L'Hôtel-Dieu possède un fac-similé de la croix d'Arras
3 Glaude-Qodefroi Coquart, jésuite, venu en Canada en 1734 où il est mort en 1765.
du capillaire et l'envoyer pour les personnes qui ont fait les avances, ce serait une gracieuseté qui ne vous serait point à charge, ces images se vendent k Paris 6 sols la pièce, je les ai cependant eu à trois, les livres du Calvaire reliés en veau 25 sols, je les ai cependant eu à 20 et ceux qui sont en basane 15 et ceux qui sont en papier marbré 11. Les avis de pratiques pour la mission coûtent 16 sols ■et les cantiques en papier cinq sols. J'ai pris chez mon •cousin deux des bouteilles de Baume que mon frère y a laissé j'en ferai présent d'une à M. Campout qui a un zèle étonnant pour vous faire plaisir. Il me mande qu'il a reçu •depuis mon départ les cœurs d'écorce que vous avez •envoyé. Je pars pour Normandie où je vais faire une mission dans le diocèse de Rouen, ensuite je retourne au <iiocèse d'Arras où jusqu'au mois d'Août je planterai cinq •ou six calvaires, ensuite je vais en Champagne faire une mission avec Mgr l'évêque de Laon et de là en Lorraine . . J'ai vu ces jours passés Mgr Dosquet votre ancien évèque qui m'a paru avoir beaucoup d'estime pour vous et votre maison. J'ai été trois fois à St. Sulpice pour voir celui que vous allez avoir, je n'ai point été assez heureux pour le rencontrer. Il est parti ce matin pour la Rochelle^ . Recommandez moi toujours aux prières de tous nos Sts. amis. Je suis de tout mon cœur dans l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ,
Mes très chères sœurs,
Votre très humble et ob. serviteur et frère DuPLESSis de la comp. de Jésus.
A Paris, le 25 Avril 1740.
1. Mgr de Lauberivière. Il partit en effet le 25 avril 1740 de Paris pour le Canada. Le 22 mai 1740, il écrivait de la Rochelle une lettre à son père avant de ^«'embarquer.
LU
Mes très chères Sœurs,
J'apprends qu'il doit partir du Havre encore un vaisseau pour Québec, quelque occupé que je sois, je me dérobe un moment pour accompagner la lettre du frère- Renaud et vous mender ce que je viens d'apprendre d'Arras et qui pourra contribuer à augmenter la dévotion à la Croix. Mgr le Cardinal de Fleury ayant recommandé à Mgr l'Evêque d'Arras de faire rendre à Dieu des actions de grâces solennelles pour toutes les merveilles qui s'étaient opérées au Calvaire d'Arras depuis deux ans ^, ce prélat s'étant rendu à Arràs alla le jour de la fête de l'Invention de la Ste-Croix en procession avec toute la Cathédrale à l'Eglise des Jésuites où il chanta pontificalement la messe, et, le soir après avoir officié à vêpres, entendu le sermon et chan-
1 Procès-verbal du miracle, témoignage des médecine, certificat des chinurgiens- major des hôpitaux de Douay daté le 29 avril 1740 comme quoi Jean Char* pentier, soldat de milice, a été guéri miraculeusement en allant adorer la croix plantée à Arras par le P. Duplessis.
te le Te Deum, il alla avec les chanoines et tous les curés de la ville au Calvaire où tout le clergé et les personnes les plus distinguées de la ville adorèrent la croix avec une piété et une édification dont j'ai regret de n'avoir pas été témoin. Le Pape pour en conserver la mémoire a accordé indulgence plénière pour le jour anniversaire de celui où nous' plantâmes cette croix, il a continué une confrérie établie dans la paroisse où est planté la croix où il y a un nombre prodigieux de personnes de toute qualité et de toutes les Provinces qui se sont faites inscrire pour participer aux indulgences : elle est appelée Confrérie du Calvaire, j'en suis et j'y ai fait inscrire bien des communautés religieuses . Si vous et vos amis voulez en être envoyezmoi vos noms, je vous envoierai les livres de la Confrérie . On me mande aussi d'Arras que M. le Maréchal d'Asteld et M. le Prince d'Isauguien qui ont été chargés par M. le Cardinal de se trouver ensemble à Arras pour assigner le lieu où la Croix miraculeuse serait placée ont jugé qu'el le pourrait encore demeurer quelque temps dans la pla^ ce où on l'a mis d'abord. Pardonnez-moi, je finis, il est bientôt minuit et il faut me trouver de très bonne heure à l'Eglise, depuis trois semaines que je suis à Rouen je prêche deux, trois ou quatre fois chaque jour et si je pouvais confesser tous les jours plusieurs mille personnes, je ne manquerais pas d'ouvrage quoique je ne sois point dans un temps de Mission en forme. Priez pour moi, mes très chères Sœurs, afin que Dieu me fasse la grâce de travailler à mériter le Ciel en l'enseignant aux autres. J'ai été trois fois à Paris chez Mgr l'Evêque de Québec sans avoir eu l'honneur de le rencontrer. J'ai vu Mr. Dosquet qui n'a paru vous honorer de son estime. Saluez de ma part le R. P^
Coquartet hok chers Missionnaires qui pensent encore -à nous.
Je suis de tout mou cœur
Mes très chères sœurs Votre très humble et obéissant serviteur et frère
DuFLESSis, prêtre de la Compagnie de Jésus.
A Rouen le 25 May 1740.
A ma Réwrende Mère
La Révérende Mère Dujdetnia de SU Hélène
Religieuse liospitalière de VHôtel-Dieu. de Québec à Québec en Canada.