AU GRAND SÉNÉCHAL DE NORMANDIE (P
Selommes, 5 septembre 1479.
Répartition de commandements entre ses capitaines ; envoi de la lettre du prévôt des maréchaux et de celle qu'il lui écrit, ainsi qu'au seigneur de Saint-André ; instructions touchant la rançon des prisonniers et le butin; avertissement à donner audit s"" dp Saint-André de ne point « faire le floquet. » — (Copies modernes. Bibl. nat., Mss. fr. 2945, fol. 28, 2831, fol. 42, et 23330, fol. 84. Mal publiée dans Rossignol, Histoire de la Bourgogne..., pp. 290-292.)
Mons"^ le seneschal, au regard du chief des gens d'armes, qui sont dedans Therouenne, j'en ay tousjours faict chief Mons"" de Saint Andréa et les deux
fia que le roi rendait la liberté aux chanoines emprisonnés et levait le séquestre apposé sur leurs biens; mais que, « pour obvier à telz empeschemens et contredits, et voulant ses rescriptions, requestes et prières raisonnables avoir lieu et sortir effect, et affin que aulcun ne se enhardisse à ce faire ou temps advenir, » il bannissait de Bourges, pendant un an, Jean Thomas et Thomas Hervier, et pendant quatre, Renaud Le Roy, Jacques Girard et Martin Brisonnet, qu'ils ne pourraient s'en approcher de plus de quatre lieues, et qu'ils avaient quinze jours pour obéir... Les chanoines exilés se soumirent et le chapitre n'osa réclamer. Gilles de Pontbriand prit possession. » (Raynal, Histoire du Berry, t. III (Bourges, 1844, in-8°), p. 130, d'après le fonds du chapitre de Saint-Êtienne aux archives du Cher et le registre capitulaire du mois de mai 1480.)
1. Guichard d'Albon, s"" de Saint-André et d'Oulches, fils de Gilles d'Albon et de Jeanne de la Palisse; élevé auprès du sire de Beaujeu, depuis duc de Bourbon, il en reçut plus tard différentes faveurs et fut notamment lieutenant de sa compagnie d'ordonnance, gouverneur de Roannais et châtelain de Bourbon- Lancy ; il servit Charles VIII en Guyenne et en Bretagne contre le duc d'Orléans et contribua à la victoire de l'armée royale à
cens lances qu'il demandoit de plus, il me sennble que ce doibt estre la compagnie de Joyeuse, et preschez Mauuory* qu'il obéisse bien, et l'autre messire Raoul
Saint-Aubin-du-Corraier, puis en Roussillon, contre le roi d'Aragon, auquel il enleva par surprise la place de Salces. Il se qualifiait « lieutenant gênerai pour le roy au pays de Languedoc pour le fait de la guerre » et était aussi bailli de Montferrant ; mais on lui trouve pour successeur, dans ce dernier office vacant par sa mort, Guy d'Amboise, seigneur de Ravel, qui en fut pourvu à la date du 19 août 1502. Guichard d'Albon avait épousé en premières noces Anne de Saint-Nectaire, dont il eut quatre fils et deux filles, et en secondes noces Catherine deTalaru. (Anselme, VII, 202.)
1. Le 8 mai 1472, a Jehan Maunourry, escuier, cappitaine des francs archiers du bailliage de Rouen, » donne quittance à « Jehan Raguier, » receveur général de Normandie, de 140 1. t. pour ses « gaiges et chevauchées » de l'année commencée le ler janvier précédent (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 1896, doss. Maunoury 43690, n" 4); il en donne encore une autre de la même somme, pour le même motif et au même personnage, le 17 juillet 1476. (Ibid., n» 5.) Par lettres patentes données au Plessis-du- Parc, le 23 janvier 1476, Louis XI, qui le qualifie son « escuier d'escurie, » le nomme à « l'office d'esleu à l'élection de Lisieux, que a tenu par cy devant son amé et féal conseillier et chambellan Georges le Grec, chevallier, » n° 6, et il donne quittance en cette qualité d'élu de Lisieux de la somme de 20 1. 1. à lui payées le 12 janvier 1493 « pour avoir faict le gect et assiette de l'octroy sur les habitans des parroisses d'icelle élection, » n° 11. Je trouve encore d'autres quittances de lui comme « escuier, seigneur de Mont la Vuigne (ou de la Vigne) et de Chaumont, conseiller et chambellan du roy, » à « Jehan Lallemant, conseiller dudit seigneur et receveur gênerai de ses finances es pays et duché de Normandie, » des 9 avril 1483, n» 8; 21 février 1485, n» 9; l^^mars 1485, n» 10; comme « cappitaine de trente lances fournies des ordonnances, » du 19 octobre 1497, n" 12; comme « capitaine de Baieux, » n° 13; de sa « pension et entretenement au service du roy, » le 10 février 1499, pour l'année commencée le !«■■ janvier précédent, n» 14. Par lettres patentes données à Gien-sur-Loire, le 10 décembre 1484, Charles VIII lui accorda,
de Lannoy, à qui j'ai baillé la charge qu'avoit le Beauvoisien ; j'entends en cas qu'ilz viennent par deux bandes et qu'il faille que Mons'^ de Baudricourt s'en voise à Franchise, et les aultres compagnies, que vous avez desja mis dedans, où il n'y a que lieutenans, lui obéiront mieux qu'ilz ne feroient s'il y avoit cappitaines, et me semble que vous l'avez bien pris.
Je vous envoyé les lettres que le prevost des mareschaux m'escript, et les lettres que j'escripts à Mons'^de Saint André et au prevost avec. Je vous prie que remonstriez à Mons"" de Saint André que je veux estre servi à mon proffit, et non à l'avarice, tant que la guerre dure, et, s'il ne le veult faire de beau, faictes luy faire par force et empoignez les prisonniers et les mettez au buttin comme les autres; et, de ceux que vous verrez qui me pourroient nuire, je vous prie qu'ilz ne soient point dellivrez, et que vous trouviez ung expédient que les cappitaines les acheptent sur le butin, dont ilz auront bon marché, et qu'ilz s'obligent à moi de ne les dellivrer d'ung long temps que vous adviserez, et qu'ilz les envoyenten leurhostelz, et en prenez les obligations, et les m'envoyez.
Mons"^ le grant seneschal, je suis bien esbahy que les cappitaines, ne Mons' de Saint André ny autres ne trouvent bon l'ordonnance que je fais que tout soit à butin, car, par ce moien, ilz auront tous les prisonniers les plus gros pour un rien; et sy les gens d'armes en sont fraudez et n'en ont rien qui vaille,
« en recompense d'un prisonnier nommé Le Polain, que feu nostre très cher seigneur et père... print de luy, » la somme de 4,000 1. t. payables en quatre années, commençant le l^"" janvier suivant, n° 7.
72i LETTRES DE LOUIS XI.
c'est ce que je demande, affin qu'une autre fois ilz tuent tout et qu'ilz n'en preignent plus prisonniers, ne chevaux, ny pillage, et jamais nous ne perdrions bataille.
Je vous prie, Mons' le grant seneschal, mon amy, parlez à tous les cappitaines à part, et faictes que la chose vienne, comme je la demande; et, incontinant que vous m'aurez faict ce service, advertissez m'en, pour m'en faire grant plaisir.
Mons"^ le grant seneschal, faictes le plus tost que vous pourrez que les cappitaines acheptent les plus gros prisonniers et qu'ilz les envoyent ainsy que dessus.
Mons' le grant seneschal mon amy, je vous tiens pour mon bon procureur là où vous estes, et ainsy je seray le vostre là où je seray.
Je vous envoyé des Suisses pour garder DouUens, tant que Mons"^ de Moreul sera retourné; et sy envoyé deux mil francs pour le fortifier à Mess'"^ Tanneguy de Villeneufve; Bapaume est d'Artois, et ne perdez rien à l'abattre plus tost que plus tard, et m'esbahis comme avez tant mis à le faire.
Dictes tout ceci à Mons' des Cordes, à Mons' de Baudricourt et à Mons"" de Maigné, car je ne leur escris, sinon qu'ilz vous croyent.
Je vous prie, dictes à Mons"^ de Sainct André qu'il ne me face point de flocquet, ny du retiz, car c'est la première désobéissance que j'ay jamais eue de cappitaine.
J'entens ceste provision s'ilz viennent par Therouenne et vers Franchise ; mais, s'ilz ne viennent que par Tlierouenne, vous pourrez laisser Mons' de Baudricourt chef, et telles gens que vous voudrez. Je ne
VOUS sçaurois enseigner de si loing; faictes ainsy que vous verrez pour le mieux, mais gardez qu'il ne demeure un seul prisonnier dedens Therouenne.
Mons"" le grant seneschal, s'il faict semblant de désobéir, mettez luy vous mesme la main sur la teste, et luy ostez par force les prisonniers, et vous asseure que je lui osteray bien tost la teste de dessus les espauUes. Mais je croy qu'il ne contredira pas; car il n'a pas le pouvoir; et si croy que le traistre paillard n'entendist oncques que je voulsisse que les cappitaines acheptassent les bons prisonniers pour y gaigner.
Mons"" le grant seneschal, mon amy, Mons"" l'escuyer Ghandio^ vous dira le surplus, et à Dieu. Escript à Selommes, le v® jour de septembre.
Mons'^ le grant seneschal, mon amy, faictes tousjours conduire bien seurement ledit Ghandio, tant à l'aller qu'en son retour,
LOYS
De Chaumont.
A nostre amé et féal conseiller et chambellan, le s' de Saint-Pierre, grant seneschal de Normandie.
l. Probablement Jean de Ghandio, seigneur de Ghàtillon-en- Bazois, marié à Jeanne de Rochefort, fille aînée d'Antoine de Rochefort et de Louise de Girard. (Bibl. nat., Gabinet de d'Hozier, voL 85, doss. Ghandio 2227.) Il est qualifié « escuier d'onneur du roy » et figure comme tel dans le troisième compte de M« André Briçonnet..., « commis à tenir le compte des deniers ordonnez pour la conduite du fait de la Ghambre du roy » pendant l'année finie le 30 septembre 1469, pour la somme de 5 1. 10 s. « pour aller à Angers porter lettres à Mons"" de Vaudemont, le 25 juillet de ladite année. » (Bibl. nat., Ms. fr. 20685, fol. 463 v°.) Ge doit être lui encore, qualifié cette fois « conseiller et maistre d'ostel du roy, » qui, le 25 novembre 1495, donne quittance à
MCCGLXXVl.
A FRANÇOIS DE GENAS (v.).
Selommes, 8 septembre 1479.
Eavoi de Blaachefort « pour la matière dont je vous ay escript; » promesse faite au duc de Galabre de lui payer la solde de trente archers pour sa garde et ordre d'exécuter cette promesse. — (Orig. Arch. du château de Cabrières. Publ. par M. le comte de Balincourt dans la Revue du Midi (année 1887), p. 332, et dans le Bulletin des Comités historiques (année 1851), p. 327.)
Mons*^ le gênerai, j'envoye Blanchefort par delà pour la matière dont je vous ay escrit ; et, pour ce que j'ai promis à mon cousin le duc de Galabre luy bailler et souidoyer trente archers pour la garde et seureté de sa personne et marcher par delà, je veuil que, sur les finances de Languedoc, vous appoinctez le payement desdiz archiers pour l'année commençant le premier jour d'octobre prochain venant, à la raison de VII livres et x sols par moys. Et gardés bien qu'il n'y ait faulte, car j'aymeroys mieulx qu'il demourast de mes aultres afferes. Escript à Selommes, le viii® jour de septembre, l'an mil CGGGLXXIX.Etadvisez se porrez trouver par delà le remboursement des xx" escus du roy de Secille. LOYS.
Picot.
« Jehan Lallemant, conseiller du roy et receveur gênerai de ses finances en Normandie, » de 375 1. t. pour partie des 1,500 par lui dépensées « pour avoir nourry par aucun temps certain nombre de gens officiers que ledit seigneur a fait venir de Napples, come faiseurs de bardes, deviseurs de bastiemens, orfèvres et plusieurs autres, et pour iceulx mener et conduire jusques à Amboise, où ledit seigneur les envoyé présentement... » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 668, doss. Ghandio 15634, n« 2.)
A nosire amé et féal conseiller et gênerai de noz finances maistre François de Gênas.
MGGCLXXVII.
AU PARLEMENT (v.).
Plessis-du-Parc, 14 septembre 1479.
Ordre d'en finir avec le procès de Marc Cename, qui dure depuis soixante ans. — (Orig. Arch. nat., XIaQSIS, fol. 28.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, pour chose que vous ayons fait
dire du procès de Marc Cename^, il n'est point encores
1. Marc Cename était déjà serviteur du dauphin, j'ignore à quel titre, mais je le trouve pendant le séjour de celui-ci en Hainaut, chargé d'une lettre de Jean Arnoulfin pour son maître (Charavay, Lettres missives de Louis dauphin, I, 160, n» CXXV) et créancier de Gaston du Lyon pour une somme de 525 1. {Ibid., pp. 291-292.) Je le trouve plus tard qualifié « clerc et pannetier » du roi, « esleu des aides ordonnées pour la guerre en la ville et eslection de Paris, » dans des lettres patentes de Louis XI, en date de Provins, 22 juin 1479, par lesquelles le roi lui donne « toutes les restes... deues par la fin des comptes renduz et à rendre par feu Nicolas de Poges, ou ses héritiers, commis, pleiges et cautions..., tant à cause de la recepte des aides à Rouen qu'il a tenue et excercée en son nom par aucun temps, comme à cause de la commission qu'il a eue... de recevoir les restes dpues à cause de la recepte de Jehan Roussel, son prédécesseur, receveur des aides et des quinze solz tournois pour chascune queue de vin passant soubz le Pont de l'Arche durant le temps qu'il en a eu la charge et commission, depuis lequel temps icellui de Poges, qui estoit ouliremontain, natif de la ville de Luques, avant que affiner sesdiz comptes, s'est retiré en la ville de Bruges, en laquelle ilest puis nagueres decedé... » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 633, doss. Cename 14915, n» 5.) Comme « esleu sur le fait des aydes à Paris, » il reçoit 180 1. pour un cheval de poil grison « sur le deuxiesme compte de Pierre de Lailly, receveur gênerai sur et
despeché. Il y a soixante ans qu'il a esté commancé ; vous ferez bien et justice de le despecher en manière que n'en oyons plus parler. Donné au Plessiz du Parc, le xiiii^^jour de septembre.
LOYS
N. Bayard.
A noz amez et feaulx conseilliers les gens de nostre court de parlement à Paris ^ .
Recepte xxviij septembris LXX1I°.
deçà Seine et Yonne pour l'année finie en septembre 1475 » (Bibl. nat., Ms. fr. 20685, fol. 681 v») ; écuyer, panetier du roi, il touche 300 1. a en faveur de son mariage sur le troisiesrae compte dudit Pierre de Lailly, » fini en septembre 1476 (Ibid., fol. 657) ; 257 1. en récompense d'une place d'homme d'armes qui lui avait été promise, à l'occasion dudit mariage, sur le sixième compte dudit Pierre de Lailly, du l^"" octobre 1478 au 12 décembre 1479. (Ibid,, fol. 689 v°.) « Commis à la recepte et paiement des deniers ordonnez pour les menuz neccessitez de la Chambre des comptes, » il donne quittance, le 24 mai 1493, en cette qualité, à Jean Le Roy, vicomte d'Avranches, de la somme de 25 1. t. (Pièces orig., doss. cité, n° 29.) Le 13 mai 1496, en cette même qualité de « commis à la recepte et paiement des neccessitez de la Chambre des comptes de Paris, r> il donne encore quittance à « Jehan Du Baquet, escuier, commis du grenetier d'Exmez, » de la somme de 8 1. pour employer au fait de sadicte commission. (Ibid., nos 6 et 30.)
1. Le 23 août 1481, le Parlement ordonne qu'en exécution d'autre arrêt du 7 septembre 1478, « Jehan d'Ozonville..., filz et héritier de feu Mathurin d'Ozonville, » et aussi a héritier de feu Hue de Dicy, sera contrainct à rendre compte à Jaques et Marc Cenesmes, demandeurs, des fruiz et levées de la terre de la Mote de Luserches, depuis l'an mil IIIIc XXVIII, que le procès principal fut commencé par feu Guillaume Cenesme, père d'iceulx demandeurs, contre feu messire Pierre Leclerc, chevalier, et feu maistre Hue de Dicy..., jusques à l'an mil IIIP LXIII, que ladicte terre fut mise en la main du roi, criées et subhastations, ainsi que des terres et seigneuries d'Ablon et de Vaulx-sur- -Bssonne... » (Arch. nat., Parlement, Conseil, X** 1489, fol. 327.)
MGGGLXXYIII. ^
AU COMTE DE DUNOIS (d.).
Plessis-du-Parc, 15 septembre 1479.
Accusé de réception de sa lettre et remerciement de la peine qu'il se donne pour lui et le duc de Savoie, son neveu; désir du roi qu'ils lui envoient demander ses intentions; ordre de remercier le seigneur de la Chambre de sa bonne volonté; arrivée du s"" de Raconis envoyé par « ceulx de Pymont » pour se plaindre de la manière dont il a été procédé à l'élection des représentants des États de leur pays dans le Conseil du duc; nécessité qu'il y aurait de ne pas les mécontenter; projet du roi de leur envoyer deux cents archers; son mécontentement de ce que Pierre d'Aulx a fait à Arbent. — (Orig. Bibl. nat., Coll. Fontanieu, vol. 138, fol. 48.)
Mon frère, j'ay receu voz lettres et vous remercye des peines que vous prenez par delà pour moy et pour mon nepveu Mons"" de Savoye.
Au regard de mes deux nepveuz', incontinent qu'ilz seront partiz à eulx en venir, faites qu'ilz envoient devers moy, et je leur feray savoir où ilz se rendront. Au surplus, remerciez Mons"" de la Ghambredu vouloir qu'il monstre par effect avoir envers moy.
Mon frère, ceulx de Pymont ont envoyé devers moy le seigneur de Racongnilz^, qui s'est plaint de par
1. Philibert le Chasseur, duc de Savoie, de 1472 au 22 avril 1482, fils d'Amédée IX et d'Yolande de France, et son frère Jacques Louis, marquis de Gex.
2. Louis de la Chambre, vicomte de Maurienne et maréchal de Savoie, fils d'Aymé de Seyssel, premier comte de la Chambre, et de Marie de Savoie-Raconis. (Guichenon, Histoire généalogique de la maison de Savoie, II, 1200.)