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XVI NOTICE

quelques doutes peuvent subsister sur la pension que, suivant lui, le roi aurait accordée à mademoiselle de Lespinasse, et — circonstance aggravante — accordée par l'intermédiaire de ce même duc de Ghoiseul, pour lequel l'amitié de madame du Deffand ne se refroidit jamais. Dans ce cas, en effet, comment expliquer la tentative quo plus tard, en 1774, sous le ministère de TLirgot,les amis de mademoiselle de Lespinasse firent pour lui obtenir une faveur royale du même genre, et à laquelle elle opposa une si opiniâtre résistance^? Quoi que l'on puisse penser de cette pension royale, il en est une sur laquelle il ne peut exister aucun doute : celle de mille écus que lui fit madame Gcoffrin, cette providence des philosophes, qui savait mettre tant de délicatesse dans ses bienfaits^, que mademoiselle de Lespinasse n'eut pas plus à en rougir que n'en rougissaient Thomas et Marmontel.

En quittant madame du Deffand, mademoiselle de Lespinasse ne s'exila pas du faubourg Saint-Germain. Soit hasard, soit calcul, elle alla habiter non loin du couvent de Saint-Joseph, rue Saint-Dominique, près de la rue et du couvent de Belle-Chasse. Elle ne se contentait pas d'élever autel contre autel, elle les faisait si voisins qu'elle semblaity appeler les mêmes adorateurs. A la différence de la fière marquise, elle ne trouvait pas mauvais qu'on vînt chez elle en sortant de chez sa rivale : peutêtre même en éprouvait-elle un secret plaisir, comme d'une victoire et d'une conquête. Ainsi installée dans cet appartement, pris à location, et qui, bien que modeste, dût être cependant assez vaste pour recevoir les visiteurs qui s'y pressèrent plus nombreux chaque jour, elle n'y resta pas longtemps seule. Un an après, d'Alembert

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