‹ LettresChapitre 142 sur 151 · DE L'ÉDITION DE · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITION DE

Ces Lettres ont été trouvées dans les papiers de mademoiselle de Lespinasse, après sa mort; il y a plus de trente ans qu'elles ont été écrites.

L'époque de ces Lettres, le style qui les caractérise, les personnes distinguées el les auteurs célèbres dont il est fait mention, la passion qui y domine, la force et la persévérance du sentiment qui les a dictées, l'esprit et l'âme dont elles sont remplies, les expressions qui, pour ainsi dire, brûlent le papier, les anecdotes intéressantes qui y sont mêlées; tels sont les divers motifs qui nous ont engagé à les faire connoître.

D'ailleurs, c'est faire revivre la mémoire d'une femme célèbre et presque unique dans son genre, par le charme de sa société, l'élévation de son âme et la finesse de son esprit.

Ces Lettres respirent une sorte de vie sentimentale et communicative. On ne peut mieux peindre leur auteur que

l. Cet avertissement est du célèbre conventionnel Barrère. Barrère de Tieuzac, qui fut ainsi le premier éditeur, éditeur indiscret comme on le pensa alors, de mademoiselle de Lespinasse, a eu, suivant l'expression de Sainte- Beuve, d'autres péchés plus graves sur la conscience que celui-là. A propos de l'effet produit par cette publication de 1809, Sainte-Beuve raconte l'anecdote suivante qu'il • tenait, dit-il, d'uriginal • : o Dans la saisou où ces lettres parurent, une brillante société était réunie aux bains d'Air, en Savoie. On était allé en visite à Chambéry. Au retour, il y avait une voilure où se trouvait madame de Staël, Benjamin Constant, madame de Boigne, Adrien de Montmolency, etc. Pendant ce voyage, maint accident survint au dehors: tempête, tonnerre, empêchements et retards de toute sorte En arrivant à Aix, les personnes qui étaient dans la voiture trouvèrent les gens de l'hôtel sur la porte tout inquiets et les interrogeant. Mais eux, les voyageurs, ils n'avaient rien vu ni remarqué de ces petits accidents ; c'est que madame de Staël avait parlé pendant tout ce temps-là, et qu elle parlait des lettres de mademoiselle de lespinasse, et de ce M. de Guibert, qui avait été sa première flamme. > Causeries du Lundi, t. Il, p. 123.)

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