‹ Lettres neuchâteloisesChapitre 37 sur 48 · VINGT-TROISIEME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIEME LETTRE

A Monsieur Meyer.

Francfort, ce février, 178..

Faites partir la fille. Ne négligez rien pour qu'elle fasse le voyage sûrement : j'en paierai les frais. Je veux qu'elle accouche ici. J'aurai soin d'elle Mais le tout à condition qu'elle reparte d'abord après ses couches, et me laisse l'enfant. Je ferai même quelque chose pour elle, si je suis content de sa conduite. Je sais qu'à Neuchâtel, la manière dont on baptise un enfant constate son état : je ne veux pas que le vôtre soit élevé dans cette triste connaissance ; s'il l'acquiert quelque jour, ce sera lorsqu'il aura lieu d'être assez content de son existence pour ne vous la pas reprocher, et lorsque vous vous serez rendu assez recommandable pour qu'il préfère sa naissance, malgré la tache qui l'accompagne, à toute autre naissance et qu'il vous choisît pour père, s'il pouvait choisir. Il ne tient qu'à vous, Henri,

LETTRES NEUCHATELOISES 9I

d'ôter, à force de vertu, l'opprobre de dessus votre fils ou votre fille. Demandez -vous à vous-même si vous y êtes obligé.

Charles D.

Ci-joint une lettre de change de 50 louis.

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