CX\II
MOTB POUR l'bMP£RBUR.
Paris, 20 février 1864.
Les correspondances reçues d*Égypte par la Compagnie 4u canal de Suez, en date du 10 et du 12 février, annoncent que M. le duc de Morny a écrit au vice-roi que TEmpereur approuvait les propositions faites par Nubar- Pacha et encourageait le vice-roi à y persister.
Ces propositions avaient été considérées par le Conseil d'administration comme devant entraîner la ruine de la société ; l'assemblée générale du 1" mars prochain est d'ailleurs appelée à les juger.
M. Tastu, consul général de France, en Egypte, ayant été chargé par M. le ministre des affaires étrangères de soumettre au vice-roi les contre-propositions de la Compagnie pour arriver à un arrangement convenable, il est naturel que le vice- roi, en présence des promesses contenues dans la lettre de M. le duc de Morny, continue à laisser attaquer la Compagnie par Nubar-Pacha et ne soit pas disposé à accueillir une transaction favorable aux intérêts des actionnaires.
D'un autre côté, un incident fort regrettable vient d'avoir lieu au tribunal civil de la Seine, où la Compagnie avait cité Nubar-Pacha, afin de mettre un terme à la guerre déloyale entreprise publiquement par lui pour apporter le trouble et la désorganisation parmi les nombreux actionnaires français du canal de Suez .
4S0 LITTRES
L*avocat des adversaires de la Compagnie a lu au tribunal de la Seine une lettre qui lui a été adressée par M. le duc de Morny.
Le nom de l'Empereur est invoqué par M. le duc de Morny pour nuire aux intérêts de la Compagnie, tant en France qu'en Egypte.
Je crois devoir faire connaître confidentiellement cette situation à Sa Majesté, en me permettant de rappeler à sa haute attention la pétition qui lui a été adressée le mois dernier par le conseil d'administration de la Compagnie, et qui présageait déjà les inconvénients de rintervenlioB de H. le duo de Morny dans les affaires du canal de Suez.
A S. EXC. M. DROUYN DE LHUY8« MINISTRE DBS AFFAIRES ÂTRANGËRES.
Paris, 25 février 1864.
Je viens de bien étudier là quesftion de ratification, par une assemblée générale d'actionnaires, d'un arrangement qui serait proposé au conseil d'administration, dans les conditions dont nous avons parlé.
L'article 34 de nos statuts dit que le conseil cTadmmisiration est apte à statuer sur les ventes (Tmmeubles, ainsi que sur la fixation et la modification des droits de toute nature à percevoir, en vertu delà concession.
Par conséquent^ jevais proposer, aprës-deinain, au eon» sei) d'administraf ion de demander à^aaisemblée générale du 1^ marsf les pouvoirs nécessaires pour traiter aiï mieux de nos intérêts sur les questions pendantes entre le gouvernement égyptien et la Compagnie.
4tl LETTRES