ÉPILOGUE
éprouvé, et celui qui prononce ces paroles — peut-être son ami le plus jeune, mais certainement-le plus sincère — les prononce avec la conviction la plus franche, que peu d’hommes possèdent un cœur plus chaud, un esprit plus riche, un sentiment plus vif pour tout ce qui est grand et beau; que la faiblesse humaine et la passion ont rarement poussé dans un terrain plus divin.
Cependant, n’oublions pas que le défunt n’a pas voulu de nécrologie. Il a préféré retracer luimême d’une mauière simple ce qu’il a fait, ce qu’il a été. Il sentait bien qu’il racontait sa vie tout entière, qu’il était réservé à l’amitié de poser sur sa tombe le monument qu’il s’est élevé à lui-même. Que ce soit un « monunientum ære perennius ! t>
Mais que ceux qui auront lu ces lignes consacrent un moment d’amical souvenir à celui qui n’est plus !
Quamquam festinas, non est mora longa, Licebit, injecta ter pulvere citrras !
Dans sa blograpliie, Siebold raconte nécessairement sa vie d’étudiant, et parle de la maniéré dont il a fait ses études. Ayant fréquenté plusieurs universités, il fait connaître implicitement les méthodes qui y sont adoptées pour l’enseignement les épreuves que les candidats au doctorat doivent subir, enfin les titres qu’ils obtiennent.
Le rapport de M. le docteur Jaccoud, mtitu e . De l’organisation des Facultés de médecine en Allemagne, Paris, 1864, donne les détails les plus circonstanciés sur tout cela. Ce qui, une Académie, s’appelle une en Alle¬
magne; le nombre de ces dernieres ne doit donc nas étonner. Il y a cependant cette différence que Sos SmiesL sont pas complètes comme les Universités allemandes, c’est-a-dire qu il n y en a nue deux qui réunissent toutes les Facultés qui îepreSeQ. le Mut easeiseemeM : ce e de Paris Pt celle de Strasbourg ; a toutes les autres il man qu^ une QU plusieurs Facultés. Tandis qu’en
France il n’y a que trois Facultés de médecine où puissent avoir lieu des réceptions de docteurs, en Allemagne il y en a autant que d’Universités.
Les Universités d’Allemagne jouissent d’une autonomie inconnue chez nous, et qui a sur le travail et ses résultats une immense influence, comme le dit fort bien M. Jaccoud.Les professeurs de ces vingt cinq Universités ne sont pas rivés à leurs places; ils peuvent être appelés indifféremment dans l’une ou dans l’autre ; de Prague à Heidelberg, de Heidelberg à Gœttingue, à Berlin, à Munich, ou partout ailleurs où l’enseignement se donne en langue allemande; pour cela, il ne s’agit que de se faire remarquer par ses écrits ou par son enseignement. En France, toute émulation est étouffée. Un professeur de Faculté (de médecine, du moins) y est pour sa vie entière, une fois nommé : pourvu qu’il fasse son cours régulièrement et qu’il assiste aux autres exercices, il fait son stricte devoir; celui qui ne possède pas en lui un peu du feu sacré de la science ne travaillera plus que dans son intérêt matériel, afin d’augmenter tant soit peu ses modiques revenus. A quoi bon travailler à faire avancer la science ? il n’a plus à espérer d’amélioration de sa position î
La clientèle, voilà le point de mire du plus grand nombre. En Allemagne, ceci est un accessoire. Les professeurs, même ceux de clinique, peuvent s’en passer, parce que les appointements qu’ils reçoivent du gouvernement, et les honoraires qu’ils touchent directement des élèves, leur suffisent, non pas seulement pour vivre et faire vivre leur famille honorablement, mais pour laisser un jour à leurs enfants une certaine fortune.
ANNOTATIONS
Siebold raconte d’une manière naïve et pittoresque les péripéties de ses études. Il aurait voulu devenir tout autre chose que médecin^ et surtout ■qu’accouclieur. Une fois entré dans cette carrière, il y prit goût, et finit par arriver au professorat.
Pages 26 et 27. En Prusse, le service militaire est obligatoire pour tout sujet qui veut jouir de son titre de volontaire.
Rien de plus singulier que celte obligation de tous les jeunes hommes de devenir militaires après avoir terminé leurs études classiques. La première année universitaire est perdue, et plus d’un contracte des habitudes qui l’éloignent à jamais de la carrière qu’il comptait embrasser. ^
Et quand une guerre éclate, tous sont arraches à leurs occupations, à leurs professions, à leur état, à moins qu’ils n’aient atteint l’âge du repos .
Page 33.Cette étude se fit h l’insu de mon père,
qui était tout à fait opposé à ce nouvel élément de diagnostic .
En France, il y eut des incrédules comme en Allemagne. En 1824, M. Delens vint à Strasbourg en qualité d’inspecteur de la Faculté de médecine. Il se rendit un matin à la clinique d’accouchement, dont Flamant était alors professeur. M. Delens parla de l'application de la stethoscopie a la qrossesse, et examina devant nous une femme en travail pour montrer comment on pouvait entendre le souffle placentaire et les battements du cœur de fœtus. Flamant se moqua de cette innovation; mais ses élèves, plus curieux, s’exercèrent assidûment à ce mode d’exploration, et une dizaine
d’années après parurent à la Faculté plusieurs travaux importants sur ce sujet. Flamant avait persisté jusqu’à sa mort à ne pas vouloir en entendre parler.
Page 85. Il seconda fidèlement mon père en qualité à’amanuensis .
Vamanumsis (secrétaire) des Facultés allemandes est ce que dans les nôtres on appelle improprement prosecteur, et plus convenablement préparateur de cmrs.
Page 41.Le service médical, trop restreint...
était renforcé par deux polycliniques .
Les Folycliniques ou cliniques ambulantes forment une institution particulière à l’Allemagne. Outre le traitement à l’hôpital, les malades pauvres peuvent se faire traiter à domicile par l’entremise des professeurs des cliniques des Facultés qui y envoient des élèves praticiens, et en cas de nécessité, l’assistant. Quand il s’agit de cas extraordinaires ou graves, par exemple d’opérations, le professeur titulaire s’y rend en personne. L’avantage qui en résulte pour le jeune médecin, qui va bientôt être livré tout à fait à ses propres forces, est tellement évident qu’il est inutile d’en développer les motifs. (Voy. le Rapport de M. Jaccoud, p. H7.)
De nombreuses raisons mettent obstacle à ce qu’une pareille institution puisse être fondée en France. Quoiqu’à Paris les hôpitaux soient trèsnombreux, il est probable, néanmoins, qu’une partie de la population pauvre se laisserait ainsi traiter à domicile, ce qui pourrait diminuer au moins
rencombremenl dans les hôpitaux. Dans les Facultés de province et dans les écoles secondaires, cette institution serait surtout d’une grande utilité nom-les élèves; mais les nombreuses corporations, les sociétés mutuelles, celles de bienfaisance^ les moeurs et les habitudes s’opposent à son etabiis-
^\es consultations gratuites dans les hôpitaux remplacent, tant bien que mal, les polycliniques; mais aux consultations ne peuvent se rendre que des malades dont l’état permet d’aller et de venir, tous ceux qui sont alités ne peuvent pas en profiter. D’ailleurs, la polyclinique allemande n exclut pas les consultations gratuites; celles-ci sont tout Lssi nombreuses dans les services cliniques qu’elles le sont en France, et surtout pour certaines spécialités, telles, par exemple, que l oplithalmopatbologie.
Page 51.En juin, je fus reçu professeur particulier {Privât Docent) .
heFrivat-Bocent, ou professeur particulier (maître particulier de M. Jaccoud, v. p. 7o), ^ impro-
vise pas en Allemagne comme en France. Chacu ne peut pas se dire professeur, faire des et les coller aux coins des rues, j
de médecine. C’est un titre ‘l’i ^ faut conquérir en faisant preuve d’aptitude devant quelle on appartient. Quoique 1 on P^^e (iritiquer ?a manière dont les professeurs Particuliers sont nommés en Allemagne, les épreuves ds subi^ sent sont une garantie de leur ‘rucDon Le pr^ fesseur particulier releve de -
obligé de faire des cours (a son choix et sur telle
malièré de son enseignement spécial qu’il lui plaira), s’il ne veut pas perdre son titre et ses droits.
On peut considérer le professorat particulier comme un troisième ordre de professeurs qui rehausse les deux autres : \& professorat extraordinaire, qu’on peut assimiler à notre agrégation, et le professorat ordinaire ou fe'fotee. C’est donc une triple épreuve que le professeur définitif doit subir.
M. Jaccoud lui-même (p. 78 de son rapport) est obligé d’avouer (quoiqu’il paraisse critiquer la chose) que l’institution des professeurs particuliers près des Facultés s compZéte et varie, delamanière la plus utile, l'enseignement officiel. » C’est une réglementation qui peut déplaire à beaucoup de monde, mais qui est d’une utilité incontestable.
Page 59.lequel journal avait, depuis 1802,
remplacé la Lucina.
La publication de la Lucina n’a commencé qu’en 1802 et n'a, par conséquent, pas pu remplacer le Journal d’accouchernent; c’est le contraire qu’il faut lire.
Le journal la Lucina a été créé par Siebold père, à l’époque où Sacombe a publié la sienne (celle de Sacombe a commencé le 1®' vendémiaire an xi). Cette dernière a cessé de paraître avec.le troisième volume (le 1®'’ vendémiaire an xiii); celle de Siebold père, avec le sixième volume, en 1811.
En 1813, Siebold reprit sa publication périodique sous le titre de Journal fûr Geburtshûlfe, Fravten^ zjmmer und Kmderkrankheiten (Journal d’accou-
ANNOTATIONS. 239
chement, de maladies des femmes et des enfants), dont parurent successivement 8 volumes; le dernier en 1828. Ce journal a été continué par Siebold fils, à partir du 9® volume, et a cessé de paraître avec le tT, en 1837.
Rien ne montre mieux avecquelle activité Tobstétricie et la gynæcologie proprement dite étaient étudiées et pratiquées en Allemagne depuis la fin du siècle dernier, que le grand nombre de journaux et de mémoires spéciaux qui ont été publiés depuis celte époque. , - , o. i
Le plus ancien journal est celui de StarcK :
Archiv fùr die Geburtshü^fe Frauenzimmer und neugeborenen Kinderkranhheiteii (Archives de l’art des accouchements, des maladies des femnms^et des enfants nouveau-nés) 6 volumes. Jena,l/8/-l/97, p. 8°. Malgré les troubles continentaux d alors, u fût continué sous le litre de Neues Archiv (Nouvelles archives), etc.; 2 volumes, 1798-1802; 1 volume et 1 cahier (n» ), 1804. En même temps il se publiait m Journal fùr Geburtshàlfer (Journal pour les accoucheurs), mais qui n’eut que 2 volumes (Francfort et Leipzig, 1787), et une Luana, par J. D. Busch, de Marbourg, 1787. R est probable que c’est la Lucina de Siebold qui remplaça les Archives de Starck, qui cessèrent de paraître
Nous venons de dire que la Lucma ce Siebold le père a été transformée par lui en Journal d accouchement, qu’il fit paraître jusqu’à sa mort, et que le fils en a continué la publication jusqu en
Dix ans auparavant, en 1827, avait commencé la publication d’un journal d’obstetrieie sous le
titre de Gemeinsame deutsche Zeitschrift fur Geburtskunde (Journal général allemand d’obstétricie). En tête du premier volume on lit vingt-six noms des plus connus en Allemagne comme accoucheurs habiles et professeurs des principales Universités. C’est sous les auspices de ces hommes spéciaux des plus distingués que cette publication fut annoncée^ et elle eut un grand succès. Néanmoins elle s’arrêta avec, le 7® volume, en 1832. Mais elle fut reprise, dès 1834, sous le titre de Neue deutsche Zeitschrift fur Geburlskunde, etc. {Nouveau Journal général. Ce journal a naturellement dû faire du tort à celui de Siebold, qui cessa en effet de paraître en 1837. En 1839, à partir du T volume, Siebold figure en tête du nouveau journal comme un des rédacteurs principaux; les deux avaient été fondus en uii seul.
Le nouveau journal général allemand d’obslétricie eut 33 volumes et fut transformé, en 1853, en Monatschrift (Journal mensuel). On^ avait reproché au Nouveau Journal de paraître très-irrégulièrement (sans époque fixe, comme tous ceux qui l’avaient précédé); on a pensé qu’un journal mensuel donnerait plus rapidement ce qui se passe d’intéressant dans la science et la pratique.
Le premier numéro de la Monatschrift porte, en outre, comme un des rédacteurs principaux,Crédé, à cette époque professeur particulier (Privat-Docent) à Berlin, aujourd’hui professeur à Leipzig (à la place de Joerg); Edouard Martin, professeur titulaire à Berlin, a été adjoint aux rédacteurs de ce journal, et le professeur Hecker, de Munich, a remplacé Siebold.
Aujourd’hui on compte plus de 100 volumes de
ANNOTATIONS. 241
journaux d’obsléiricie, de maladies des femmes et des enfants nouveau-nés, publiés en Allemagne depuis la fin du dernier siècle. Nous n’indiquerons pas les collections de mémoires spéciaux, elles sont en très-grand nombre.
Qu’avons-nous à montrer en France dans ce genre?
La Lucina de Sacombe, 3 volumes, en style empbathique, créée tout exprès pour calomnier les hommes les plus honorables de l’époque et les institutions les plus utiles; les ArcMces de l'art des accoucheme 7 its,A& Schweighseuser, 2 volumes (1801 à 1802) qui renferment quelques mémoires originaux de l’auteur ; le reste sont des traductions de l’allemand,et les Annales d’obstétrique (3 volumes, 1842), qui n’ont pas pu arriver à la fin du quatrième volume, par MM.Andrieux de Brioude etLubanski, jeunes hommes de bonne volonté ; mais, hélas! la volonté ne suffit pas. En tout, huit volumes en 70 ans!
Et en fait de mémoires spéciaux? La collection publiée dernièrement par M. Devilliers fils et qui renferme quatre mémoires.
Il est vrai que les journaux de médecine, et surtout ceux de chirurgie, contiennent, par-ci par-là, quelques faits, quelques mémoires relatifs a 1 art des accouchements et à la gynœcologie, mais tout cela est éparpillé et ne forme pas un corps de doctrine.
Page 65. J’eus, à la vérité, à regretter de ne pas trouver dans'l’établissemeat même ou à proximité un logement pour moi.
En Allemagne, les professeurs et directeurs des
SIEBOLD
cliniques sont généralement logés dans les établissements respectifs, afin d’être à même de donner des soins immédiats aux malades entrants, ou en ras d’accidents, enfin pour choisir les sujets qui conviennent le plus pour l’instruction. Il y a encore un autre avantage à cela, c’est que le chef de service, placé au milieu de ses malades ou à leur proximité, étudie avec plus de soin, plus d’assiduité et conséquemment avec plus de fruit les différentes maladies dont il doit faire la description devant ses élèves ou dans ses écrits. Pour le professeur d’accouchement le séjour dans la maternité est encore bien plus utile, en même temps que commode, attendu que de jour et de nuit, et pour ainsi dire d’heure en heure, son intervention peut devenir nécessaire. Il est trop pénible de se lever aumilieude lanuit, défaire un chemin plus ou moins long pour arriver à la clinique, où les véritables fatigues ne font que commencer, et de rentrer alors trempé de sueur, comme le dit fort bien Siebold.il y a plus: pendant le temps qui s’écoule à se lever, s’habiller et arriver, l’occasion favorable pour l’opération à entreprendre est souvent passée, et c’est la femme et son enfant qui ont à souffrir de cette intervention tardive.
Page 74. Je fus peu satisfait de cet état des cliases concernant ma spécialité à Paris.
Siebold se moque avec esprit de ce titre de professeur que chacun prend à volonté dans la grande ville. Nous avons nous-même été péniblement impressionné de trouver des annonces sur les murs de l’École de médecine qui indiquaient les cours et exercices d’accouchement par toutes sortes
iNNbTATIONS,
de professeurs particuliers, parmi sa^es-femmes ayant la prétention denseig
l’art des accouchements aux étudiants médecine.
Ouoiou’il y ait aujourd’hui une clinique daccoSîheLnt\ la Faculté de médecine de Paris (depuis 1835), cette clinique est évidemment msu£nie pour l’instruction pratique de tous les élèves. Ceux-ci se tournent alors du cote des cour Scûliers théoriques et pratiques pour voir Suelaues accouchements. La grande Matermte reste toujours fermée aux étudiants en medecme. On comprend qu’un pareil établissement ne puisse nas être ouvert pour le premier venu, mais il d vrait au moins être permis à de d’aller nrofiter de cette occasion,unique dans notre Franck de voir en peu de temps un grand nombre drcas parmi lesqLls il en est toujours de tre intéressants, et même d-y çp fait à Vienne, capitale de 1 Autriche.
La Maternité de Paris ne sert d’école qu’a des û- fiiips nui doivent y apprendre la maniéré SSHestomTsenc'nl.Mai^^
autre chose encore, et. quani » ' sonrsorties de là, elles se croient autortsees et a même de pratiquer toutes les opérations obstetri-
SèSSrSSi-
pour cela. Elles ouvrent jusqu’à des
du monde inquiétées.
Page 75. Ce fut Paul Dubois qui, en 1835, organipale 1 e premier l’instruction pratique.....
Paul Dubois a été le premier professeur de clinique effectif, mais la chaire existait depuis 1823; Deneux en était le titulaire. Deueux, qui fut accoucheur de la duchesse de Berry en 1816, sollicita dès 1819 la création d’une clinique d’accouchement à la Faculté de Paris. On le nomma, en attendant, médecin de la Maternité. Lors de la fameuse réorganisation de la Faculté de médecine en 1823, la chaire de clinique d’accouchement fut créée, et Deneux en devint titulaire, mais il n'y' eut jamais de clinique. Après 1830, on renvoya les professeurs qui avaient été nommés nouvellement par ordonnance royale, en 1823, en maintenant en principe la chaire de clinique obstétricale. En 1834, cette chaire fut mise au concours (si elle n’avait pas existé on ne l’aurait pas mise au concours, le ministre ayant le droit de nommer directement à une chaire nouvellement créée), et Paul Dubois en sortit vainqueur. C’est l’issue de ce concours qui décida sans doute Velpeau à se vouer, à partir de ce moment, à la chirurgie pure, tandis que jusqu’alors il semblait plutôt incliner vers les accouchements.
Page 76. ... Mais là je ne parvins à pénétrer qu’avec peine.
Siebold dit qu’il n’est parvenu que très-difficilement à avoir accès à la Maternité. Il nous est arrivé la même chose en 1830 (avant juillet), et c’est grâce à Desormeaux, qui était à cette époque médecin de l’établissement, que nous avons pu en
annotations.
f^üüi
Lcouchement. Cette interdiction dure encore, mais elle sera sans doute levee un jour.
Page 77. En 1832, je fus éln par mes collègues Prorecteur pour un an.....
E-i Allemagne, le chef he l’Elal esl qM'f
s'élèTe P" f,; JSs'apérieüre, soit avec
SarîS.tvlleàappor.heM.facco«d,p.5.
et suivantes.)
Page 79. Septième tettue.
tîAme lettre par laquelle Siebold ter- “‘a Sraohiè “îaîssl une des pins intéresmine sa biographe, c qui y sont trai-
tS^deTa vS des“sniets e, de la qnalilé du Style.
Oq voit que l’auteur a éprouvé une immense satisfaction de se retrouver dans la ville où il avait fait ses meilleures études et où il se voyait dans la possibilité de se livrer à sa passion pour la littérature. Après avoir organisé son service clinique, il a hâte de courir à la bibliothèque de rUniversité pour y recueillir les matériaux de son Histoire de Vart des accouchements. Appelé à Wurtzboui gpour occuper la chaire ded’Outrepont, il refuse ce poste, qui lui aurait souri sous bien des rapports : il était très-attaché à Gœttingue et à son Université. Pendant les vacances, il entreprend des voyages pour se reposer, pour étendre ses connaissancesgénéralesetvisiterlesétablissemenis spéciaux, et raconte avec une verve attachante ce qu’il a vu et entendu. Il termine en faisant l’énumération de toutes ses publications, résultats d’observations nombreuses, de réflexions mûries et d’un travail assidu. On est étonné de tout ce qu’il a pu produire quand on sait combien l’enseignement, qui a besoin de certaines préparations, et la pratique obstétricale exigent de temps.
Page 90.Je pardonne volontiers à Semmelweîs
d’avoir voulu... me brûler au soleil puerpéral.
Semmelweîs, ancien assistant à la clinique de Vienne, fut nommé professeur à Peslh. En 1861, il publia un volume de 540 pages; Bie Aetiologie, der Eegriffund die Prophylaæis des Kindbetifiebers (Etiologie, nature et prophylaxie de la üèvre puerpérale), pour prouver que la cause de la fièvre puerpérale est un principe infectieux introduit directement ou indirectement dans l’économie, uüo fièvre de résorption. Déjà en 1849, le profes-
annotations.
seur Skoda avait fait coimaitre cotte Aeojie de Smmelweis, par une communication a 1 Academie impériale des sciences de Vienne, et le docteur Wiener aujourd’hui professeur de pathologie interne à la Faculté de Strasbourg, qui a ete a Vienne à la même époque, df endue dans la.
Gazette médicale de Strasbourg (1849, p. 96). S.ebold, fait allusion aux paroles blessantes que Sera-
melweirs a dirigées contre lui (comme contre beaucoup d’autres), parce qu’il n’a pas voulu accepter la théorie de l’infeclion directe ou indirecte sans restrictions. , ,
En 1862, Semmel^veis donna un expose snccint de sa théorie dans une brochure intitulée : Ofmer Brief <•» saemtlkhe Professoral der Geterls- 'mre l^re ouverte à tous les professeurs d’accouchement).
Pat^c 91. En outre, il est d’usage à Vienne de n’accoler que sixsemaines à la fréquentation de la Clinique.
Tl est évident que dans ces six semaines on ne
peut pL apprendre l’art des accouchements, même
nratiauement, quand on n’a pas frequente d ai -
mes en travail. Il est naturel que parnu eeB vin^t-
248 LETTUKS OBSTÉTSICALES.
choses extraordinaires dignes d’être notées. Quand en cinq jours on peut voir se faire une centaine d’accouchements, au bout de six semaines on en a vu au moins 400 ; plus que beaucoup ne voient dans leur vie. Pour ne pas trop fatiguer les cliniciens, ils ne fonctionnent activement qu’une fois par semaine, pendant vingt-quatre heures, et sont alors chargés de l’inscription, de la surveillance des femmes, et opèrent sous la direction du professeur ou de l’assistant.
Si la Maternité de Paris consacrait la moitié seulement des femmes qui y demandent du secours au perfectionnement de l’instruction des jeunes accoucheurs, quel bien ne pourrait-il pas en résulter?
L’instruction des sages-femmes serait encore largement sauvegardée en distrayant du grand nombre d’accouchements qui ont lieu à la Maternité un nombre proportionné pour une école supérieure de sages-femmes; car on ne devrait y admettre aussi que des sages-femmes de seconde classe possédant une bonne théorie et un peu de pratique, pour en faire des sages-femmes de première classe.
Page 92. Outre cette première Clinique, l’hôpital en
possédait une seconde affectée aux sages-femmes.
Celte seconde clinique existe toujours. Ceux qui voudraient avoir une idée complète de son organisation et des résultats obtenus consulteront avec fruit le livre publié en 1851 par le docteur F. H. Arneth : Lie geburtshùlfliche Praxis, erlaeutert durch Ergebnisse der 11. Gebaet^hlinik zu Wien (Pratique des aecouehements, éclairée par
annotations.
ips résultats obtenus à la seconde clinique d accoachement devienne; suivie d’une comparaison statistique avec les établissements analogues de
'■’fj’-eïî’rôS'mtae une troisième installée
n’e'Ænnresin™ espèce de Faenltésp^ ciale pour l’instruction des médecins inilitaires. Cet étEsemeut n’est pas irès-éloigné de l’hopitVi SmI dans lequel se trouvent les deux clin atfprécédentes, mais il en est tout à fait séparé Tout le monde connaît et estime les écrits d G J. » qui avait été un des professeurs d’accoucbement de cette ecole.
Page 93. Par Gratz, les plus agréables.
à je passai une des journée
Gratz ou Graelz. ville importante de la
EeerundEîufmagîü^
la nature qui existent.
Page 94. , ,
One dirait Siebold, s’il connaissait les evene- ^ J • it *9 11 «i^prierait sans doute que ja ““n n“e’ nTle nrvënu én idée qoe la Prusse SparwalUeGoettingneet délivrerait indirectement la Vénétie.
Page 96. Le Pape avait octroyé des institutions plus libérales.
Tout le monde se rappelle ces jours de juMe
politique qui se terminèrent par l’assassinat de Rossi, ministre de Pie IX, et le retour aux auciens errements.
Page 97.
Celte narration rapide de Siebold sur ce qu’il a fait et vu à Rome paraîtra sans doute au lecteur une peinture charmante. Le retour par le Tyrol italien et le Tyrol bavarois est un voyage délicieux, que nous avons fait en 1856 avec notre ami et collègue Stoeber, en revenant du Congrès scientifique de Yienne. Siebold paraît en avoir été enchanté, car il reprit le même chemin avec sa famille en automnei850.
■ Page 102, Huitième lettre.
Dans cette lettre, Siebold fait l’apologie de l’école de Boër et condamne celle d’Osiander. Son père, dit-il, avait adopté un juste milieu entre les deux, et lui-même avait suivi cette voie, jusqu’à ce qu’il eût reconnu qu’il intervenait encore trop souvent. Les conversations qu’il avait eues avec Nægelé ont exercé une grande influence sur ses résolations. L’éloge qu’il fait (p. 105) de l’adresse de Mauriceau et de De la Motte, qui entreprenaient la version « dans des cas où la lête avait déjà profondément pénétré dans le bassin » est un peu exagéré. Il est certain que dans de pareilles cireonslances le forceps est bien autrement expéditif et bienfaisant. Mauriceau et De la Motte pouvaient préférer dans ces cas la version aux crochets et à l’embryotomie, mais s’ils avaient eu notre forceps, ils l’auraient certainement employé de préférence à la version.
ASNÜTATIÛNS.
Page 106.
L’auteur insiste beaucoup P^J et
les élèves aux manœuvres sur le ...annequ n nn’-mrès cela on leur permette d operer quelquefois sur le vivant sous la direction du Pr?fesseur, même dans des cas ou l’opération n aurait pab ete
^t'eTcïrldtTu"^^^^^^ -3 facultés ce défaut
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l’occasion s’en présente.
Page 109. Neuvième lettre.
conSiUal-î’^^^^^
'S=i:?Ss.îj:==
pas. 111. ... D« -» l»»'--
qui MOI les aristocrates de la partie...
' A celle occasion. SieDold raeonte une anecSole
de Nægelé relative à l’anoblissement d’un accoucbeur allemand. Le fait ne s’est pas produit souvent, et ceci s’applique aux médecins en général. Il y a cependant eu un accoucheur français du dernier siècle qui a été anobli : c’est Puzos, auquel le roi accorda des lettres de noblesse en 1751. L’exposé des motifs mérite d’être rappelé.
« L’art, y est-il dit, à la perfection duquel il a « dévoué ses talents est d’une si grande impor- « tance pour ta société civile, que nous regar- « dons comme un objet digne de notre attention « d’illustrer ses travaux par un titre d’honneur, « capable d’inspirer de l’émulation à tous ceux « qui se destinent à marcher sur ses traces. »
Nous ne connaissons pas l’exposé des motifs qui ont déterminé à donner le titre de baron à Dubois le père. Récemment, la reine d’Angleterre a anobli le docteur Simpson d’Edimbourg, pour ses travaux en obstétricie et en gynæcologie.
Page 113 ... Le Manuel d’Eucharius Roesslin.
Ce manuel fut imprimé en 1513, à Strasbourg, où l’imprimerie avait pris naissance moins d’un siècle auparavant. Siebold se moque des figures sur bois qui sont intercalées dans le texte (manière très à la mode aujourd’hui). Il oublie un peu à quelle époque ces figures ont été faites. Certainement qu’Ambroise Paré, Guillemeau, Mauriceau auraient pu mieux faire ; et ils ont trouvé commode de copier Roesslin!
Page 114 ... Ou ne peut donc pas trop louer une sage-femme de talent, Justine Siegemundin, de Berlin...
Le livre de Louise Bourgeois, qui est de 1609, a
précédé celui delà Siegemundin de plus de quatrevingts ans et a sans doute servi à cette dernière de modèle, car il a été traduit en allemand, en quatre parties, en 1646-1652. Mais Siebold ne veut parler que de l’influence du livre de la sagefemme berlinoise sur l’instruction des sages-femmes de l’Allemagne.
Page 115.Tandis qu’en France cette brandie
était élevée au rang d’une science médicale par des hommes éminents.
Siebold s’est fait illusion. En France, l’obstétricie a toujours été considérée comme un rameau de la chirurgie, et s’il y avait des chirurgiens qui pratiquaient plus spécialement les accouchements, c’était une rare exception. Il en est encore ainsi aujourd’hui. Cependant il existe à l’Académie impériale de médecine de Paris une section d'ac- (ouchement; mais à tout moment elle est en butte à des attaques peu bienveillantes de la part des journalistes.
Page 116 ... Les Universités allemandes obtinrent des cliniques à l’instar de celle de Strasbourg...
La clinique de Strasbourg, la première qui fut libéralement ouverte aux étudiants en médecine, toute restreinte qu’elle était (comme la clinique médicale de Corvisart), servit de modèle à toutes celles qui furent établies en Allemagne. Ces institutions profitèrent également aux sages-femmes, dont l’instruction put dès-lors être mieux soignée.
Les propositions contradictoires de Weidmann
SIEBOLD
et de Sievens sont partout jugées de même. Un médecin ne peut pas devenir, comme s’exprimait très-prosaïquement Flamant, une sage-femme en culottes; c’est au-dessous de sa dignité. Ce n’est que dans quelques grandes villes que les sagesfemmes se -plaignent de ne pas pouvoir exister parce que les, médecins leur enlèvent tonte ressource; le plus souvent c’est une affaire d’industrie. Il est impossible qu’un médecin .occupé fasse le métier dé sage-femme, ce qui ne veut pas dire qu’il ne devrait jamais assister de femme dans une couche naturelle : il y a une foule de motifs à invoquer pour cela.
Page 117. l'i est bien désirable que la condition des sages-femmes devienne meilleure...
Tout ce que Siebold dit à ce propos s’applique parfaitement <à nous. Les sages-femmes devraient être l’objet d’une surveillance continuelle, comme cela a lieu dans le duché de Bade, car leur instruction est généralement insuffisante. Elles oublient ■promptement ce qu’elles ont appris à l’école, et les sages conseils qu’on-leur a donnés pour leur conduite sous tous les rapports, et finissent, pour la plupart, par devenir des femmes abjectes, coupables et se mêlant défaire la médecine en charlatans titrés. Beaucoup sont pour ainsi dire forcées d’en venir là, parce que leurs ressources ordinaires sont insufiisantès,étant très-mal rétribuées pour leur travail. Il y a là quelque chose et même beaucoup à faire !
Les historiettes que notre auteur raconte aux pages 120 et suivantes, chaque accoucheur pourrait en rapporter autant; les exemples sont fré-
ANNOTATIONS
quents et se présentent à pea près toujours sous la même forme.
Mais il y a eucore plus à faire en France qu’en Allemagne sous le rapport de l’enseignement à donner aux sages-femmes. La loi du 10 mars 1^3 est toujours en vigueur chez nous. L’instruction des sages-femmes est dans les attributions du ministère de l’intérieur. Ce sont les préfets qui nomment les professeurs, ce sont les départements qui fournissent les moyens; l’enseignement est gratuit. Il y a bien aussi un cours libre près de chaque Faculté (ordonnance du 2 févrieer 1823, art. 19); il y a même une école privilégiée, celle de la Maternité de Paris, créée le. 8 novembre 1810, pour toute la France. Il est étonnant que le ministre de l’instruction publique n’ait pas depuis longtemps demandé que l’éducation des sagesfemmes lui fût confiée, comme ressortissant spécialement à son ministère.
Page 12ii, Dixième lettre.
Cette lettre traite des méthodes d’enseignement et des meilleurs manuels pour l’étude. Tout ce qui est dit des livres d’étude n’est applicable qu’à l’Allemagne. La France possède un grand nombre de livres élémentaires, qui ont cependant tous la prétention d’être théoriques et pratiques et qui sont écrits par des hommes jeunes, qui ont intérêt à se faire connaître, mais qui n’ont pas encore eu le temps d’observer pour tout savoir. Ces livres sont généralement bons; seulement ils développent trop longuement des sujets accessoires ou de second ordre.
Pour ce qui concerne la méthode d'enseigne-
ment, celle conseillée et pratiquée par Siebold nous paraît la meilleure. Il ne faut pas laisser oublier cependant que dans les Facultés allemandes l’enseignement a lieu autrement qu’en France. Tous les cours sont privés ou particuliers en Allemagne, ce qui fait qu’on peut suivre un ordre plus méthodique dans l’exposition et initier plus facilement chaque élève en particulier à la pratique et surtout aux nombreuses manœuvres et opérations obstétricales.
Page 136. Onzième lettre.
Cette lettre est complémentaire de la précédente. L’auteur y parle de la nécessité d’apprendre l’histoire générale de la science, mais conseille de ne l’étudier que quand on en connaît les détails. L’histoire particulière de chaque méthode, de chaque procédé, peut être exposée à mesure qu’on en fait la description.
Page liiO, Deuxième lettre.
Dans cêtte douzième lettre, Siebold recherche l’origine des établissements destinés à l’instruction pratique des futurs accoucheurs. Il reconnaît que c’est à Strasbourg, c’est-à-dire.en France (Siebold, comme tous les Allemands, considérait l’Alsace comme une province allemande, et les Français pur sang font souvent de même), que la prenaière clinique fut établie. Ce fut un Strasbourgeois, Rœderer, qui organisa sur ce modèle une clinique obstétricale à Gœttingue, puis toutes les villes universitaires en créèrent successivement. La capitale de la France fut la dernière; elle ne
possède encore aujourd’hai qu’une clinique trop restreinte pour le grand nombre d’élèves qui doivent la fréquenter. Montpellier, chef-lieu d’une Faculté de médecine, n’en a pour ainsi dire pas encore, car les quelques lits accordés au professeur d’accouchement ne forment qu’un simulacre de clinique.
Page 148. Treizième lettre.
Siebold s’élève contre la proposition faite au sein de l’Académie de médecine de Paris, en 18a8 (1) (et récemment renouvelée à la Société de chirurgie), de supprimer les hospices de maternité, ou dé n’en avoir que de très-restreints, ou de prendre des mesures pour donner à domicile les secours que les femmes enceintes cherchent aujourd’hui dans les hôpitaux. Il est de l’avis de Mattéi, qui a dit : « Chassez la fièvre et non les malades. »
A Paris, on ne voit que la capitale, et tout ce qui convient ou ne convient pas à Paris doit convenir ou ne pas convenir à trente-six millions de Français.
Un autre point que Siebold traite dans cette lettre, c’est le degré et le genre d’instruction pratique à donner aux élèves pour en faire de bons
(1) -De la fièvre puerpérale, de sa nature et de son traitement. Cominunicâtioris à fAcadéniie impériale de médecine, par MM. Guérafd, Depaul, Beau, Hervez de Chégoin, P. Dubois, Trousseau, Bouillaud, Cruveilhier. Piorry, Cazeaux, Danyau, Velpeau, J. Guérin, etc., précédées de l’indication bibliographique des principaux écrits publiés sur la fièvre puerpérale. Paris, 18S8. In-8 de 464 pages.
2ü8 lettres obstétricales.
accoucheurs pour la ville et pour la campagne, et non des professeurs. Cette remarque ne s’applique pas à l’instruction que l’on donne dans les cliniques françaises, elle n’est pas tellement perfectionnée que Ton ait à craindre de tomber dans cet écueil.
Page 153. Quatorzième lettre:
La quatorzième lettre traite un sujet qui est inconnu en France. L’assistance du chef de service n’est pas réglementée chez nous comme en Allemagne. Chaque professeur de clinique a son aide auquel il délègue les fonctions qu'il veut bien lui accorder, mais qui n’a pas d’attributions spéciales et qui ne jouit d’aucun droit particulier. Tantôt c’est un chef de clinique, d’autres fois un aide ou un interne. Mieux vaudrait sans doute un homme sur lequel le chef de service pût compter, attendu qu’il ne peut pas toujours être sur place au moment nécessaire.
Page 160. Quinzième lettre : Qualités physiques et psychiques d’un accoucheur.
Ce sont plutôt des conseils que l’auteur donne, qu’une description des qualités que doit posséder l’accoucheur. Ces conseils sont des plus intéressants et des plus salutaires. Le tableau d’une clientèle d’accmcheur est aussi vrai que comique. Enfin, la recommandation de bien étudier la femme sous le rapport psychique, mérite d’être bien prise à cœur.
En citant finalement le beau passage de Celse, dans lequel se trouvent résumées avec autant de
clarté que de précision les qualités exigées du chirurgien, Siebold pensait plus à l’opérateur qu’au médecin.
Page 170. Seizième lettre.
La seizième lettre, sur les rapports de l’accoucheur avec les sages-femmes, contient une peinture très-vraie de ce qui arrive généralement au jeune accoucheur qui est sur le point de s’établir dans une localité, et des conseils très-sages sur la conduite qu’il doit observer.
Page 176. Dix-septième lettre.
La dix-septième lettre, qui traite des maladies et des dangers auxquels l’accoucheur praticien est exposé, renferme des instructions utiles et d’excellents avis. L’auteur parle toujours par expérience.
Page 184. Dix-huilième lettre ... L’état actuel de la science...
L’état actuel de la science obstétricale en Allemagne, tel que Seibold le croit établi partout, n’existe pas en France. On n’est nullement habitué à considérer l’obstélricie comme la troisième branche des sciences médicales. Cette trilogie si naturelle, si certaine, n’a pas pu entrer encore dans l’esprit des médecins français en général, et surtout de ceux de la capitale, qui donnent le ton. L’art des accouchements, roôsiéftigue, comme ils l’appellent le plus souvent, n’est toujours pour eux qu’un appendice de la chirurgie. Ce seul fait démontre que, pour les accoucheurs français, il ne
peut être question que d’opérations manuelles ou instrumentales en fait d’accouchement. Ces opérations elles-mêmes leur paraissent de si peu d’importance que l’officier de santé, qui, pour pratiquer une opération chirurgicale majeure, doit se faire assister par un docteur en médecine, peut impunément, non-seulement faire des versions et appliquer le forceps, mais aussi perforer la tête d’un enfant vivant ou mort, céphalotriber, ambryotorniser t Tout cela ce sont de petites choses ; mais pour une amputation de membre, une extirpation de tumeur, etc., il lui faut la présence d’un docteur.
La gynæcologie en général est aussi considérée comme étant du domaine de la chirurgie, quoique la femme soit exposée à plus de maladies particulières à son sexe dites interms qu’externes. Aussi est-on parfois très-embarrassé de savoir à qui s’adresser, si c’tst à un médecin ou à un chirur gien, quand une femme est malade.
N’a-t-on pas vu, il y a peu de jours, la Société de chirurgie de Paris s’occuper d’affections propres aux femmes qui ne regardent nullement la chn rurgie : i’étiologie et la prophylactique de la fièore puerpérale?
Quand donc Vobstétricie {i’obstetricium), ou plutôt la gynæcologie, c’estA-dire tout ce qui concerne les particularités physiologiques, hygiéniques et pathologiques de la femme, sera-t-elle considérée en France comme une troisième branche de la médeeine?,.Ce ne sera que quand on aura bien travaillé le vaste champ de cette spécialité, encore en partie inculte. On verra alors que la gynæ ologie tient autant de la médecine propre-
ANNOTATIONS
ment dite que de la chirurgie, et que pour être bon médecin des femmes, et accoucheur spécialement, il faut être bon médecin et bon chirurgien, à moins qu’on ne veuille revenir aux anciens errements, d’après lesquels le chirurgien devait faire appeler un médecin après avoir pratiqué une opération grave, afin que celui-ci prévînt les accidents consécutifs ou les combattît.
Disons-le hardiment : la médecine est une, mais cette unité est composée de trois branches : la médecine interne, la chirurgie et la gynæcologie. On peut être médecin sans s’occuper pratiquement de chirurgie. On peut être plus particulièrement chirurgien, mais on n’est pas chirurgien parfait sans être médecin; on peut être plus spécialement accoucheur et médecin des femmes, mais on ne le sera, dans la force du terme, que si l’on est en même temps médecin et chirurgien.
On voit que nous demandons plus au chirurgien qu’au médecin ; plus à l’accoucheur qu au chirurgien. La médecine interne n’est plus la partie des sciences médicales qui exige le plus d’études, le plus d’instruction, depuis qu’elle est basée sur des connaissances rnatomiques et physiologiques plus exactes; mais le vrai médecin, le médecin complet, sera médecin, chirurgien et accoucheur; un peu plus l’un, un peu plus 1 autre. C’est pour cela que l’école de Goeitingue nous parait avoir le mieux compris toute l’étendue de la science médicale, en donnant à ses gradues le titre de docteur en médecine, en chirurgie et en obstetricie;eten cela elle a été imitée par plusieurs Universités allemandes.
Siebold cherche ensuite à faire ressortir l m-
LETTBES OBSTÉTRICALES.
fluence de l’obstétricie sur les autres branches de la médecine, et notamment sur la gynæcologie et sur la médecine légale.
11 est certain que l’accoucheur sera toujours appelé auprès des femmes malades ayant des affections propres à leur sexe : tout le monde sait quelle est l’influence des maladies des organes génitaux de la femme sur son économie entière. Il est évident aussi qu’une grande partie de la médecine légale tire ses éléments de l’obstétricie. C’est probablement pour ce motif qu’en Allemagne les professeurs d’accouchement étaient généralement chargés de l’enseignement de la médecine légale. Mais la médecine légale, dans ses applications pratiques, ne peut être bien exercée et enseignée que par un homme qui est également bon médecin, bon chirurgien, bon accoucheur et même bon chimiste. Et comme il est impossible que tant de connaissances soient possédées par une même personne à un degré de perfection tel que l’exige l’application des lois, le médecin légiste agréé par les tribunaux a besoin de s’éclairer des lumières de confrères qui ont étudié et pratiquent plus spécialement la médecine, la chirurgie, les accouchements, où la chimie, toxicologique; à moins que le médecin appelé comme expert ne soit lui-même versé dans la partie cpi a plus particulièrement du rapport avec le délit ou le crime qui doivent être éclairés par la science médicale.
Page 193 et suivantes. Etudes sur la femme.
Après avoir dit que l’accoucheur doit s’appliquer à connaître la femme sous le rapport psychologique autant qu’il la connaît sous le rapport
ANNOTATIONS
physique, Siebold expose brièvement les résultats de son observation à cet égard.
Il serait difficile d’être plus vrai, plus impartial et plus sobre. On s’aperçoit de suite que l’auteur a vu et étudié la femme en générai depuis son adolescence jusqu’à la vieillesse. Ce qu’il dit de ses facultés, de ses instincts, de ses vices et de ses qualités est frappé au coin de la vérité. Par-ci par-là on s’aperçoit qu’il n’a pas fait ses observations dans le grand monde, ni dans ce qu’on appelle chez nous le demi-monde ; les particularités de la vie de la femme, les rapports journaliers entre ses semblables se rapportent plus aux pays que Siebold a habités qu’au monde entier et aux capitales.en particulier. Il reste d’autant plus dans le vrai, car la vie dans les grands centres est une vie factice, et c’est la nature que l’auteur a voulu peindre.
Chacun dans sa sphère particulière aura à faire ses observations suivant la position sociale des femmes avec lesquelles il se trouvera en rapport.
Page 228. ... La littérature n’est pas très-riche en productions de ce genre.
I! est étonnant que Siebold, qui se loue d’avoir pu profiter de la bibliothèque de Deneux, si riche en ouvrages sur les femmes, n’ait pas trouvé à en citer un plus grand nombre. Il est vrai qu’il y en a beaucoup de peu sérieux, mais il en est d’autres qui auraient valu la peine d’être indiqués. Parmi ces derniers il y a surtout les deux ouvrages suivants ;
Roussel; Système physique et moral de la
femme, suivi d’un fragment du système physique et moral de l’homme. Paris, 1820, T édit. 1 vol.,
8 figures.
L’auteur s’arrête beaucoup plus sur le rôle physique que sur le rôle moral de la femme. Cerise, dans l’édition de 1845, a suppléé en grande partie à celte imperfection de l’ouvrage de Roussel par une Introduction savante, dont le style est a la hauteur du sujet. Comme Siebold, Cerise convient qu’un livre complet sur la femme est une entreprise impossible.» Les qualités, dit-il, dont e
concours est nécessaire pour produire un traite complet sur la femme sont incompatibles. »
Ymm-, De la femme sous le rapport physiologique, moral et littéraire. Paris, 1825,1 vol. m-8“. ^ Cet ouvrage est écrit par un médecin plus littérateur que praticien et observateur. Aussi obje principal est-il noyé dans une foule de citations et d'historiettes qui rendent la lecture de l ouvrage agréablH, mais font beaucoup moins connaître la femme telle qu’elle est que les esquisses de biebold. Ce dernier joignait aux qualités du physiologiste « ce regard rapide et sûr de l ame qui a it « pouvoir de saisir dans la vie des femmes le seu « mobile de leurs pensées et de leurs actions, de « leurs joies et de leurs douleurs, de leurs besoins « et même de leurs maladies. » (Cerise.)