HUITIEME LETTRE
Henri Meyer à Julianne C...
Mademoiselle,
Je crains qu'on ne vous ait vue sortir de chez moi, et j'en suis très fâché pour l'amour de vous, et aussi pour l'amour de moi-même. Il n'est pas bien étonnant que je me sois laissé toucher par vos larmes : cependant je me reproche beaucoup ma faiblesse ; et en bien repensant à votre conduite, je n'y vois pas des preuves d'une préférence si grande qu'elle m'excuse à mes propres yeux. Je vous prie de ne plus venir ici ; j'ai dit au domestique qui vous a vue sortir que si vous reveniez, il ne fallait pas vous recevoir. Je suis très résolu à n'aller plus chez vous, de sorte que vous pouvez regarder notre connaissance comme tout à fait finie.
H. Meyer.