‹ Lettres (volume 2)Chapitre 41 sur 264 · DE M'"^ DE SÉY1G>"É A M "' DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE M'"^ DE SÉY1G>"É A M "' DE GRIGNAN

A Livry , jeudi saint 26 mars 1671.

Si j'avais autant pleuré mes péchés que j'ai pleuré pour vous depuis que je suis ici, je serais très-bien disposée pour faire mes paques et mon jubilé. J'ai passé ici le temps que j'avais résolu, de la manière dont je l'avais imaginé, à la réserve de votre souvenir, qui m'a plus tourmentée que je ne l'avais pré\Ti. C'est une chose étrange qu'une imagination vive, qui représente toutes choses comme si elles étaient encore : sur cela on sougc au présent; et quand on a le cœur comme je l'ai, on se meurt. Je ne sais où me sauver de vous; notre maison de Paris m'assomme encore tous les jours, et Livry m'achève. Pour vous , c'est par un effort de mémoire que vous pensez à moi : la Provence n'est point obligée de me rendre à vous, comme ces lieux-ci doivent vous rendre à moi. J'ai trouvé de la douceur dans la tristesse que j'ai eue ici ; une grande soUtude , un grand silence, un office triste, des Ténèbres chantées avec dévotion , un jeûne canonique, et une beauté dans ces jardins, dont vous seriez charmée : tout cela m'a plu. Je n'avais jamais été à Livry la semaine sainte : hélas! que je vous y ai souhaitée! Mais je m'en retourne à Paris par nécessité ; j'y trouverai de vos lettres , et je veux demain aller à la passion du pèreBourdaloue, ou du père Mascaron; j'ai toujours honoré les belles passions. Adieu, ma chère petite : voilà ce que vous aurez de Livry. Si j'avais eu la force de ne vous y point écrire , et de faire un sacrifice à Dieu de tout ce que j'y ai senti , cela vaudrait mieux que toutes les pénitences du monde ; mais, au lieu d'en

' Vers d'un joli madrigal de Montreuil, qui est resté dans le souvenir des gens

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DE JNJADAME DE SR VIGNE. Ht

faire un bon usage , j'ai cherclié de la consolation à vous eu parler. Ah ! ma lill»' , que cela est faible et misérable !

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