AU SEIGNEUR DE TAILLEBOURG (V
Plessis-du-Parc, 15 février 1480.
Accusé de réception de sa lettre ; remerciements pour les « bons advertissemens » qu'elle contient; impossibilité d'un accord avec Lespronier en l'absence de Guillaume Gast; ordre de le lui envoyer. — (Orig. Arcb. de M. le duc de la Trémoille.)
Mon frère, j'ay receu voz lettres, et vous mercye des bons advertissemens que m'avez envoyez. Et au regard de Lespronier, dont m'escripvez, jamais je ne me peuls bien accorder avec lui, si Guillaume Gast n'y est; et pour ce je vous prie que, incontinent ces lettres veues, vous le m'envoyez, et vous me ferez ung bien grant plaisir. Et à Dieu, mon frère. Escript au Plessys du Parc, le xv® jour de février.
LOYS
A mon frère mons"" de Taillebourgt.
n" MGGLXXIX, à la date du 10 février 1479 que je lui ai assignée par inadvertance, ainsi qu'à la lettre précédente.
MGGGGXXIV.
AU PARLEMENT (v.).
Les Forges, 18 février 1480.
iQterdiction au parlement de recevoir l'appel interjeté par l'archevêque de Reims de la nomination faite par le pape au siège épiscopal de Saint-Brieuc de Christophe de Penmarck. — — (Orig. Arch. nat., X1a9318, fol. 55.)
De par le roy.
Nos amez et feaulx, nostre très chier et très amé nepveu le duc de Bretaigne nous a fait remonstrer que nostre Sainct Père le pappe, puis nagueres a deschargé l'arcevesque de Reims de l'evesché de Sainct Brieuc^ oudit pays de Bretaigne, et en a pourveu messire Ghristofle de Penmarch^; et que, au moyen de certain adjournement en cas d'appel, ledit arcevesque de Reims se efforce tenir nostredit nepveu et ledit messire Ghristofle en procès par devant vous, en nous suppliant que, attendu que ladicte provision a esté faicte justement et canoniquement par nostredit Sainct Père, que les voulsissions faire getter et mettre hors dudit procès. Par quoy, nous inclinans à la requeste de nostredit nepveu, et aussi attendu que ladicte provision a esté faicte par nostredit Sainct Père, comme
i. Pierre de Laval avait été d'abord pourvu du siège de Saint- Brieuc et l'avait conservé en commende, quand il fut promu au siège archiépiscopal de Reims en 1473. (Gall. christ., IX, 140.)
2. Christophe de Penmarch avait été nommé par le pape évèque de Saint-Brieuc le 14 janvier 1477, mais Pierre de Laval lui disputait son siège, et le conflit ne prit fin qu'à la suite des bulles d'Innocent VIII du 8 août 1485, ordonnant au cardmal de Foix de mettre Christophe en possession. (GaW. c/imi., XIV, 1100.)
dit est, nous vous mandons, commandons et expressément enjoingnons, que de ladicte matière vous ne congnoissez, ne n'en tenez plus aucune court, juridiction, ne congnoissance ; et laquelle, en tant que besoing seroit, nous vous avons interdicte et deffendue, interdisons et deffendons. Sy y faites tellement que n'ayons plus cause de vous en escripre, et qu'il n'y ait point de faulte, car tel est nostre plaisir. Donné aux Forges, le xviii® jour de février.
LOYS
J. DE GhAUMONT.
A noz amez et feaulx conseilliers les gens de nostre court de parlement.
Recepte xv maii M» CCCC° LXXIX°.
MGGGGXXV.
A GUILLAUME BOURNEL (d.).
Plessis-du-Parc, 21 février 1480.
Accusé de réception de leur lettre; explications fournies par Louis de Montmirel sur les difficultés que fait le seigneur de la Jaille touchant la remise de Bar; désir du roi que dans le traité de cession il ne soit pas question explicitement d'arrentement en échange de Bar, et, s'il est impossible de l'obtenir autrement, ordre d'insérer dans ledit traité « quelques bons mots » qui puissent servir le roi. — (Copies. Bibl. nat., coll. Dupuy, Ms. 760, fol. 201 v», et fr. 6987, fol. 8. Publ. par M. le comte de Beauchesne, le Château de la Roche-Talbot et ses seigneurs (Mamers, 1893, in-8°), p. 93.)
Guillaume Bournel ^ et vous, maistre Ro-
1. Je trouve pour la première fois « Guillaume Bournel, escuier, bailli de Rue » pour le duc de Bourgogne, et donnant
quittance le 6 juin 1447 à « Jehan le Doulz, receveur de Pontieu, » de 30 1. p., à lui dues par le duc pour les termes de Toussaint, de la Chandeleur et de l'Ascension, de ses « gaiges et pencion dudit office de bailli. » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 472, doss. Bournel 10507, n° 5.) Le 8 novembre 1449, il est qualifié seigneur de Lambercourt, lieutenant général du sénéchal de Ponthieu, dans un acte où il certifie le cours des monnaies dans ledit comté de Ponthieu, de la Saint-Jean-Baptiste 1448 à la Saint-Jean-Baptiste 1449. (Ibid., n» 6.) Le 5 octobre 1453, il est au service du roi, « juge commis pour lui en la seneschaucie de Pontieu, » et taxe en cette qualité à « Jehan Vilain, advocat et conseillier du roy, » la somme de 48 1. t. pour son « sallaire et vacquation d'avoir fait certaine enqueste et information en la ville de Lygescourt, et ailleurs environ, touchant certain délit, envaissement et asault de maisons, qui de nuit avoient esté fais en ladicte ville de Ligescourt, par Pieret Paris, Mahieu le Porcquier etaultres leurs complices..., condempnez pour ledit cas, envers le roy, en amende de vingt 1. » (Ibid., n" 7.) Le 18 septembre 1468, il fait délivrance, par ordre du roi, conjointement avec Pierre Aubert, seigneur d'Ingrande, à « Arnould Housse et à sa femme Ysabeau de Benard, des biens délaissés par feu messire Gaultier Quenoille, natif du pais de Breban, en son vivant presbtre et sommeiller de l'eschançonnerie du roy, » frère de ladite Isabeau. (Ibid., n° 11.) Devenu conseiller et « maistre d'ostel du roy, » il donne quittance le 2 mai 1472 à « Jehan Raguier, receveur gênerai des finances ou pays de Normandie, » de 500 1. t. pour sa pension de l'année commencée le l^"" janvier précédent. (Ibid., n^ 12.) Le 31 janvier 1487, sous le règne de Charles VIII, il recevait encore de Jean Lalemant, receveur général des finances en Normandie, 180 1. 1. à lui « ordonnées par le roy » pour sa « penssion et entretenement » de l'année commencée le l^"" janvier précédent (ibid., n° 14); il est qualifié encore conseiller du « roy et maistre de son artillerie » dans un acte du 4 décembre 1474, par lequel il certifie « que Pierre de FogeroUes, clerc du trésorier des guerres, a vacqué pour le fait et distribution de certaine somme de deniers distribuée » par ordre du roi « pour la conduicte et ménage de certaine quantité d'artillerie, qu'il a voulu estre menée ou pays de Nyvernois et ramenée en la ville de Tours, » du 29 septembre au 20 novembre précédents. (Ibid., n» 13.) Gomme on le voit par la présente lettre, Louis XI ne craignait pas non plus de lui confier au besoin des missions diplomatiques.
bert^ j'ay veules lettres que m'avez escriptes, et faict
1. « Roberl de Montmirel, maistre es ars et licencié en décret, » d'après son contrat de mariage avec « damoiselle Denise de Harlay, iille de Nicholas de Harlay, escuier d'escuirie du roy et du duc de Bourgoigne..., et de Gaillarde Le Fevre, » ledit contrat cité dans la procuration donnée le 2 août 1442, à Bruges, à ladite Gaillarde, pour le conclure (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 2029, doss. Montmirel 46428, n» 3); il donne quittance comme « clerc du roy en sa Chambre des comptes, » le 5 juillet 1453, à « Macé de Lannoy, receveur gênerai de Normandie, n de 565 1. t. à lui « ordonnées par le roy pour le parpaiement du voiaige par lui fait ou pais de Normandie en la compaiguie de Mons'' le connestable, Mons'' l'arcevesque de Nerbonne, et autres commissaires envolez de par le roy oudit pais... » (N» 5.) Il se qualifie seigneur de la Vaudoire dans une autre quittance, donnée par lui le 8 octobre 1459 à « Alixandre Lorget, grenetier du grenier à sel de Pontoise, d'ung sextieret ung boissel de sel, pour la provision et despense de son hostel, du sel, que, à cause de sadicte terre de la Vaudoire, il a droit de prendre au port et péage de Maisons sur Seine, » en l'année finie le 30 septembre précédent. (N° 7.) Il était propriétaire d'une terre à Houilles, d'après un acte du 21 novembre 1459 {n° 8), et, vingt ans après, en 1479, on le voit figurer parmi « les francs et exemps du fouage dû au roi en la paroisse du Bec, de Mortaingne, de Gueilly..., » où il possédait également quelque domaine « au lieu de Viuemesnil. » (N» 9.) Il fut commis, en 1473, à l'office de « gênerai conseiller sur le fait des finances n et il est porté, en cette qualité, pour 309 1. sur le « septiesme compte de Jehan Briçonnet, conseiller et receveur gênerai des finances au pays de Languedoil » pour l'année finie en septembre 1473, à raison de ses voyages du 7 juillet au 6 novembre de ladite année. (Bibl. nat., Ms. fr. 20685, fol. 585 v".) Une cédule du trésorier du roi, du 5 janvier 1481, reconnaît à son profit, a à cause de ses gaiges de VI s. p. par jour » pendant les mois d'octobre à décembre précédents « contenans iiii«xii jours, xxvn 1. xn s. p., pour ses droiz d'escriptures, qui sont de xxx l. p. par an pour ledit temps, faisans ung quart d'an et le résidu du terme Nativité Nostre Seigneur, aussi derrenier passé, vu 1. x. s. p., et pour son mantel d'iver, escheu audit terme, c s. p. pour tout xl 1. n s. p., » ladite cédule suivie du reçu signé R. de Montmirel (s. d.). (N" 10.) Robert de Montmirel ne vivait plus à la date du l^r février 1485, où l'on voit
ouyr maistre Loys de Montmirel ^ touchant les difficultez que vous a faictes le seigneur de la Jaille-, et la
« Denise de Harlay, vefve de feu maistre Robert de Montmirel, en son vivant clerc du roy en sa Chambre des comptes, et maistre Loys de Montmirel, aussi clerc dudit seigneur en icelle Chambre, filz et héritier dudit deffunct, tant pour luy que pour ses autres frères, » donner quittance à « Michiel Doublet, viconte de Monstiervillier, » de 26 1. 5 s. p. « pour le remboursement de semblable somme, que ledit deffunct avoit une foiz receue de Martin Le Roy, commis à tenir le compte de l'escuirie d'icellui seigneur, pour ses droiz de ladicte escuirie des années finyes CCCC LXVI, LXVU, LXVni, LXIX, LXX, LXXI, LXXU, LXXIII et LXXIIII, qui est, pour chascune d'icelles, Lvni s. un d. p., laquelle somme il restitua par ordonnance du roy..., ainsi que les autres officiers de la Chambre, et depuis le roy... par ses lettres patentes, a voulu que lesdiz officiers en feussent restituez... » (N» 11.)
1. Louis de Montmirel, fils de Robert, comme on le voit par la note précédente, et par un acte de partage de la succession de ses père et mère du 14 août 1514. Il y est qualifié « conseiller du roy et gênerai sur le fait de la justice des aides à Paris. » (Ibid., n° 19.)
2. Pierre II de la Jaiile, seigneur de la Roche-Talbot, fils de Bertrand I^"" de la Jaiile et de Guillemette Odart ; d'abord serviteur d'Arthur et de François II, ducs de Bretagne, il passa, semble-t-il, vers 1462, au moment de son mariage avec Isabeau de Beauvau, fille de Bertrand de Beauvau et de Françoise de Brezé, au service de Louis XI; mais il ne conserva la faveur du roi que peu de temps, et nous le trouvons à la fin de 1467 auprès du roi de Sicile, René d'Anjou, qui en fit son conseiller et chambellan. Envoyé par lettres de ce roi, du 7 novembre 1479, vers Louis XI, à Tours, avec Honorât de Berre et l'évêque de Marseille, afin de négocier la cession pour six ans du revenu de Bnr, moyennant une rente annuelle de 6,000 1., puis chargé de faire la remise dudit Bar aux envoyés de Louis XI, il défendit avec habileté les intérêts de son maître, qui l'en récompensa en lui donnant la charge de grand sénéchal de Provence, vacante par la mort de Jean Cossa, et qu'il occupait le 18 mai 1480. Il se serait trouvé au lit de mort du roi René, le 10 juillet 1480. Il conserva ses fonctions de grand sénéchal sous Charles II, neveu
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forme de bailler la possession de Bar, et par escript la manière que ledit de la Jaille vous veult bailler ladicte possession, et (ju'il veult faire faire les sermens par ceux de la ville. Je voudroye bien que, s'il se peult faire, que selon ce que demandez, la possession fut prise sans parler de l'arrendement, car il semble qu'il souffit de dire selon les traictié et appoinctement; et, en toutes les façons que vous pourrez essayer à l'avoir, ainsy employez vous y. Et aussi j'ay chargé aux seigneurs de Precigny^ et de Gursay et Bertrand de la Jaille*^, d'en escripre audict seigneur de la Jaille,
et successeur du roi René comme comte de Provence ; mais il fut disgracié par Louis XI, héritier de Gliarles, et remplacé dans ses fonctions de grand sénéchal par Raymond de Glandèves; il mourut peu après en 1483. (Comte de Beauchesne, Ouvr. cit., pp. 80 et suiv.)
1. Antoine de Beauvau, comte de Policastre, seigneur de Précigny, de Sillé-le-Guillaume et de Pimpéan, (ils de Bertrand de Beauvau et de Jeanne de la Tour, sa première femme. D'abord serviteur du duc de Bretagne, qui le choisit pour l'un des négociateurs du traité d'Ancenis en 1468, il passa peu après au service de Louis XI, qui en lit son chancelier et chambellan, et le nomma président laïque de la Chambre des comptes de Paris à la place de son père Bertrand de Beauvau. Il mourut eu mai 1489. (Comte de Beauchesne, Ouvr. cit., p. 90, n. 1.)
2. Bertrand de la Jaille, seigneur d'Avrillé, frère puîné de Pierre II, échanson de Louis XI en 1465, chargé par lui, en 1468, d'une mission à Perpignan, auprès de Thomas Basin ; puis, en 1471, l'un des gentilshommes de l'hôtel récemment créés par le roi. (Bibl. nat., Ms. fr. 21451, fol. 307.) Il épousa, vers 1475, Catherine Le Roy, iille de Guillaume, seigneur de Chavigny, et de Françoise de Fontenay. Il reçut à la Roche-Talbot, où il résidait en l'absence de son frère Hardouin, retenu en Lorraine, le roi Charles VIII pendant les mois d'août et septembre 1488, et en août 1491 ; il en devint lui-même seigneur à la mort de son frère en 1493 ; mais ne lui survécut pas plus tard que le mois d'avril 1496. (Comte de Beauchesne, op. laud., pp. 128-147.)
LETTRES DE LOUrS XI. 147
car il sembloit à son parlement qu'il n'y eust nulle difficulté. Toutestbis, se il ne la veult bailler autrement que ainsy qu'il l'a mis par escript, prenez ladicte possession, et que ceux de la ville facent le serment, et advisez d'y mettre quelques bons mots qui me puissent servir ; mais je n'entends pas laisser la ville et le chastel à la garde de ceux de la ville seulement; car les morte-payes y demourront tousjours^ ; mais n'en parlez poinct et n'en faictes nulle difficulté qui ne la vous fera, ainsi que plus à plain j'ay faict dire audict maistre Loys de Montmirel, pour le vous dire ; et en tout faictes ainsi que j'ay en vous la fiance. Escript au Plessis du Parc, le vingt ungiesme jour de février.
Loys.
Parent.
MGGGGXXVI.
A FRANÇOIS DE GENAS (d.).
Montbazon, 1" mars 1480.
Ordre de venir le trouver le lendemain à son lever. — (Publ. dans le Bulletin du Comité historique des monuments écrits de l'histoire de France. Histoire, sciences, lettres, III (Paris, 1852, in-8°), p. 238.)
General, venez vous en demain devers moy, et soiez icy demain à mon lever, et qu'il n'y ait point de
1. Le samedi 18 mars 1480, Guillaume Bournel et Robert de Montmirel notifièrent aux nobles du comté de Bar la remise qui leur en avait été faite par les commissaires du roi René le mardi précédent. (Arch. nat., F 2549, fol. 111.)
faulte. Escript à Montbazoïi ' , le premier jour de mars.
Lois.
N. Parent.
A nostre amé et féal conseiller François de Gênas, gênerai de noz finances.
MGGGGXXVII.
AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.).
Montbazon, l^"^ mars 1480.
Ordre de venir le trouver le samedi suivant au Plessis-du-Parc. — (Orig. Bibl. nat., iMs. fr. 2908, fol. 6.)
Mons"" du Bouchage, je vous prye que samedi prochain^ vous vous rendez devers moy au Plessis du Parc, et qu'il n'y ait point de faulte. Escript à Montbazon, le premier jour de mars.
LOYS
Parent.
A nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire du Boschaige.
MGGGGXXVIÏI.
AU PARLEMENT (v.).
Plessis-du-Parc, 8 mars 1480.
Information faite sur les attentats commis par les officiers du duc de Bourbon contre la souveraineté royale par Jean Avin, Jean Doyat, bailli de Montferrant, et autres; renvoi devant le parlement du chancelier et autres officiers du duc; ordre de
1. Chef-lieu de canton de -l'arrondissement de Tours (Indre-et- Loire).