lei aewioef dam une sainte liberté d'esprit.
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\I \ BOWK ET I IIËS-C1IÈHK KII.I.E,
i répoodi de tout mon cœur a votre grande lettre, el je voudrais pouvoir correspondre i la honte de votre chère nue pour moi y qui me sens particulièrement votre obligée du mémoire que vous m'envoyes de vos remarques sur ic livre de m»s ît »•-
DOnseS. H esl vrai, ma i 1ère hlle, que je désîll . Di( il aidant,
t\'\ retrancher quelque chose, tant pour I"- rendre entièrement conformes au Cootumier, que parce que j'j si été trop rigide en quelquei points, maisdecels je ne m'en luis pas mise beaucoup en peine pour deux raisons : 1 1 pn m qoe d'ordinaii d nous est meilleur de nous lenir on peu l>icn serrées en lou!<
nos observances que de nous trop élargir; et l'autre, qu'en tout et partout la Supérieure a un absolu pouvoir, selon la Constitution, d'agir et commander en tout ce qu'elle juge nécessaire ou utile, sans qu'aucune ait droit de la contrôler. Et vous me faites plaisir, ma très- chère fille, de remarquer comme imperfection en vous, ces petits désapprouvements que vous faites de ce que votre bonne Mère a fait faire cette innocente récréation devant le très-bon et très-vertueux AI. [d'Aoste], vrai fils de notre Bienheureux Père, lequel, ou je suis la plus trompée du monde, l'aurait pris pour compagnon, lorsque par une sainte et admirable débonnaireté il a pris plaisir de se trouver à ces saintes et innocentes récréations. Ne trouvez pas étrange, ma chère fille, si la bonne Mère qualifie du nom de frère ce très-cher monsieur. Moi-même je l'appelle ainsi, et je m'eslime très-honorée qu'il ait daigné m'accepter, non-seulement pour sa Sœur, mais pour sa très-humble fille.
Voyez-vous, mon cher enfant, vous avez l'esprit un peu scrupuleux; je vous conjure d'inculquer incessamment à vos novices une observance fidèle, mais simple, qui leur retranche les examens autour des actions d'autrui, surtout de la Supérieure. L'on nous prêchait hier une chose bien remarquable, et que je veux vous dire : c'est que l'ancienne Marie pour un peu d'émulation et murmure contre Moïse, son frère et supérieur, avait été couverte de lèpre. Hélas! ma fille, si tous ceux qui censurent à présent devenaient lépreux, qu'il y en aurait au monde! Ce que je ne dis pas pour vous, sachant bien que vos petites remarques ne proviennent que de votre conscience trop gênée.
Tâchez d'élever vos novices dans un esprit de sainte liberté. N'embarrassez point votre esprit à leur vouloir donner quantité de documents. Qu'il vous suffise de leur apprendre avec un soin cordial ce qui est de l'Inslilut. Il faut avoir une grande patience autour de ces chères âmes, retournant fréquemment votre pen-
lée en Celai sans lequel tool notre travail et empressement ii . il qu'une pares» ose inutilité.
Oui, je vous usure, ma chère fille, l'on Gril fort bien d appeler Mère notre chère Sœur la Supérieure de Chambéry. I ai trouvé divers billets de notre Bienheureui Père qui qualifient grandes premières filles de <•«• nom, tellement qu'avec cette assurance, nous leur devons donner ce litre, que véritablemenfl elles nui bien mérité, avant reçu les prémices <1" l'espril et supporté les premiers travaux.
I OÎlà, je pense, ma chère tille, VOtre lettre répondue (le point
en point, et bien soigneusement Prenes-le pour un témoignag<
du (loir que j'ai de Servir votre âme et d'être à jamais toute
vôtre.
LETTRE \I\\\ (Inéditi
\ \. \ S0B1 I M IBIE-FÉLICIENNE B \l 1)11
l'imr arrivrr a la perfection, il fuit un craint eOOrtgfl et un parlait abamlon
.1 l.i v ilmiti' de Dieu.
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Mon Dieu! ma tt ès-chère tille, quelle consolation a ressentie
• Celte Rel G enoble, expérimenta pendant cinquante»
lii nus .!.• vf elauetrale que - lr \t /"</< i
tu /.'a. <t a ï'iiiu ijui l.i i />■ l1 .m monasl
rll<> h il ration de lenUment, tant d'abnégation «-i «!<• sagesse,
que lu. i. S ip : in pu i en! lui . uiii-i la conduite dea /•'///<« rej*
d G a la Visitation av. ut accepd li direction \ quelqaes
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1 uiiiutiii.iutrs ii< i iilrhi m- l'.iriout et tottionn elle m
distin • m par un lèlc irdenl poar !<• maintii ndre
lion enven la divin.- Kucharis lia, jnaqa'aa jour oé il lui Fat donné de
n leui i <!«• Ii pairie Calai qa*eUe i tant aimé parmi les ombrée de l'esil fsjneV N \\ lama.)
mon àme, voyant le toujours meilleur état de la vôtre; j'en bénis Dieu de loute mon affection. Sans doute, ma fille, que sa divine Bonté vous appelle à une très-grande perfection et que vous n'avez besoin pour cela que d'une entière détermination à vous abandonner totalement à sa sainte conduite, en la personne de votre Supérieure, et d'une fermeté de courage à faire le bien et fuir le mal à mesure que vous le connaîtrez. Chaque jour que vous emploierez fidèlement, vous acquerrez nouvelle force et facilité au bien; si, que toutes difficultés s'évanouiront et vous serez tout étonnée de trouver votre chère âme dans un saint repos et familiarité avec Dieu ; car, à celui qui aura vaillamment combattu, l'on fera goûter une manne secrète. C'est ce que je vous désire, et je prie Dieu de tout mon cœur vous donner son amour avec toute perfection; et vous, ma très-chère fille, d'avoir toujours mémoire dans vos prières de celle qui vous chérit cordialement, et qui est toute vôtre en Notre-Seigneur. Qu'il soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Voiron.
LETTRE MXXXI