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Vous savez que de moi le sexe "St adoré.
Quand l'esprit est chez lui par les prâces paré.
Ces traits ne sonl pas ceui de rE::lé qu'on renomme*
Elle parle, elle pense, elle iiaît comme un boaunn.
(Acte II, ic. 1.)
1. Grimm, Corresp. litl., 1830, t. IX, p. 79. Dans un autre passage, postérieur de sept années à celui-là, et écrit à l'occasion de la mort de d'Alembert , il a dit encore à ce sujet : t En observateur impartial, il faut avouer que cette domination philosophique ne fut jamais universellement reconnue; qu'aux veux de beaucoup de gens, il l'avait plutôt usurpée que conquise; qu'aux yeux même du grand nombie, la supériorité de ses titres littéradres contribua beaucoup moins à l'y mamtenir que la subtilité de ses intrigues et de sa politique, r.ette politique, tout habile qu'elle était, se trouva plus.^urs fois en défaut; on remarqua n.cme qu'elle avait perdu sensiblement a la mort de mademoiselle de Lespinasse, dont la Diiesse et le tact servaient merveilleusement la graude ou la petite ambition do son ami. . . La société de M. d'Alembert fut plusieur» années une des sociétés les plus biil.antes qu'il lût possible de réunir; elle fut infiniment plus mèice, hi, par b même, inQnimeul moins agréable après i*. perte de sou au. il- . i. Ml.i.. 1 Si.
fliravecla grâce et ses directeurs '. » Il est vrai que mademoiselle de Lespinasse ne se piquait nullement de philosophie à cet égard, ou, si l'on préfère, qu'elle s'en piquait trop. C'est elle-même qui a écrit : « Tout entière au bonheur d'aimer et d'être aimée,... j'ai tant joui, j'ai si bien senti le prix de la vie, que, s'il fallait recommencer, je voudrais que ce fût aux mêmes conditions. Aimer et souffrir, le ciel, l'enfer, voilà à quoi je me dévouerais, voilà ce que je voudrais sentir, voilà le climat que je voudrais habiter, et non cet état tempéré dans lequel vivent tous les sots et tous les automates dont nous sommes environnés... J'aime pour vivre, je vis pour aimer 2.
Après cette espèce de confession, faut-il citer, sur ce besoin de l'âme, et peut-être des sens de mademoiselle de Lespinasse, Marmonteî, qui la représente comme un « étonnant composé de bienséance, de raison, de sagesse, avec la tête la plus vive, l'âme la plus ardente, l'imagination la plus inflammable qui ait existé depuis Sapho. » — « Ce feu, ajoute-t-il, qui circulait dans ses veines et dans ses nerfs, et qui donnait à son esprit tant d'activité, de brillant et de charme, l'a consumée avant le temps ^, » Mais le témoignage le plus précieux à recueillir sur ce point est celui de d'Alembert et de M. de Guibert. « Pourquoi a-t-il fallu que l'amour, lui disait le premier, que l'amour, fait pour adoucir aux autres les maux delà vie, fût le tourment et le désespoir de la vôtre •? » — « Elle entendait si bien le langage des passions', » a dit le second.
Sans parler de ce jeune Irlandais, sir Taaff, qui s'éprit Irès-vivement de mademoiselle de Lespinasse, lorsqu'elle
i. Grimtn, Corresp. litt.,i. IX, p. 82.