‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de SuezChapitre 27 sur 67 · CATÉGORIES DES MARCHANDISES · texte numérisé non relu

CATÉGORIES DES MARCHANDISES

Prix du transport ^ entre Alexandrie et Suez.

Par cantar Par tonne

de 45 kilog. de l ,000 kilog.

1" classe. — Harnais, ivoires travaillés, confiseries, opium, couleurs, tissus de soie, thés, lapis, etc 40P.T. 229 fr.

2*» clatse. — Bouteilles, couvertures, fournitures de bureau, ivoires non travaillés, cigares fins, parfumerie, etc 30 173 »

3® classe. — Amidons, bronzes, graines, cotons et laines, marbres travaillés, tapis indigènes, cotons en balles, etc 24 138 »

4® classe. — Fers, fontes, machines, huiles, vins en barriques, tabacs et sucres, etc. . » . 20 115

^^ classe. — Vinaigres, cafés, farines en barils ou en sacs, etc. 18 10 i »

6* classe. — Chaux, gommes, bois, riz non Iriés, pailles, nattes ordinaires 10 92 »

Combustibles 12 69 »

La Compagnie se char gera-t» elle ^ elle-même^ du transport des marchandises de Port-Saïd à Suez ? Sera-t-elle responsable de ces marchandises depuis le débarquement à Port-Saïd jusqu* à leur consignation à Suez? Aura-t-elle un tarif, suivant la qualité ou la nature des marchandises ?

Notre avis est que la Compagnie devra se charger elle-même du transport des marchandises pendant la durée des travaux, afin d'éviter des complications que des tiers pourraient faire naitre, au milieu du mouvement des opérations de creusement et d'élargissement du canal maritime.

Le conseil d'administration sera appelé à résoudre les questions posées à ce sujet par MM. les délégués. — Si la Compagnie se charge des transports par batelage, elle devra naturellement encourir la responsabilité de ces transports; et, comme conséquence de sa responsabilité, il y aura lieu pour elle d'établir, dans son tarif, des catégories avec des prix gradués suivant la valeur, la qualité ou la nature des articles transportés.

Ce tarif est à Tétude, et, dès que la Compagnie l'aura arrêté, , elle s'empressera de le faire connaître à toutes les chambres de commerce. Mais, dès à présent , MM. les délégués peuvent annoncer, en faveur du batelage de Port-Saïd à Suez, une différence de 50 pour 100 au moins avec les prix du tarif actuel du chemin de fer.

sans compter les avantages résultant de la possibilité de prendre une cargaison sous le palan d'un navire dans le port de la Méditerranée et de la remettre sous le palan d'un autre navire dans la mer Rouge.

La Compagnie peut-etle dire, à ravance, la quantité de marchandises qu'elle pourra transporter par son service de batelage d'une mer à Vautre?

La Compagnie a déjà commandé dix remorqueurs à vapeur pour son service de batelage ; elle se prépare à satisfaire aux premiers besoins du commerce, et, au fur et à mesure que ces besoins se multiplieront, elle augmentera successivement le matériel qui sera nécessaire pour suffire au mouvement de transports dont elle prévoit, dès à présent, toute Timportance.

Âpres avoir répondu aux questions de M Vf. les délégués, il nous reste à les remercier, au nom de la Compagnie, de Tempressement avec lequel ils se sont rendus à l'invitation adressée aux chambres de commerce par la circulaire du 31 janvier dernier.

MM. les délégués ont été chargés de recueillir dans Tisthme les éléments de leur rapport sur Tétat actuel des travaux, sur les perspectives qu'offrira à la grande navigation leur achèvement prochain et, plus spécialement, sur les ressources que peut fournir actuellement au commerce de leur pays l'établissement d'un batelage d'une mer à l'autre, pour le transport des personnes et des marchandises.

Nous espérons que l'inspection, aujourd'hui terminée, de toute la ligne de nos opérations dans l'isthme, que les documents fournis, que les explications données sur les lieux par MVI. les ingénieurs, les entrepreneurs et tous les agents des travaux, auront permis à MM. les

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délégués d*éclairer leurs coinmellants sur les trois points signalés à leur attention, et que les chambres de commerce, dont ils sont les dignes représentants, voudront bien faire connaître à la Compagnie le résultat de leur importante mission.

Alexandrie, le 25 avril 18C5.

Le Président de la Compngnit',

Ferdinand dk Lesseps.

L'Administrateur délctjué^ \- i DE ChANGEL.

Le Directeur général des travaux ^

Voisin.

A s. A. LE VICE-IIOI d'ÉQYPTB

Port-Satd, 4 mai 1865.

Ne pouvant quitter en ce moment les travaux de risthme, je charge M. le comte Sala, inspecteur général des services de la Compagnie, d'informer exactement Voire Altesse de tous les faits qui, depuis quelque temps, jettent le trouble et la désorganisation dans le chiflick du Ouady. Je ne demande pour la Compagnie d^autre protection ni d^autre droit que ceux qui sont assurés, par les lois ou par les usages, à tout propriétaire indigène d'un chiflick. Il me paraît résulter de toutes les circonstances parvenues à ma connaissance que Adaroz-Bey, le régisseur des domaines de Votre Altesse situés dans le voisinage du Ouady et même le gouverneur de la province, Nourj-Pacha, s'entendent tous les trois pour chercher à ruiner le chiflick du Ouady; ces fonctionnaires croient, en agissant ainsi, favoriser les intentions ou les désirs de Votre Altesse; mais comme j'ai la conviction contraire, je ne veux d'autre juge, pour !a défense des légitimes intérêts de la Compagnie, d'autre appréciateur de la situation que Votre Altesse elle-même; je la supplie d'envoyer à Tell-el'Kebir une personne de sa maison, un de ses secrétaires de confiance qui l'informera particulièrement et directement de toutes les circonstances qu'il conviendra de connaître; je résiderai dans le Ouady à partir du 11 mai, et j'y resterai jusqu'au moment où tout sera rentré

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dans Tordre habituel. Je m'empresserai de donnera l'envoyé de Votre Altesse tous les renseignements qui pourront servir à Téclairer et je déclare à Tavance que je m'en rapporterai aveuglément à tout ce que décidera Votre Altesse pour mettre Pin à un état de choses impos* sible à maintenir.

J'invite M. le comte Sala à lire ou à remettre à Votre Altesse les dernières correspondances que j'ai reçues du Ouady.

A M. LE DUC d'aLBUFÉRA, A PARIS.

Ismatlia^ le 17 mai 1865.

Après quelques jours passés à Tell-el-Kébir où j'ai reçu la visite d'Ismaïl-Bey, le gouverneur de l'isthme chargé, sur ma demande, par le Vice-Roi de faire une enquête sur les derniers événements du Ouady, je suis venu trouver M. Voisin à Ismaïlia. Les mesures prises pour le maintien de la navigation sur la branche de Suez ayant réussi, nous sommes aujourd'hui assurés de l'arrivage des pierres de Gebel GenefTé. Nous avons écarté tous les obstacles qui arrêtaient depuis trop longtemps Tachèvement des écluses. Les écluses d*Ismaïlia et celles de Suez pourront fonctionner le 15 juillet. Nous ne perdons pas un seul moment de vue ce travail pour lequel au besoin on se servira des nuits comme des jours. Rien n*est négligé pour arriver, même avant Tépoque fixée, et je réponds que nous arriverons, avec Taide des hommes ardents et dévoués que nous avons dans Tisthme.

Nous surmontons beaucoup mieux que nous ne pouvions Tespérer le moment de la baisse des eaux du Nil, qui, cette année, est au-dessous de Tétiage ordinaire. Nous sommes dans la mauvaise saison pour toutes choses, pour la santé comme pour le reste. Ayant beaucoup d'ouvriers européens nouvellement arrivés et non acclimatés, nous avons un assez grand nombre de malaies, 60 ici et 3 J au SérapéTum où, par diverses circonstances, on n'avait pu faire encore une installation médicale suffisante. Le campement du Sérapéum com-

mençail à prendre Talarme, etjevousenparlepourlecasoù des correspondances particulières seraient l'écho de cette alarme. J'ai été là avant hier et j'ai pu rassurer tout le monde, en faisant immédiatement, sous mes yeux, évacuer tous les maladesalités sur Ismaïlia, où ils sont bien logés et soignés dans les communs de la maison Sciama. Le petit hôpital du Sérapéum, pris à Tentreprise par MM. Borel et Lavalley, sera terminé dans un mois. D'un autre c6té, comme nous n*avons à Ismaïlia qu'un hôpital provisoire dans les maisons d'employés de la place de ChampoUion, je fais diriger sur Thôpital de Kanlara les malades auxquels l'air trop sec du désert ne convient pas, surtout les ouvriers de notre Occident. LesmaladiesduSérapéum commençaient à prendre un mauvais caractère. Mais les dispositions qui viennent d'être adoptées ont mis Fin à toute crainte.

M. Voisin m'apporte les dépêches de ses agents, au kilomètre 20 et au kilomètre 60 du canal d'eau douce. Les voici ; c'est la meilleure preuve du maintien de la hauteur des eaux. Je considère ce lait comme étant si important dans les circonstances actuelles que je vous le fais connaître par dépêche télégraphique.

Je vous transmets deux rapports de M. Voisin dont j'ai chargé M. de Chancel de vous entretenir. J'approuve, en ce qui me concerne, les propositions de M. Voisin.

Ainsi que le dit notre directeur général des travaux, M. Sciama mérite un témoignage spécial dQ satisfaction, de la part de la Compagnie, pour les éminents services qu'il lui a rendus, pour son zèle et son dévouement dans l'accomplissement de ses devoirs, enfin pour la part très sérieuse qu'il a prise à la bonne marche et à l'avancement de l'œuvre.

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