LETTRE AUX GÉNÉRAUX DE L’ARMÉE
Généraux de l'armée française , guerriers intrépides , défenseurs d’un peuple libre ! Braves soldats fermez l’oreille à l’intrigue , à la calomnie , et gardez-vous d’un découragement coupable.
Que l’honneur qui a pétri vos âmes vous serve de bouclier , et les tiennent toujours dans la sécurité de l’innocence. Il n’est point aisé d’inculper des héros , tels que vous $ l’univers à les yeux Ouverts ! Mars et Bellonne vous préparent des moisson* de lauriers * qui serviront un jour de liens fraternels , pour unir tous les peuples aux cbars de la liberté que vous défendez.
Triumvirats intéressants d’un empire régénéré , soyez, comme Bayard, au cbamp de Mars, sans peur et sans réproches 5 le beau sexe vous prépare déjà des couronnes.
Les ennemis d’une si belle cause tenteront en vain la dissolution de l’armée et la dissention entre le chef et le soldat 5 le point d’honneur sur le champ de bataille , les réunira sans cesse. Quand vous combattrez pour la liberté , pour la patrie , quel est le soldat qui n’obéira point à son chef? puisse votre gloire , après cette expédition , passer chez nos derniers neveux , et effacer des pages de notre histoire ces tableaux , orribles de conspirations , de trahisons et de forfaits.
Et toi la Fayette, qui dans ton aurore t’es signalé pour la liberté chez un peuple étranger ; héros , chéri de deux mondes , rédoute l’adulation plus que la calomnie -, la haine te sert, et la flatterie te trompe ; le civisme et la valeur , voilà tes guides.
Lukner , la Fayette , combattez , triomphez ! Et toi , Rocharabeau , reprends le commandement ; le salut de l’empire dépend de grandes combinaisons de vous trois 5 il faut vaincre ou mourir , voilà votre devise. La Renommée portera vos exploits chez tous les peuples , et les rétracera dans les siècles les plus reculés : mourez comme vous avez vécu. Quelques années de plus peuvent-elles être calculées par des véritables guerriers , et mises en comparaison avec des siècles de gloire ? Combattez et mourez pour la liberté , sur les débris de nos adversaires. Votre courage belliqueux enflammera le cœur de tous nos «unes guerriers : ne voyez que la patrie j trône.
.mis, parens de Coblentz , tous vous etes etran- „rrs. Si le roi des français seconde véritablement voire entreprise , comme tout bon citoyen doit le croire , son peuple saura bien détruit e ses ennemis du dedans : chargez-vous de ceux du de-
t0Les’ vrs.f anus' du bien public m’accorderont sans doute, l'indulgence que mente mon at ache- , rient pour la bonne cause. Si je ne possédé p ^ l’art d’écrire , je possède du motus la vertu de b;en penser , en dépit de l’envie et de la persécution dont on m’abreuve journellement ; le temps ne me permet pas d’achever ; les méchant me poursuivent , ils ont bien poursuivis l’auteur de l’auguste conlract social ; mais les médians périssent , et 1 innocence
trTme'permettrai d’ajouter que , menacée d’une fluxion de poitrine, j’ai quitté mon lu pour m occuper de ma patrie. Al. , le bon médecin que la patrie , pour une mue civique ! d une maladie sérieuse je suis passée rapidement a une santé buste ; cependant je crois que cette production se ressent de la faiblesse de mes esprits ; c’est effet de ma létargie. Puisse mon del.re devenir épidémique , et enfievrer tous les français de i amour
L^s^émierans disent que nous ne sommes déjà «ne trop faux. Ouï , malheureusement pour nous diviser : il est bien nécessaire que je dise deux
mots à ce sujet , sur le rencontre que j ai lait d un ex-marquis, jeudi 23 mai i7ça.
Ah ! vous voilà , madame Oegouges , s ecria-t-il de loin ? et comment vous portez-vous, canin cuba , n’est-ce-jias ? Qu’appelez - vous , cahin caha . nie prenez-vous pour. m aristocrate ; apprenez que je suis solide dans ma marche est ferme sur mes pieds, bst-rl possible qu’une femme d’esprit , ajouta-t-il, ait en-
brassé un si mauvais parti ? oui , certes , la raison , les droits de la nature , et tout ce qui caractérise le jugement de l’hom ne, ne sont point dignes d’intéresser le sage. Mais voyez , voyez , dit-il , votre armée , vos citoyens ; point de chef , point du subordination , point de général , point de réunion de citoyens , et vous seriez perdus si nous Pavions déjà voulu ; nous avons pour nous la combinaison , la prudence et des soldats consommés. Je bouillons , et je lui aurois donné volontiers un soufflet de bon cœur , si je n’avois pas craint de justifier cette crannerie , sur laquelle le ci-devant noble compte si fort 5 mais , reprenant mon sang froid , je lui dis en le laissant , si l’insubordination est dans l’armée française , c’est un grand malheur ; si les citoyens ne se réunissent pas , sans doute , s’en est encore un plus grand , toutes vos espérances sont fondées sur la dissention et la division ; mais si la réunion s’oppère , vous vous regardez comme perdus : elle s’opérera , c’est moi qui vous l’assure. Il s’en fut en ricannant , et moi en haussant les épaules. D’après cette conversation , guerriers mes concitoyens , songez que la victoire ne dépend entièrement que de la subordonnation de l’armée , et de l’armoiue du royaume 5 et si nous la perdons ce sera de notre faute. Nous serons dignes du mépris de la postérité , quand nous pouvons en être éternellement le modèle.
Marie-Olimpe DEGOUGES.
A PARIS, de l’Imprimerie de la Société Typographique, aux Jacobins Saint-Honoré»