‹ Lettres;Chapitre 33 sur 111 · DE MADAME DE SÉVIGNÉ A M. DE POMPOINNE · texte numérisé non relu

DE MADAME DE SÉVIGNÉ A M. DE POMPOINNE

Aux Rochers, ce H octobre \66i.

Il n'y a rien de plus vrai que l'amitié se réchauff*^ quand on est dans les mêmes intérêts : vous m'avez écrit si obligeamment là-flessus, que je ne puis y répondre plus juste qu'en vous assurant que j'ai les mêmes sentiments pour vous que vous avez pour moi , et qu'en un mot je vous honore et vous estime d'une façon toute particulière. Mais que dites-vous de tout ce qu'on a trouvé dans ces cassettes? Eussiez-vous jamais cru que mes pauvres lettres , pleines du mariage de M. de La Trousse et de toutes les affaires de sa maison , se trouvassent placées si mystérieusement? Je vous assure que , quelque gloire que je puisse tirer par ceux qui me feront justice, de n'avoir jamais eu avec lui d'autre commerce que celui-là, je ne laisse pas d'être sensiblement touchée de me voir obligée de me justifier, et peut-être fort inutilement à l'égard de mille personnes qui ne comprei»dront jamais cette vérité. Je pense que vous comprenez bien aisément la douleur que cela fait à un cœur comme le mien. Je vous conjure de dire sur cela ce que vous e:. savez; je ne puis avoir assez d'amis en cette occasion. J'attends avec impatience monsieur votre frère ' pour me consoler un peu avec lui de cette bizarre aventure ; cependant je ne laisse pas de souhaiter de tout mon cœur du

' Simon Arn.iulil, maninis de Pomponne, (fiait l'ami de FoiKjnet. Après la di>{;r;ice (>•• ce niiiiislrr, il fut roIi'Kii»; à Verdun. ( A. G. )

ï AiiHiiiie Vin.mll, abbj de Cbiirncs. Il élut Taîn^dos enfants d'Ar* nauhl-d Andillv.

soulagement aux malheureux, et je vous demande toujours, Monsieur , la continuation de l'honneur de votre amitié.

Rabutin-Chantal.

Page 1