‹ LettresChapitre 9 sur 151 · I. Voir p · texte numérisé non relu

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Luxembourg donna tort à sa vieille amie, et fît présent d'un meuble complet à mademoiselle de Lespinasse, dans le logement qu'elle prit. Enfin par le duc de Choiseul, on obtint pour elle, du roi, une gratification annuelle qui la mettait au-dessus du besoin *. »

Toutefois ce partage fut extrêmement pénible à madame du Deffand; elle ne s'y habitua jamais. Être reçu dans le salon rival et en quelque sorte usurpateur de mademoiselle de Lespinasse, c'était, sinon s'exposer à être exclu du sien, du moins lui causer une peine sensible et comme un douloureux ravivement de l'ancienne blessure.

Dix ans plus tard, en 1774, Horace Walpole, devenu l'ami le plus cher de madame du Deffand, faisait cette recommandation au général Conway, qui allait passer l'hiver à Paris, et qu'il patronnait auprès d'elle : «Il faut aussi que je vous donne un autre conseil, sans lequel tout serait inutile. Il existe à Paris une demoiselle de Lespinasse, un prétendu bel esprit, qui a été autrefois l'humble compagne de madame du Deffand, mais qui 'a trahie et s'est fort mal comportée envers elle. Je vous prie de ne vous laisser mener chez elle par personne. Cela désobligerait mon amie plus que tout au monde, mais elle ne vous en dirait jamais un mot : j'en serais aussi fort blessé, je l'avoue, car je lui dois une reconnaissance si infinie, que je serais désolé qu'un de mes amis particuliers commît envers elle un pareil manque d'égards... Je m'étends sur ce sujet, parce qu'elle a des «nnemis assez acharnés pour s'efforcer de conduire tous les Anglais chez mademoiselle de Lespinasse^. »

Malgré le témoignage de Marmontel, en général si bien informé de ce qui concerne mademoiselle de Lespinasse,

i. Mém. de Marmontel, Paris, 1804, t. II, p. 299. î. Lettres de H. Walpole à tes amis, traduites par le comte de Bâillon; Paris, 1872, p. 263.

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