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III. — Canal marilime du lac Timsah à Suei

Cette partie du canal maritime doit être enliêremeni tée par MM. Borel et Lavalley.

La dernière campagne a été employée à creuser à : moyen de chantiers à la brouette et de chantiers au un premier chenal dans lequel, après avoir introduit I soit du canal d'eau douce, soit de la mer Bouge, ' pénétrer et travailler les dragues, de manière è exéc presque totalité des déblais par voie de dragages.

Depuis le lac Timsah jusqu'au sud du mamelon d( soum, sur une longueur de 6 kilomètres, existe une p portion de canal creusée par les contingents égyptiens largeur et jusqu'à deux mètres, en moyenne, en co du niveau de la mer, toute prête à recevoir les dragut y fera pénélrer par le lac Timsah. Ces dragues seront vies par des porteurs allant verser les terres dans le la

A partir de Toussoum, dans la direction des lacs Aj chenal est ouvert sur une éiendue de 8 kilomètre creusé en contre-bas du canal d'eau douce, avec lequ également en communication par une dérivation. Il ei ment en communication avec quatre grands bassinE a

situés sur ses bords. Ainsi que nous TavoQS expliqué, Tannée dernière, c'est dans ces bassins artificiels, qui doivent être remplis avec l'eau du canal d'eau douce, qu'on ira déverser les produits des dragages.

Dans la. section comprise enlre les lacs Amers et Suez, il y avait à faire un travail préparatoire très important avant d'introduire l'eau dans le canal pour la mise en activité des dragues : c'était l'extraction du rocher de Ghalouf.

Le tracé avait dû être maintenu à travers ce banc de roche descendant jusqu'au plafond du canal. Il s'étendait sur une longueur de 370 mètres. Il s'agissait d'enlever, dans ces terrains, 90,000 mètres cubes de terre, qui recouvrent le rocher, et 30,000 mètres de pierres.

Ce travail, commencé au mois de décembre par MM. Borel et Lavalley, s'achève actuellement. Il a été conduit avec une facilité et une promptitude très grandes ; il en résulte que les ingénieurs, et particulièrement M. Hawkshaw, le président de la Société des ingénieurs civils de Londres, avaient pleinement raison lorsqu'ils déclaraient que l'exécution du canal n'offrirait aucune difficulté insurmontable à des ingénieurs habiles et expérimentés.

Encore quelques semaines, et, par le canal élargi à travers le seuil d'El Guisr, le lac Timsah sera complètement rempli par les eaux de la Méditerranée, opération que nous avions suspendue jusqu'ici afin de ne pas gêner les travaux à sec,

A la même époque, le Nil, en crue depuis la fin de juin, ira remplir les bassins du Sérapéum ; le canal d'eau douce laissera passer jusqu'à Suez les dragues et tous les appareils accessoires, qui n'attendent que ce moment pour être répartis sur tout le parcours du canal, depuis le lac Timsah jusque dans la rade de Suez.

Ainsi, avant la fin de l'année, le canal, attaqué déjà à bras d'hommes sur tous les points où n'avaient encore pu pénétrer les machines, sera partout creusé à l'aide d'appareils mécaniques.

Le rendement considérable, le bon fonctionnement des appareils employés par MM. Borel et Lavalley, la simplicité des solutions qu-ils ont trouvées, la puissance de leur organisation,

la valeur de leur personnel, augmentent de jour en jour la confiance que nous avons en eux, et nous donnent plus que jamais le droit d'espérer qu'ils tiendront leurs engagements. [Très bien! très bien !)

L'expérience nous apprend que, pour le travail des machines, les ouvriers spéciaux ne manqueront pas. Les salaires élevés des chantiers de l'isthme y ont attiré de nombreux ouvriers européeqs. La crise qui a fermé les fabriques et les usines du Delta et de la haute Egypte nous a envoyé des mécaniciens, des ajusteurs, des chaudronniers, des forgerons. Tout le littoral de la Méditerranée connaît maintenant nos ateliers, et le recrutement des ouvriers d'art est devenu facile.

L'année dernière, avant l'invasion du choléra, notre population de l'isthme n'était, ainsi que nous l'avons dit, que de 10,000 individus. L'épidémie éloigna momentanément 4,000 ouvriers environ, appartenant à plusieurs nationalités. Non seulement ils sont revenus pour la plupart, mais ils ont fait une propagande de recrutement, notamment dans les fies de l'archipel et sur tout le littoral de la Méditerranée. Ils ont appris à leurs compatriotes qu'il y avait de l'argent à gagner dans l'isthme; qu'on pouvait y aller et en revenir facilement, et qu'on y jouissait, sous le gouvernement du Vice-Roi d'Egypte, d'une liberté complète, D'un autre côté, nous avons visité, en Palestine et en Syrie, de nombreuses tribus errantes de Bédouins parmi lesquelles la Compagnie, qui a apporté l'eau douce au désert, a su acquérir un prestige remarquable. Nous avons prêché parmi elles la croisade du travail. {Apptaudissements,)

En résultat, nous avons actuellement dans l'isthme 7,954 Européens et 10,846 Arabes, Égyptiens ou Syriens formant une population sédentaire de 18,800 individus répartis de la manière suivante :

Arabes Égyptiens Européens Total ou Syriens. <— —

Port-Saïd 2,608 3,635 6,243

Raz-el-Ech i44 300 444

Kantara.... 1,070 478 1,548

El Guisp 1,374 599 1,973

Ismaïlia 3,026 1,339 4,365

Canal d'eau douce 582 * 121 703

Sérapéum 1,030 704 1,734

Chalouf 460 607 1,067

Suez 552 171 723

Totaux 10,846 7,954 18,800

Pour les besoins de cette population et pour la bonne marche des travaux, nous avons dû sucessivemeut augmenter, en les perfectionnant, nos services de santé, de poste aux lettres, de télégraphie et de transports.

Quant à la vente des denrées de toute espèce, la Compagnie ne s'en occupe plus ; c'est la liberté qui y pourvoit abondamment, au moyen de 1,490 commerçants, dont 792 Européens et 698 indigènes qui ont établi des hôlels, des cantines, des magasins et des boutiques où chacun va s'approvisionner. A Port-Saïd il y a, entre autres, deux magasins qui débitent chacun de 2 à 3,000 francs de marchandises par jour.

C'est ici le lieu de mentionner l'amélioration que la Compagnie a apportée à l'alimeutation des chantiers, d'ismaïlia à Pori-Saïd, par l'établissement d'une deuxième conduite d'eau douce. La première fournissait, au maximum, 500 mètres cubes d'eau par jour. Celle qui vient d'être achevée donne une moyenne journalière de 1,500 mètres.

Ainsi, la Compagnie; en même temps qu'elle s'approvisionnait d'une plus grande quantité d'eau douce nécessaire au bon fonctionnement des machines à vapeur, assurait aux populations une abondante^ alimentation. C'était un devoir de prévoyance et d'humanité ; c'était une nécessité de premier ordre dans la région privée de cours d'eau, qui s'étend, le long de notre canal, du lacTimsah au littoral de la Méditerranée.

(^'eàt par ces prévisions, ces soins continuels' pour l'entre-

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tien de la santé et du bien-être des ouvriers de nos chantiers et des autres habitants de Tisthme, que nous avons pu maintenir la confiance et le travail pendant la crise cholérique, en dépit des alertes successives que de faux bruits, auxquels le pays est facilement accessible, ont fait nattre.

Le zèle éclairé de notre service de santé nous a puissamment secondés dans Taccomplissement de cette mission. Notre personnel médical a été littéralement décimé pendant Tépidémie de l'année dernière. C'est une regrettable preuve de son dévouement. Le plus bel éloge que nous puissions adresser à ceux qui ont heureusement bravé la contagion et le meilleur témoignage que nous puissions rendre à ceux qui ont suc* combé, c'est de dire qu'ils se sont montrés, tous, à la hauteur de leur tâche. {Bravos prolongés.)

Nous avons fait imprimer, suivant l'usage, le rapport annuel de notre médecin en chef ; vous avez pu apprécier avec quel ordre et quel soin son service est organisé. ;

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