JACOBINS
Monsieur le Président ,
Toute entière au bien public , je ne a ois p us que lui et le rapprochement de tous les citoyens. Le salut de l’empire ne dépend que de cette réunion ; puisse la fête qui se prépare l’opérer . Maine , vengeance , orgueil doivent s’étouffer dans un si beau jour. Puissent toutes les petites passions s’évanouir à l’aspect de l’étendue du bien qu’elle peut produire pour faire place au noble orgueil de faire triompher la vérité.
C’est dans cet espoir que j’ai conçu le projet que j’adresse à la société , elle s’empressera sans doute , d’y applaudir et d’en en courager son exécution.
Je suis , Monsieur le Président , avec tous les sentimens de l’égalité , etc.
Invitation aux dames françaises , pour la fête du maire d’Etampes.
Mes concitoyennes , ne seroit-il pas temps qu'il se fit aussi parmi nous une révolution ? les femmes seront* elles toujours isolées les unes des autres , et
iif feront-elles jamais corps avec la société , que pour médire de leur sexe , et faire pitié à l’autre ?
Françaises , le moment est venu d’imiier les Romaines et d'abjurer l’aristocratie de la beauté qui semble encourager celle} des ennemis de la patrie.
Notre régne ! Est comme celui de la rose , il passe rapidement ; mais celui des vertus nous accompag ne jusqu’à nos derniers momens , et nous rivons dans l’avenir. Mon lengage jadis auroit paru étranger à mon sexe , aujourd’hui il doit lui être familier 5 les femmes timides doivent s’enhardir 5 les femmes et les mères éclairées doivent encourager les jeunes demoiselles , et remplir le vœu que j’ai fait au nom des femmes à la mémoire du maire d’Etatnpes 5 c’est en vain qu’on auroit voulu me persuader que les fi^nçaises sont incapables de cet héroïsme , et que le nombre des femmes qui assisteront à se cortège ne sera pas considérable. Voudroit - elle dans cette
époque se couvrir d’une éternelle ignominie , et à la place de cette inscription générale , voir imprimer par les malveillans à Simonneau , maire d’Etampes, une seule femme reconnoissante ? Non , non , mes concitoyennes , vous ne perdrez pas le fruit de la révolution , vous imprimerez à cette fête la plus distinguee que la nation et le roi vous à donné, en vous plaçant au rang des corps administratifs ; vous y imprimerez a-la-fois votre amour pour les actions héroïques y pour le» lois et pour la constitution j voyez
ïe péril éminent qui nous menace , et restez , si vous le pouvez, dans une coupable indifférence, les pouvoir* méconnus , la violation des lois , l’insubordination de l’armée , les propriétés menacées , les talens et les arts' près à rentrer dans les ténèbres , et le renverse* ment total du plus beau des royaumes. Quel triomphe pour les Françaises , si , prennent part à la. cause publique , elles détournent les fléaux de l’humanité !