‹ Lettres;Chapitre 93 sur 111 · DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE BUSSY · texte numérisé non relu

DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE DE BUSSY

A Paris , ce 17 mai i&7{.

Je vous écris dans ma cellule de notre petite sœur de Sainte-Marie ' . J'aime cette nièce, je lui trouve de l'esprit, et une piété qui me charme et qui' me donne de l'envie : car, après tout , mon pauvre cousin, rien n'est si bon ni si solide que la pensée de son salut. Voici une créature qui en est uniquement occupée. Cela fait que je l'honore, contre l'inclination naturelle que j'aurais de ne la pas trop respecter. Je la quitte pour vous dire que je loue fort l'occupation que vous vous donnez présentement. Elle est digne de votre esprit, et je m'en réjouis par avance pour l'intérêt de nos neveux , qui trouveront un grand goût à ces Mémoires. Je pars demain pour aller en Bretagne. J'y serai jusqu'à la Toussaint. La pauvre Grignan est sous son soleil de Provence. Si les honneurs qu'on lui fait pouvaient la rafraîchir un peu, elle serait bienheureuse; mais je doute que rien la puisse consoler entièrement de nous avoir quittés. Écrivez , monsieur le Comte, écrivez-moi dans ma province, et croyez que vous n'êtes guère moins bien auprès de moi qu'auprès de notre petite sœur, à la réserve qu'elle vous respecte comme son père , et que je vous honore comme mon cousin.

' Diane-Charlotte , fille aînée du comte de Bussy , religieuse au couvent des Filles de la Visitation de Paris.

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