L'Égypte a l'Exposition de
A SAINTE-BEUVE
Samedi, 3 août 1868.
Cher maître et ami,
Nous aurions eu un vrai plaisir à vous voir, ces jour-ci, en arrivant de Vichy. Mais toutes les petites affaires d'un retour ne nous en ont pas laissé le temps; et nous partons ce soir passer la moitié de la semaine à Saint-Gratien. Comptez donc sur notre visite de cœur, vers jeudi ou vendredi.
Nous avons suivi avec un intérêt dont vous ne doutez pas, toute cette polémique qui est déjà de l'histoire. D'abord nous avons eu un peu peur de la secousse pour votre santé, et puis nous avons vu votre plume se porter si bien, que l'écrivain nous a rassuré sur le physique de l'homme. Nous souhaitons bien d'être confirmés dans cet espoir d'un peu de mieux, en vous voyant.
Croyez-nous, jusque-là vos bien vraiment dévoués,
E.-J. DE GONCOURT
A PHILIPPE BURTY
21 août (1868). — Trouville, Hôtel du Bras-d'Or.
(où on est bougrement mal)
Mon cher ami,
J'ai écrit chaudement à Victor Giraud pour l'eauforte de la fameuse Théroigne qui finit par paître ses excréments, — et je ne doute pas qu'il ne vous la trousse.
Bon ! cré nom ! Il faut croire qu'il y a une fatalité qui m'empêche toujours de vous écrire une longue lettre. Voilàla bonne qui entrepour changer les matelas d'Edmond, — le Saint-Sébastien des punaises, — depuis deux nuits. Ah la Normandie! Mais nous vous conterons cela au retour. Je vais nous chercher un immeuble dans le rayon d'Auteuil, et nous installerons tantôt chez vous, tantôt chez nous, des jeudis artistiques qui feront pâlir les soirées de M. de Noailles.
A vous toujours.
Jules de Goncourt.