‹ Lettres (volume 2)Chapitre 47 sur 91 · AUX PRÉVÔT DES MARCHANDS, ÉCHEVINS ET HABITANTS DE PARIS (V · texte numérisé non relu

AUX PRÉVÔT DES MARCHANDS, ÉCHEVINS ET HABITANTS DE PARIS (V

Chartres, 2 juillet 1480.

Ordre de recevoir avec les honneurs accoutumés l'évêque de Marseille, nommé par le roi son lieutenant en la ville de Paris. — (Copie du temps, Arch. nat., Z*" 19, fol. 113.)

De par le roy.

Très chiers et bien amez, nous envoyons présentement nostre amé et féal conseillier, l'evesque de Marceille, pour estre nostre lieutenant en nostre ville de Paris. Et pour ce nous voulons, vous mandons et commandons, que toutes et quantesfois qu'il yra et vouldra aller en l'ostel commun de nostredicte ville de Paris, vous le recevez et souffrez présider et assister et lui communiquer tous les affaires communs de ladicte ville, et ne besongnez en chose qui soit de importance sans le appeller. Et, au seurplus, lui obéissez et faictes tout l'onneur et reverance qu'il appartient à faire à lieutenant du roy, et que vous feriez à nostre propre personne, se presens y estions. Et gardez bien qu'il n'y ait faulte. Donné à Chartres, le u^ jour de juillet.

LOYS

G. Briçonnet.

A noz très chiers et bien amez les prevost des marchans, eschevins, bourgoys et habitans de nostre bonne ville de Paris.

La réception de la missive royale est constatée dans les termes suivants :

« Mercredi xi^ jour dudit mois de juillet [1480]. Aujourd'uy avons receues certaines lettres missives du roy, nostre sire, par révérend père en Dieu Mons"" l'evesque de Marceille, desquelles la teneur s'ensuit. » Suit le texte de la missive.

î Lesquelles lettres nous avons, ledit jour d'uy, fait lire et publier en la grant salle de l'ostel de ladicte ville, en la présence de mondit s"" l'evesque, plusieurs conseilliers, quarteniers et bourgois d'icelle, et ce fait nous avons receu mondit s' l'evesque pour et ou nom de ladicte ville, lieutenant dudit s'' en ceste dicte ville, ainsi que le roy, nostredit s"", le nous a mandé et escript par lesdictes lettres. »

MCCCGLXXXIl.

AU ROI D'ANGLETERRE (d.).

La Mote-d'Égry, 3 juillet 1480.

Accusé de réception de la lettre apportée par le s"" de Howard et Thomas Langton, ses ambassadeurs; intention du roi d'envoyer aussi une ambassade en Angleterre pour arriver à la conclusion d'une paix solide. — (Copie du temps. Bibl. nat., Ms. fr. 4054, fol. 257. Minute, fol. 256.)

Mons"" mon cousin, je me recommande à vous tant et si chierement comme je puis. J'ay receu les lettres que par le s"^ de Houward et maistre Thomas Langton ' , voz ambassadeurs, m'avez escriptes, et oy tout ce qu'ilz m'ont dit de vostre part ; sur quoy, et sur les matières dont ilz m'ont parlé, j'ay fait communiquer

1. Le M compte troisiesme de Jehan Lallemant, conseiller du roy et receveur gênerai des finances au pays et duché de Normandie » pour l'année 1483, renferme l'article suivant, qui se rapporte, je crois, à cette mission de Thomas Langton : « M^ Thomas Lançon, docteur anglois venu en ambassade vers le roy de par le roy d'Angleterre, 9801. payées par ordonnance du roy... » (Bibl. nat., Ms. fr. 20685, fol. 737.)

avequez eulz par aucuns des plus especiaulx de mon conseil. Et pour ce, Mous' mon cousin, que j'ay tousjours désiré et désire que les matières traictées entre vous et moy soient entretenues et conduictes au bien et honneur de l'un et de l'autre de nous et de noz royaumes et seigneuries, je me suis délibéré d'envoyer devers vous aucuns seurs et feables de mon conseil, pour bien au long vous parler desdictes matières et y prendre bonne conclusion, selon l'effect et entention en quoy vous et moy les traictasmes, en quoy de ma part n'aura point de faulte ; et povez estre certain, Mons"" mon cousin, que le plus grant désir que j'ay en ce monde est de tousjours entretenir la bonne paix, amitié, confédération, aliances et autres choses appoinctées entre nous, ainsi que j'ay dit et fait dire plus à plain à vosdiz ambassadeurs comme par eulx pourrez savoir. Et à tant, Mons"^ mon cousin, je pry le benoist filz de Dieu, qu'il vous ait tousjours en sa très saincte garde. Escript à la Mothe d'Esgry, le m® jour de juillet.

[Minute des lettres escriptes] de par le roy au roy d'Angleterre, responsives à celles qu'il luy a escriptes par le sire de Bouvard et M" Thomas Langton, escriplz ou moys de juillet IkSO.

L'on ne sait encore se le roy escripra en ceste forme ou autrement.

MGGGGLXXXIII.

AU SEIGNEUR d'alRY, AU CHANCELIER, AU COMTE DE CASTRES, AU SEIGNEUR DE CHAMPEROUX, A CHAM- BON ET A LA VACQUERIE (v.).

La Curée, 6 juillet 1480.

Ordre de conclure le mariage du dauphin et de la fille d'Edouard IV, si les envoyés de celui-ci acceptent une rente de 15,000 1. par

an; inutilité de leur venue, qui empêcherait d'avoir la trêve. — (Orig, ayant appartenu à M. Et. Gharavay.)

Mess"^", quant ilz me demandèrent \ ilz avoient puissance l'autre fois de ne demander point de douaire, mais qu'on leur feist dix mil escuz par an; et puisqu'il parlent des xv% ilz ont puissance de ne parler plus du douaire, jusques ad ce que le mariage se face en leur faisant les xv"; et s'iiz le veulent faire, appoinctez le avecques eulx, sinon vous les avez bien despechez^.

Au regard de venir, il n'y a point de raison, et vous en despechez plus tost que plus tard, car leur demeure par deçà vous garde d'avoir la trefve ; ne m'en escripvez plus, car je vous mande ce qu'il me semble. A Dieu, Mess'■^ Escript à la Curée^, le Yf jour de juillet.

LOYS

De Doyat.

A Mess^ d'Alby, chancellier, conte de Castres'^, de Ghamperroux^, Ghambon et de la Wacquerie^.

Au dos : Lettres du roy touchant l'expédition des Anglais r

à Nemours, le samedi matin viij^ de juillet mil CCCC quatre vingt.

1. Le roi entend parler des ambassadeurs du roi d'Angleterre, le S"" de Howard et Thomas Langton.

2. Le mariage dont il est ici question et qui n'eut pas lieu était celui du dauphin Charles avec la princesse Elisabeth d'Yorck, fille d'Edouard IV.

3. Dans la commune de Mondreville, canton de Château-Landon, arrondissement de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

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