‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de SuezChapitre 3 sur 67 · ET SUEZ · texte numérisé non relu

ET SUEZ

Les ouvriers indigènes des contingents avaient enlevé depuis deux ans toute la partie supérieure du seuil de Ghalouf et creusé la tranchée jusqu'au niveau de la mer. Au-dessous de ce niveau, on a trouvé un banc de rocher très dur qui descend, en s'incllnant, jusqu'à plus de 8 mètres de profondeur, et qui présente, dans la position occupée par le tracé du canal, une masse d'environ 25,000 mètres cubes. Il était indispensable de recourir à la mine pour faire sauter ce banc de rocher. MM. Borel et Lavalley ont dû, en conséquence, employer des ouvriers mineurs qu'ils ont fait recruter dans le Nord de ritalie. Les Piémontais sont d'excellents mineurs. Aussi a-t-il été possible d'amener, sans retard, sur les lieux, le bataillon dont on avait besoin. Il y a, en ce moment, plus de soixante mineurs. L'attaque est descendue profondément sur plusieurs points. Voici comment on procède. Pour les premières couches, pas de difficulté sérieuse. On fait des trous dans le rocher avec des barres à mine; on introduit des mèches, après avoir chargé de poudre; puis, au signal donné, les ouvriers s'écartent pour éviter les éclats de l'explosion. Pendant qu'on prépare une autre mine, les ouvriers jettent les déblais sur des brouettes, que des Arabes font rouler sur des madriers, jusqu'à la ligne extrême de la berge.

Quand on a enlevé le rocher jusqu'à une certaine pro-

fondeur, on ménage, dans l'escarpement de la berge, un plan incliné sur lequel on établit une voie ferrée. Sur le palier dressé à Textrémilé inférieure du plan, la voie ferrée se sépare en plusieurs autres formant éventail, de manière à occuper toute la largeur du proQl, et à se réunir contre la muraille rocheuse à attaquer. Des mineurs font éclater des portions de cette muraille, des terrassiers divisent les éclats et les chargent sur les wagons. A peine un chargement est-il prêt que des mules le conduisent au bas du plan incliné. Là, on accroche les wagons à une chaîne que fait mouvoir une locomoblle placée en haut de la berge. En un instant, ils sont rendus sur la crête, où des mules les attendent pour les mener à la décharge, sur des voies de fer installées en éventail et s'éloignant de la berge, de manière à répandre les déblais en cavaliers perpendiculaires à la direction du canal.

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