XIV AVANT-PROPOS
l'an des derniers descendants de la famille Pascal % fut dresse par Biaise Pascal , parrain et oncle a la mode de Bretagne de l'auteur des Provinciales. H en est fait mention dans les Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne. c( C'est une vérité constante^ dit-il, qu'une dame c< qui mourut, il y a quelques années ^ âgée de c( quatre-vingts ans, fit le dénombrement de ses c( neveux et nièces, en compta jusqu'au nombre c( de quatre cent soixante -neuf vivants et plus c< de mille autres morts, qu'elle avait vus durant « sa vie. J'en ai vu la table généalogique que c( M. Biaise Pascal, son fils, qui a été si connu par c( ses inventions mathématiques et par les Lettres c< provinciales, en a fait dresser pour la rareté du c< fait ^ »
• M. Durand de Juvisy. •— Une copie de cette table généalogique se trouve à la bibliothèque de Clermont.
2 L'érudit et exact éditeur de ces Mémoires, M. Gonod, fait remarquer que l'assertion de Fléchier est inexacte en ce qui concerne Pascal. La dame dont il est ici question n'est point la mère de Pascal, laquelle mourut fort jeune, mais Jeanne Enjobert, femme d'un autre Etienne Pascal; et le Biaise Pascal auteur de la généalogie n'était point l'auteur des Provinciales, comme dit Fléchier, mais un conseiller secrétaire des linanccs.
L'erreur grave que commet ici Fléchier n'a rien qui étonne, quand on songe que ses Mémoires, fruits d'une verve spirituelle et enjouée, sont puisés, pour la plus grande partie, dans des conversations dont il saisit de préférence, en l'exagérant volontiers, le côté plaisant ou merveilleux. Quoique précieux pour l'histoire du temps, ce livre doit donc contenir plus d'une erreur de détail; et il est permis de croire que Fléchier a pu se tromper encore en citant ailleurs le nom de Pascal. Il y avait à Clermont une demoiselle « qui est, [dit Fléchier, la « Sapho de ce pays, et qui est assurément l'esprit le plus fin et le plus