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SUPÉRIEURE A D 0 L , EN BRETAGNE

Conseils pour le transfert de la communauté de Dol. — Les monastères nouvellement fondés peuvent recourir dans le besoin à ceux dont ils sont sortis.

VIVE f JÉSUS.'

Annecy, 16 août 1630.

Ma très-chère fille,

Je vous puis assurer en vérité que ma Sœur la Supérieure du monastère de Paris a une très-sincère et charitable affection pour vous tirer du lieu où vous êtes, et qu'elle travaille tant qu'elle peut pour transporter votre maison à Meaux; mais, comme c'est une affaire difficile, il ne faut pas que vous trouviez étrange, si elle est un peu de longue haleine. Je lui en ai écrit sur ce qu'elle m'en a proposé; c'est un cœur, comme vous savez, fort charitable et raisonnable. Je lui en vais encore écrire, et cependant patientez tout doucement. Ce que je pense vous avoir écrit, qu'il fallait bien considérer avant que de sortir d'un lieu dès que l'on y est établi, est fort véritable; mais vous avez des raisons si puissantes maintenant, qu'il me semble que vous vous en pouvez tirer sans aucune sorte de doute, outre que ce que je vous en écrivais, ce fut sur quelque irrésolution qu'il me semble que vous me témoignâtes sur ce sujet en vos précédentes lettres. Certes, il est vrai qu'il eût été bien plus à propos qu'on vous eût laissée aller à Nantes ou à Caen, et je ne sais qui empêcha cela, car ma Sœur la Supérieure de Moulins à laquelle j'en écrivis, après qu'elle m'eut témoigné sa première aversion, s'accorda que l'on vous y transférât, et en écrivit à ma Sœur la Supérieure de la ville. Je ne me souviens pas maintenant comme cette affaire se renoua.

Or sus, il faut espérer que Dieu tirera sa gloire de tous ces retardement à votre repos, et que par ce moyen nos Sœurs et

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vous, ma très-chère fille, serez plus duites a la patience, et à vous conformer el rendre entièrement lonmiseï au hou plaisir

de Dieu; et cependant, moyennant sa :;i m <\ VOUS M lairre/

d'être en lieu où vous pourrez vivre avec plus de repOi et de

tranquillité* — Vous ne lanriea croire comme j'ai été tondu

de l'offre que nos Sœurs de Rennes vous font. Ce trait de charité est bien digne de l'esprit de la limitation, et j'en vais écrire

à la Mère, afin qne si vous ne pouvez être établie! a Ifeam derant l'hiver, elles VOUS lassent jouir de celte charité, si elle> la peuvent faire sans trop grande incommodité, ce qne vousdeves

apprendre d'elles, le plus discrètement que vous pourre/.

Ou.. ut a ec que vous désirez de savoir si Ton ne peut pas recourir BOI maisons dont on est sorti, en telles occasions, je voii^ dis qne oui, ma très-chère bile, '-t qne les monastèn - -ont obligés d'aider les filles qui sonl sorties deux: aussi m'assuré-je qne m»- Sœurs de Paris ne vous refuseront point leur Beoours, et qu'elles vous le donneront franchement et de hou cœur: je

m'en vais encore le leur écrire à hon escient. — Celles, ma très-chère fille, il ne faut point parler de renvoyer CCS d< u\

novices ,■{ (die prétendante si elles sont bonnes; si vous retournes a la maison de Paris, il les laudra partager entre nos Sœurs de Rennes et de Nantes. J'ai tant de confiance en leur véritable vertu qne je crois qu'elles feraient franchement etc. rdialemenl cette charité. Que si vous ailes faite voire établisse ment ou a Meaux ou ailleurs, comme je n'j vois point «le doute, ohl certes, ma chère tille, il ne tant point révoquer en doute m vous les uieie rei avec vous-, » t je pense qne votre heu cœur iules voudrait pis laisser, si elles ^<"it s( bonnes. le prie Dieu qu'il vous .i — i-i' et établisse bientôt en lieu en mih Lui pinren Ire ve n pais et i, pos d'esprit Je i lue no-

ires cbèrei Sœurs avec veus, , t veus souhaite a tontes le tr pur amour du Sauveur auquel je su:s, mus d'un cœur m s. sincère et ii lèle, ma très-cbère fille, votre, et&

[P. S.] Quant à ce que je vous dis, ma très-chère fille, qu'en cas que vous ne puissiez être établies à Meaux avant l'hiver, que vous pourriez aller à Rennes, c'est une chose qu'il faut bien peser et considérer avant que de requérir celle charité d'elles, parce que tant d'allées et de venues vous pourraient causer beaucoup de distractions et de dépenses, et qu'il serait beaucoup mieux, puisqu'il vous faut transférer en un autre lieu, que cela se fit sans tant de reprises ; néanmoins vous devez procéder en ceci selon que les occasions et nécessités présentes vous le dicteront.

La note ci- après fut ajoutée par la Mère Chahu, lorsqu'elle envoya cette lettre à Annecy, en 1642, au moment où la Mère de Blonay préparait la première collection des Epîtres spirituelles de sainte J. F. de Chantai :

Si cette lettre mérite d'être imprimée, il ne faudrait point parler de ce transport à Rennes ; car je ne sais comme notre très-digne Mère ou la secrétaire s'est méprise, d'autant que jamais je ne leur en ai parlé, ni nos bonnes Sœurs ne nous ont fait cette offre; oui bien de nous céder la fondation de Vannes.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MXXVI

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON

Mort chrétienne de M. de Blonay. Se consoler dans l'attente d'une éternelle

réunion.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy, 1630 ]

Ma très-chère fille,

Certes je n'en doute nullement, sachant ce que votre cœur eil an mien, qu'il puisse jamais trouver mauvaise chose quelconque que je lui puisse dire; nous avons toute assurance de foé-là, croyez-le bien, ma chère fille. Mais, je vous prie, ne

vous alarmez point d<- mes incommodités; car, grâce i Dieu, elles oe iodI pai si grandes qu'il l'en (aille mettre tanl en peine. J'ai seqlemenl quelque petit ressentiment de cette diarrhée et il. m i ilii\io[i; mais je crois que le temps el les grandes chaleurs contribuent beaucoup à cela, qui néanmoins se passe petit a petit, bien qu'il ne but pas désormais attendre une santé si constante en nne personne de soixante ans, comme en nnc de tingt-cinq ou trente. Et puis, ma fille, les jeunes et les vieui meurent; celte vie est remplie de tant de calamités «•( afflictions que soi! que nous on dos parents meurent, pourvu que ce soil bien en la grâce de Dieu, noos ne devons point regr< Uer de I- voir partir de Ci Ite terre d'afflictions.

Ne penses pas, ma fille, que ces miser* i de guerre se passent

Sans mie vous ;\\r/ votre part de la douleur que plusieurs auront. Non certes, ma très-chère fille; car ce pauvre «lier frère de Blonaj j est mort, mais de maladie, en Piémont, et trèsheureusement, comme je crois. C'esl toujours une grande grâce a ceux de bs condition de mourir en repos dans leur lit, parce qu'ils ont pins de moyens de se disposer à bien faire ce pasque non pas quand ils meurent dan> l'action de la guerre.

C'esl pourquoi consolez-vous, ma très-chère fille, en l'espérance

que nous nous revenons tous dans |<- end; aussi bien faut-il

«pie petit a petit nous nous allions aelieminant a cette tiu dt-i

nière que Dieu s ordonnée; sa Bonté nous fasse la grâce de nous

la ren Ire beureusel J«' vous prie, écrives à la chère veuve et le plus ((*)t que vous pourret; car, bélasl vous pouvei penser le

|>rs,,m qu'elle m a. Je ne sais pas couihieii il lui a lai-s,- d en- ! mis , m il «in eut je s, u s que mois avons son aînée en notre

monastère de Tbonoo, comme vous saves, ma chère fille. Bile nofii sera d'autant plus chère qu'elle est orphelin* de père, et qu'elle est nièce <\<' ma très-chère et nniquemenl bien u fille

l.e livre « | « i « sous m'aves envoyé est bien de l'intitolation n 11

iS-2 LETTRES DE SAINTE CHANTAU

de celui que j'avais demandé, mais ce n'est pas de même traduction ; mais il n'importe. — Je ne sais que dire à la lettre de M. le prévôt, parce que je vois que mon inconsidération m'a fait lui écrire quelque chose de mal à propos, et je n'aime pas à m'excuser; mais Dieu m'a donné une telle estime de la vertu solide de ce vertueux personnage que j'en suis marrie, et le serais encore plus si je ne regardais Dieu qui veut que j'aie ce sujet d'abjection. Aidez-lui à bien interpréter ma simplicité et franchise, et à prendre comme cela les choses que je dis avec cet esprit', duquel il ne faut pas requérir la prudence qui n'y est pas. Or sus, ma fille, si vous pensez que cette lettre que j'écris ne soit pas comme il faut, ne la donnez pas.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MXXVII

A LA MÈRE ANNE-MARIE ROSSET

SUPERIEURE A CRÉMIEUX

Dégâts causés à Annecy par l'orage et la grêle. - Proposition d'une

postulante tourière.

vive 4- JÉSUS !

[Annecy, 1630.]

Ma très-chère fille, Ce billet n'est que pour vous saluer chèrement et toutes nos Sœurs, n'y ayant pas longtemps que je vous ai écrit et répondu a toutes vos lettres ; mais, ayant rencontré cette occasion, je m'en suis voulu servir, bien que j'avais résolu de n'écrire que tous les trois mois une fois, sinon quand il arrive quelque affaire importante et pressante, à cause de la grande multitude de lettres qu'il me faut répondre. Mais certes, ma très-chère fille, je sens une certaine affection au fond de mon cœur pour vous et votre chère troupe, qui me faisait déjà trouver le temps long de vous rireel recevoir de vos nouvelles. Vous apprendrez les nôtres

INNÉE 163a 183

dans la lettre que notre communauté écril a la vôtre; c'esl pourquoi je ue vous les dirai pas ici, sinon une <|ui est arrivée <l«|iuis qu'elle esl écrite, qni esl que mardi dernier, pendant <j u «* nous étionsà l'oraison du soir, il s'éleva un si grand tourbillon de vents (ini se battaient, el le temps devint bien si noir el obscur que cela épouvanta grandement ceui qui le virent, el la grêle qui tomba fort grosse a beaucoup tait de mal aux biens de la terre, en sorte que l'on dit quecette bourrasque n'apportera pas moins de préjudice a la pauvre Savoie, que le passage de l'année du Roi y en a lait, surtout en cette ville, a cause do grand dégât <lrs couverts, dont elle ;i emporté des pièces entières, mis bas des granges i déraciné quantité d'arbres. Enfin le temps tut si effroyable, qu'il fit penser plusieurs personnes au jour du jugement; mais nous remarquâmes que, dès que nous eûmes invoqué notre Bienheureni Père, il commença à s'apaiser. Nous avons en notre petite

part de ci s maux. Dieu en soit béni ' l oila, ma chère fille, comme il plaîl il sa Honte affliger son pauvre peuple; priez-Le bien

qu'il Lui plaise réduire tout à sa gloire el au salut des âmes.

L'on nous est venu présenter une honnête fille de Lagnieui pour la condition de Sieur toorière; el puce qn'il me semble

que vous nous ave/ mande que vous en cliereliie/ pour ce rau;;-

la, nous vous l'avons adressée. Que si vous trouves qu'elle vous soit convenable, je serai bien aise qne vmis î.i preniez; mais, si vous ne la juges propre el (pie les affaires de votre maison ne

vmis permettent d. la recevoir, je vous plie, n en laites ni plus ni moins pour ma i leoumi mdalmn . \ oila tout, sinon qUC iihui

cœur souhaite bu vôtre le pur amour de Dieu el i nos ch<

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