‹ LettresChapitre 143 sur 151 · AVERTISSEMENT DE L'EDITION DE · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'EDITION DE

par ses propres expressions : Taime pour vivre-, disoit-elle. et je vis pour aimer.

Mais laissons à de plus dignes plumes le soin de louer mademoiselle de Lespinasse. Nous ne voulons, en ce rao- Mienl, que justifier le désir de faire jouir le public de tout l'intérêt attaché à la lecture des Lettres que nous publions, et qui, sous plusieurs rapports de pensées, de style, d'époque et de circonstances, sont peut-être hors de comparaison avec toutes celles qui ont paru jusqu'à présent. Elles sont certainement dignes d'obtenir une place distinguée dans la nombreuse collection des Lettres de femmes qui ont eu des succès si bien mérités.

Voici le jugement qu'un des panégyristes de mademoiselle de Lespinasse portoit sur ses Lettres : « Elles avoient, dit-il, un caractère, une touche, un style qui n'avoient point de modèle, et qui, je crois, n'auront pas d'imitateur. Ce n'étoit point le genre de madame de Scvigné, ni celui de madame de Maintenons c'étoit le sien, et, à mon avis, il étoit bien au-dessug de tous les deux. Ses Lettres étoienl plus pleines, plus variées, plus fortes de pensées, plus tirées de son propre fonds, car îlle r.e vivoit pas, comme ces deux femmes, de ce qui se passoit à la Cour et en Europe, elles

étoient surtout plus animées Ces Lettres avoient le

mouvement et la chaleur de la conversation; elles trompoient sur sou absence, elles la reniplaçoient presqu'au moment où on les recevoit ■ »

Ajoutons à ce jugement sur les Lettres de mademoiselle de Lespinasse, ce que .Marmontel a écrit de cette femme célèbre; on y trouvera une juste appréciation de son cœur et de son esprit ^

« A propos des grâces, parlons d'une personne qui

en avoit tous les dons dans l'esprit et dans le langage, et qui étoit la seule femme que madame Geoffrin eût admise à son dîner des gens de lettres : c'étoit l'amie de M. d'Alembert, mademoiselle de Lespinasse; étonnant composé de bienséance, de raison, de sagesse avec la tête la plus vive, lame la plus ardente, et l'imagination la plus inflammable qui aient existé depuis Sapho. Ce feu qui circuloit dans ses veines et dans ses nerfs, et qui donnoit à son esprit tant

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