‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de SuezChapitre 34 sur 67 · EN EGYPTE. DE SUEZ · texte numérisé non relu

EN EGYPTE. DE SUEZ

Les ateliers et les magasins Les préoccupations et les

de la Compagnie de navigation craintes du gouvernement

à vapeur péninsulaire et orien- britannique, si elles ne pro-

tale à Suez se trouvent au bord viennent pas seulement du

d*un chenal qui pénètre dans désir de créer des difficultés à

les terres à partir du mouîl- Tentreprisc du Canal de Suez,

iage dans la rade, chenal navi- devrout disparatire, lorsqu'il

gable pour les bàtimenls à aura connaissance d'une expli-

faible tirant d*eau et qui per- cation donnée au vice - roi

fnel le transbordement, sur de d'Egypte, dans une lettre

légers steamers, des passagers adressée par le Président de

et des roarchandisea se rendant la Compagnie de Suez, le 27

de la ville aux navires en mai de cette année,

mouillage et réciproquement. Cette lettre, dont une copie

Ce chenal étant le seul moyen a été remise au ministère des

de communication entre Suez affaires étrangères, à Paris,

et la rade, il est évident que avait précisément pour but de

tout ce qui gênerait ce passage répondre à des doutes entrés

nuirait du même coup et ferait dans l'esprit du Vice-Roi, à la

obstacle aux opérations de la suite du dernier voyage en

Compagnie. Or, en examinant Egypte de sir Henry Bulwer,

les plans, qu'on lui a montrés, ambassadeur d'Angleterre à

du port de Suez, le colonel Constantinople.

Slanlun a constaté qui) ce libellai est marqué comme devaol être lou( enUer absorbé par le débouché du roDai maritime dans Is mer Riuge.

H J'igaorp, ajouie-l-il, comment la Compagnie de l'htiime se propose d'eiêcuter celle partie de son œuvre ; mais comme elle paratL insister sur sa prétention au droit de posséder \ei lerraias limitrophe!

du canal, il est jtresumalik i/a'elU prétendra avoir te droit d'endiguer ledit canal dans toute sa longu'Mr, auquel cas les approches de Suez par mer seraient complëtemenl interceptées, il est possible néanmoiDs que telle ne soit pas i'intentioD de U Compagnie et qu'elle songe seulement ù approlondir le chenal aSn de permellre le passage des grands lAtimenls. L'exlrémilë réelle du canal se trouverai!

alors au bout du chenal. En pareil cas, le chena! demeurant nalur.'llemenl libre, tes intérêts britanniques ne seraient pas eit souffrance et mon objection serait non avenue. Le droit réclamé par la Compagnie de rialhme sur les terrains bordant le canal cesserait également à l'écluse formant la télé

Vuici ce que j'écrivais Bpl lanémtiutau Vice-Roi, il yasii

mois, au sujet de la liberté de communication entre la rade et la ville de Suez, liberté qui, loin d'être entravée, recevra de nouvelles facilités par les travaux du canal niaritime de

« A Suez, où l'une des chart ges delà Compagnie consiste I â ccéct un port en appruFon- I dissant et en élargissant le I chenal actuel qui conduit de I la ville à la rade (et dans ( lequel les grands b&timents 1 de met ne peuvent pas entrer 1 aujourd'hui], il sera très I naturel que, sauf les terrains 1 nécessaires pour les cban- < tiers et établissements de la c Compagnie, et sauf les es- [ paces maritimes convenables 1 pi'ur les opérations des na- 1 vires devant transiter par le I canal cl pour la formation [ des irains de ces navires, les I bords du chenal et le chenal I lui-même agrandi et appro- ( fondi piir la Compagnie ser- I Dent également aux besoins I généraux du commerce et du I gouvernement et profitent à • la circulation maritime entre I la ville 'te Sues et la rade.

de I

indre jusqu'aux banc

H La Compagnie » blir ses buret

j lieu d'éla- j ; de péage j

sables qui ]imîteot le ehenal 60 question. »

Il îi^est pas douteux que nos intérêts ne soient indirectement menacés par rélément français qui s'accrott de jour en jour à Suez,

Personne ne peut sérieusement nourrir le plau ou Tinteotion de faire du chenal qui remonte à la ville depuis le mouillage, le lit du canal.

L'adoptiou d'une pareille direction sacrifierait les droits existants, et les établissements qui bordent actuellement ce chenal se verraient complètement privés de leur communication avec le mouillage. Les .établissements de la Compagnie péninsulaire et orientale s*y trouvent compris.

« Ce fait seul suffirait, dit en terminant le colonel Stanton, pour obliger à faire choix d'un autre emplacement pour la débouché du canal, en supposant que le projet soit uliérieu rement réalisé jusqu^au bout. »

« ritime en têle du grand che- « ual du côté de la rade pourra « les établir à Test de Suez, & « rentrée du désert actuel, « c*est-à dire à l'entrée du ca- « nal maritime proprement « dit. »

Cette déclaration, qui d'ailleurs n'a point été faile pour la circonstance actuelle, parait réaliser la situation prévue par le colonel Slanton lui-même, lorsqu'il écrit qu*en pareil cas, les intérêts britanniques ne sc' raient pas en souffrance et que son objection serait non avenue»

J'ajouterai que le chenal actuel, dans la partie qui sera approfondie par la Compagnie, enlre le débouché du canal maritime proprement dit et la rade, ne doit pas être endigué et qu'il ne doit se construire d'écluse dans aucune partie du canal maritime.

Je joins ici un plan du dé" bouché du chenal maritime à Suez, plan qui laisse complètement intacte la première et la plus grande partie du cbe« nal actuel de communication entre la ville de Suez et la rade. C'est dans cette partie que se trouvent les magasins et ateliers de la Compagnie péninsulaire et orientale. Il n'est pas besoin de répéter que la seconde portion du chenal

il ce qu(

Slanlun a consUlé que ce

clienal est marqué comme det être toui entier obBorbè par le débouché du i-anal maritime iSai\Ê la mer R'>uge.

« J'iRuorp, ajouic-t'il, com- Ciimpagnie de l'isllime se propose d'exéculer celle partie de soq œuvre ; mais comme elle paraît tnsisler sur sa prËtenlion au droit de posséder les lerraini limilropbeg du canal, il est prémmabli:

qu'ellt prétendra avoir te droit d'endigua' ledit ranal dans toute sa longueur, auquel cas les approches de Suez par mer seraient complètement interceptées. Il est possible néanmoins que telle ne aoil pas

l'intention de U Corupagoie et « tiers et établisse m ents di qu'elle songe seulement ii approfondir le chenal aSn de

i 'écrivait

lanémcutau Vice-Roi, il ynaix mois, au sujet de la liberté de communication entre la rade et la ville de Suez, liberté qui, loin d'être entravée, recevra de nouvelles [acililés par le< travaux du canal maritime de

» A Suez, où Tune des char- B ge» delà Compagnie consiste ■ il crépr un port en approfoo- « dJs.^ant et en élargissant le i< chenal actuel qui conduit de V la ville à la rade (ei dans u lequel les grands bAliments u de mer ne peuvent pas entrer u aujourd'hui), il sera très n naturel que, sauf les terrains bailla

Blepai grands bàtimerjls. L'extrémilé réelle du annal se trouverait alors au bout du chenal. Eu pareil cas, le chenal demeurant Qaturdlement libre, les intérêts brilanniqaes ne seraient pas en souffrance et mon ofcjeetionserait non avenue. Le droit réclamé par la Compagnie de l'Isthme sur les terrains bordant le CBEial cesserait également à l'écluse formant la léle de ce dernier et ne snurail s'étendre jusqu'aux bancs d-

Compagnie, ei satif 1 paces maritimes convenables pour les opérations des navires devant transiter par le canal et pour la formation

bords du chenal et le cbena!

lui-même agrandi et approfondi pur la Compagnie servent Également aux besoins généraux du commeroe et du gouvememtnl et pro^tent à la circttîation maritime entre la ville de Suei et la rade, La Compagnie, au lieu d'établir ses bureaux de péage pour le transit du canal ma-

sables qui limitent le chenal eo question. »

Il n'est pas doutettx que nos intérêts ne soient indirectement menacés par Vêlement français qui s'accroît de jour en jour à Suez»

Personne ne peut sérieusement nourrir le plan ou Pintention de faire du chenal qui remonte à la ville depuis le mouillage, le lit du canal.

L'adoption d'une pareille direction sacrifierait les droits existants, et les établissements qui bordent actuellement ce chenal se verraient complètement privés de leur communication avec le mouillage. Les .établissements de la Compagnie péninsulaire et orientale s*y trouvent compris.

« Ce fait seul suffirait, dit en terminant le colonel Stanton, pour obliger à faire choix d'un autre emplacement pour la débouché du canal, en supposant que le projet soit ultérieurement réalisé jusqu'au bout. »

a ritime en tête du grand che- « ual du côté de la rade pourra « les établir à Test de Suez, & « rentrée du désert actuel, « c'est'à dire à l'entrée du ca- « nal maritime proprement « dit. »

Cette déclaration, qui d'ailleurs n'a point été faite pour la circonstance actuelle, parait réaliser la situation prévue par le colonel Stanton lui-même, lorsqu'il écrit qu'en pareil cas, les intérêts britanniques ne se^ raient pas en souffrance et que son objection serait non avenue.

J'ajouterai que le chenal actuel, dans la partie qui sera approfondie par la Compagnie, entre le débouché du canal maritime proprement dit et la rade, ne doit pas être endigué et qu'il ne doit se construire d'écluse dans aucune partie du canal maritime.

Je joins ici un plan du dé* bouché du chenal maritime à Suez, plan qui laisse complètement intacte la première et la plus grande partie du chenal actuel de communication entre la ville de Suez et la rade. C'est dans cette partie que se trouvent les magasins et ateliers de la Compagnie péninsulaire et orientale. Il n'est pas besoin de répéter que la seconde portion du chenal

rei»tera ouverte à tout le monde, avec rimmeose aroélioratiuo d'une profondeor de 8 mètres au lieu de 1^50, de manière à y permettre dans trois ans la navigation aux b&timents du plus fort tonnage.

Ce sera un avantage dont la

navigation britannique profitera certainement plus que loute^ les autres.

Quant à la crainte de voir Télcment français se mettre en concurrence à Suez avec Télément anglais, c'est une lutte pacifique à la tête de laquelle je suis heureux de me placer; les compaguies françdises n'ont aucune jalousie contre les entreprises de nos voisins, et la Gumpaguie de Suez particulièrement, par Torgane de son Préoident, a décldré dans une réunion publique à laquelle assistait sir Henri Bulwer, qu'elle se féliciterait si uue compagnie anglaise fondait, à Test du grand bassin de Port-Saïd, des établissements et des ateliers aussi importants que Ceux déjà, établis par l'industrie française sur des terrains arlificieU, autour de la partie ouest de ce bassin.

Me sera-t-il permis de terminer ces observations cou fi deulielles, en me demandant

JOURNAL ET DOCUMENTS 20n

de quelle manière un ministre anglais accueillerait les remontrances d*un agent français, au sujet d'une concession qui aurait été faite à des sujets anglais en Orient, comme celle, par exemple, du chemin de fer de l'Euplirate et de tant d'autres entreprises?

Il semble qu1l serait lemps que la politique britannique se dégageât de ses vieux préjugés, de sa jalousie et de ses terreurs, lorsqu'il s'agit de la moindre teniative faite par rinilialive française en Orient el ailleurs, et qu'elle Itnl plus de compte de la loyauté, de la générosité et de la bienveillance de la politique française.

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