AU RÉVÉREND PÈRE PLUMERET, JÉSUITE
A AUTUItf
La Sainte lui recommande madame de Toulonjon et la communauté d'Autun.
VIVE \ JÉSUS
[Annecy], "7 avril [1631].
Mon très-cher et Révérend Père,
Je supplie le divin Sauveur de nos âmes de répandre abondamment les mérites de sa sainte Passion sur la vôtre très-chère. Ce m'a été une grande consolation de savoir la bonne action qu'a faite ma pauvre fille de Toulonjon devant vous. J'espère que puisque Notre-Seigneur lui a donné la force de franchir ce pas, qu'il lui fera encore la grâce de se maintenir désormais dans une plus grande pureté, à quoi vos bons encouragements et saintes instructions lui aideront beaucoup. C'est pourquoi je supplie très-humblement Votre Révérence de ne les lui pas épargner. C'est la vérité qu'elle a un bon cœur, mais trop sensible aux choses de cette vie, et je prie Dieu de tout mon cœur de lui changer ou adoucir ces inclinations-là.
J'ai été consolée aussi d'entendre que nos bonnes Sœurs d'Autun persévèrent à vivre en leur devoir, et jouissent de la sainte paix et de l'union que doivent posséder les âmes qui servent Dieu en une si sainte vocation. Je recommande toujours les unes et les autres au soin paternel que Votre Révérence a sur «Iles. Celle qui est à Dijon fait fort bien, à ce que m'écrit
ma Sœur la Supérieure. le voua supplie, mon cher Père, d'avoir mémoire d'elle en vos saintes 1 1 ièi es, auxquelles je mus demande aus>i une bonne part, en ayant grande nécessité. « I étanl très-véritablement «If Votre Révér< nce, etc.
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le vous croyais déjà à Troyes. Il esl vrai, comme vous dites, que
Paris s < . rtaines inventions pour détourner ou retarder les effets
de quelque bonne œuvre ; mais Dieu le permet ainsi pour les faire
isir plus heureusemenl h sa gloire. J'espère que ma
Sœur Ifarie-Augustine n'j fera rien moins que ma Sœur C. M.
\l;'i le vice-légat d'Avignon nous a fait entendre qu'il d<
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principales, c'est parce que, pour envoyer là, il faut avoir des filles d'une extraordinaire solidité et vertu, et surtout qui ne soient pas tendres en ce qui regarde la pureté et netteté, afin qu'elles puissent supporter toutes les attaques qui se peuvent rencontrer parmi ces âmes-là : je vous prie de m'en dire votre sentiment.
Ma Sœur la Supérieure de Chambéry vient ici la semaine prochaine ou bien après Pâques, pour prendre une petite Sœur de Grenoble que nous avons gardée ici quinze mois, en laquelle Dieu a opéré une grande merveille par les opérations de notre Bienheureux Père. Elle vient aussi pour nous aider à faire choix de quelques Sœurs que nos monastères de Provence demandent pour les aider un peu à se soutenir. Je crois qu'il nous faudra faire bientôt aussi la fondation de Montpellier et quelque autre qu'on demande encore en la Provence : pour l'une, nous croyons que ce sera une œuvre grandement agréable à Dieu et utile à sa gloire, à cause du peu de dévotion qu'il y a en ce lieu-là. Voilà qui fera grand bien à nos pauvres monastères de Savoie, non pas pour le bien ni décharge des maisons, mais pour la consolation d'un grand nombre de braves et fort bonnes filles qui prétendent, et lesquelles on ne peut recevoir sans décroître le nombre des autres par le moyen de quelque fondation; et il semble que la providence de Dieu les nous présente pour le bien et contentement de ces chères âmes. Sa Bonlé comble voire chère âme de son pur amour!
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visilalion de Cliambdry.
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