‹ LettresChapitre 23 sur 32 · XII APPENDICE · texte numérisé non relu

XII APPENDICE

naquit à Paris de parents distingués dans la piété et comme M. son père fut nommé Trésorier pour le Canada, il laissa cette chère fille, âgée seulement de deux ans, entre les mains de Madame sa grande Mère qu est morte en odeur de sainteté. Cette vertueuse dame n'épargna rien pour l'élever dans la piété et l'innocenfse ; ce qui lui fut d'autant plus aisé qne cette enfant de bénédiction se portait d'elle-même à la pratique de toutes les vertus. Sa soumission, sa docilité qui a toujoura fait son caractère particulier, lui faisait regarder comme une ordonnance divine les conseils et les instructions de cette bonne dame, aussi eut-elle la consolation de la voir augmenter autant en vertu qu'en âge. Quand elle eut quinze ans Madame sa mère passa en France pour l'amener à Québec. Elle fit en cette ville l'admiration de tout le monde par son air de grandeur et de modestie et par sa piété. Dieu l'avait avantagée de la beauté du corps et d'un grand esprit. Elle fut l'exemple de toutes les demoiselles qui se trouvaient heureuses d'être en sa compagnie. Tant de rares qualités jointes à sa vertu la firent rechercher par plusieurs personnes de condition, mais son amour pour Dieu lui fit refuser ces partis. Jamais son cœur n'a été partagé, ni attaché à aucune créature. Dieu l'appela à la sainte religion et elle choisit notre communauté. Elle entra au Noviciat à vingt ans ; elle n'a pas été moins édifiante que dans le monde ; quoiqu'elle ne fut que postulante elle imitait de fort près les professes les plus avancées. Toutes ses chères «œurs qui étaient au nombre de vingt-cinq l'aimaient

Page 1